Les petites tumeurs sur les veines à mon bras sont bénignes.
" Nodule familial ", avait dicté le chirurgien en observant sa prise.
Un dysfonctionnement hérité. Génétique. Comme l'avait présumé la dermato.
J'avais observé en effet le même phénomène sur les mains de ma tante.
Mon généraliste observe la cicatrice. Me rassure. Me libère.
Bien des choses en réalité sont héréditaires.
Quand j'ai une grimace qu'aurait pu faire mon père.
Qu'il tient lui-même de Georgette.
Un faux sourire crispé qui veut dire : " je l'ai échappé belle ".
Je sors sur la place Bardou Job, où je jette un œil distrait
sur cette fontaine qu'elle partage avec la place de la Trinité à Toulouse,
ignore ses trois sirènes ailées pour gagner le Palmarium et retourner chez moi.
Georgette. La petite écolière de la Garonnette.
A l'époque où s'y trouvait vraiment un bras de Garonne.
Au pied du colossal clocher de la Dalbade qu'elle avait connu.
Avant qu'il ne s'effondre en 1926 quand il était le point culminant de la ville.
Sept ans avant la naissance de René qui restera fils unique.
Dix ans avant la naissance de ma mère. La Guerre d'Espagne.
Qu'il est étrange de penser que Georgette avait pu être enfant.
Quand je suis troublé aux photos où je la découvre jeune femme.
D'une beauté qu'elle avait transmise à mon père.
Je ris aux sondages quand on devrait en interdire les publications systématiques.
Les commentaires et les analyses parfaitement inutiles sinon à manipuler l'opinion.
J'entends bien Pujadas préciser qu'il ne s'agit que d'une indication à un instant T.
D'une formule digne du Fumer tue sur les paquets de cigarettes.
Posée comme précaution, pour se protéger de procès, d'attaques ou de reproches.
Par les industriels du tabac. Les journalistes.
Pas pour protéger les consommateurs, mais pour se protéger eux-mêmes.
Pourquoi perdre autant de temps autour de ces enquêtes dont on ne sait rien.
Qui les commande ? Qui les finance ? Qui les mène ? Qui est interrogé ?
Et l'on voit bien, aux sondeurs qui se déplacent même jusque sur les plateaux,
qui adorent s'écouter parler, en sages au-dessus des hommes politiques qu'ils font et défont,
du haut d'une légitimité bien discutable, qu'il y a toujours une intention ou un parti pris.
Je ris aux dérives de cette démocratie française qui n'en a jamais été une.
Où l'on a toujours réduit l'expression populaire à des manifestations dans la rue.
Et la consultation à cette élection présidentielle qui consiste à faire signer un chèque en blanc.
En effet, notre monarchie républicaine, ultra-centralisée, et sa longue tradition, bien-sûr,
nous empêchent de comprendre quoi que ce soit à l'idée-même de fédéralisme.
Et il me faut bien rire, me moquer un peu de nos archaïsmes hallucinants,
pour ne pas enrager au mépris à peine dissimulé pour ce fameux peuple,
dont tout le monde parle soudain à la tribune, le temps du plébiscite.
La campagne ne m'intéresse pas. Le peu que j'en vois me consterne.
La télévision sert la soupe. Le show est aussi ringard qu'une émission de variétés.
Et j'ai sans doute mieux à faire que suivre des débats qui n'en sont pas.
J'ai déjà d'ailleurs un âge suffisant pour me demander, comment les journalistes,
les premiers, ne se lassent pas eux-mêmes des conneries que l'on ressasse depuis 20 ans.
Je comprends que les plus jeunes découvrent l'eau chaude avec une certaine exaltation.
Mais ceux de ma génération ont suivi déjà quelques campagnes.
Ce sont toujours les mêmes thèmes, les mêmes ficelles, et souvent les mêmes têtes.
J'envie presque ceux à qui cela peut encore procurer une forme d'enthousiasme.
Avec la nostalgie d'un temps peut-être où la politique politicienne savait me passionner.
Et il est un âge en effet où l'on ne descend plus dans la rue crier des slogans
pour savoir que cela ne sert strictement à rien.
Je suis allé prendre le soleil tout à l'heure. J'ai même bronzé un peu.
J'avais rasé une barbe d'un mois pour dégager mon visage. Le retrouver.
Pour mieux l'offrir à l'été en avance, à la terrasse du Café de la Paix d'abord.
Quand celles de la place de la République étaient pleines à craquer.
J'ai pu vérifier cela au miroir de la salle de bains tout à l'heure. J'ai pris des couleurs.
Me suis même surpris à penser que je devais encore pouvoir plaire.
Cette séance de luminothérapie m'a donné du cœur au ventre.
Je suis remonté chez moi de bonne humeur pour tordre le cou à une commande.
Une musique assez raccord avec le brief qui sollicitait un texte humaniste et rassembleur.
Une journée vite passée. Auréolée d'une sensation estivale parfaitement voluptueuse.
Et ce constat qui me glace le sang dans l'appartement vide à la tombée de la nuit.
J'ai beau me dire que je ne suis pas seul, il me faut bien voir les choses en face.
Je ne cherche à apitoyer personne, quand bien sûr, la pitié est un sentiment détestable,
que je n'aime pas éprouver pour autrui et supporterais moins encore de susciter moi-même,
plutôt crever que d'inspirer cela, d'autant qu'en effet, ma solitude est un choix assumé.
Puisqu'il y a dans la démarche autant d'orgueil que d'humilité, autant d'égoïsme que d'altruisme,
quand j'ai toujours pensé que c'est ce qu'il y avait de mieux à la fois pour moi et pour les autres.
En effet : qui voudrait vivre avec un mec comme moi ? Qui pourrait ?
En effet : avec qui pourrais-je vivre. Au quotidien. D'autre qu'avec moi-même ?
Ce soir, je me dis que je ne cracherais pas sur une solution intermédiaire.
Quand il ne m'aurait pas déplu de passer la soirée avec quelqu'un. La nuit peut-être.
Que je pourrais revoir le surlendemain. Ou trois jours plus tard.
Quand bien sûr chacun aurait son chez soi, son rythme de vie et ses obligations.
Je n'ai pas envie de passer la soirée avec moi. Je m'ennuie moi-même.
Autant que la comédie de la campagne aux chaînes d'information continue.
Je crois que j'aurais pris plaisir à m'occuper de quelqu'un. Et je ne parle pas de sexe.
Mais je me retrouve tout seul comme un con devant mon écran d'ordinateur.
Quelque chose est en train de bouger dans mon ventre. Dans mes veines.
Je sens le froid me ronger jusqu'aux os. M'envahir. Me gagner le long de mes bras.
Comme au début d'une raideur cadavérique. Comme si la vie me quittait.
Quand la mienne semble ne plus me convenir.
Entendons-nous. Un choix assumé n'est pas un choix définitif.
Nous sommes bien d'accord. Sinon, assumé et définitif seraient un même mot.
Il est compris aussi que je suis pour l'amour plutôt que pour le couple.
Je veux dire que ce qui m'intéresse n'est pas de partager un loyer et des charges,
mais une histoire d'amour.
" Tu viens dîner ?... Ah... Jusqu'à quelle heure ? Ok. Tu passes après !
Tu auras mangé ?... Eh bien, j'ai de quoi te cuisiner quelque chose... Non, j'attendrai ! "
Ce sera improvisé. J'ai des choses au frigo. Une bouteille de vin quelque part sans doute.
" Oui ? Comment ? Tu es où ?... Oui, je suis à la maison. Passe, bien sûr ! Avec plaisir ! "
Ce n'était pas prévu. Formidable. J'ai le cœur qui bat. Il est quatre heures de l'après-midi.
" Mmmm... Oui, j'attendais ton coup de fil, oui. Je savais bien que c'était toi...
Comment ? Quel week-end tu dis ?... Génial ! Non, rien de bloqué. C'est parfait ça.
Et tu sais... ben justement, j'allais te poser la question. Que dis-tu de Barcelone ?... "
Magnifique. Trois jours et deux nuits. Je vais dégoter un petit hôtel aux petits oignons.
Wow. Je ne tiens plus en place. Voyons... Barri Gotic. L'Eixample. Pour deux personnes.
" Hello... Je te dérange pas ? Comment vas-tu ?... J'avais envie de te parler...
Tu fais quoi demain ?... On peut faire un truc avec les enfants, c'est pas un problème...
Ah... que tu es bête. Demain soir alors ?... Cool... Oui, peu importe, tu choisiras. "
Voilà, sans te prendre la tête avec les impôts et la facture d'électricité.
En t'épargnant les courses, la machine de linge, les chaussettes sales et la poubelle à descendre.
Les problèmes de fric. A économiser pour les vacances ou pour changer la bagnole.
Mais partager des moments, nous voir quand nous en avons envie ou besoin.
Même pour regarder un programme à la télé, un film, un spectacle ou manger un sandwich.
Quand ça nous chante...
A trois heures du matin, je me lève me faire un café.
Ce froid qui gagne mes membres. Celui de la solitude. Il me répugne.
Je dois réfléchir, puisque je ne dors pas. J'ai besoin d'un café.
Voyons, donc, réfléchissons... quelle âge j'ai au juste ?
Etre seul se justifiait sans doute, jusqu'à présent, en effet...
pour pouvoir m'installer au Canada du jour au lendemain,
sortir, faire la fête, boire comme un trou, baiser de tous les côtés,
tomber amoureux de temps en temps, déménager ici ou là, refaire les cartons,
encore la fête, et du cul, du cul, du cul, Toulouse, Barcelone, Paris... ok.
Sans avoir à rendre de comptes à qui que ce soit.
Oui Madame, c'était la belle vie. Je ne vous le fais pas dire !
La Californie. La Turquie. La Floride. Le Mexique. L'Australie. Et Bali !
Les boîtes. Les soirées. Les aéroports. Et même quelques vedettes pour le fun.
Voyons, 1973... nous somme en... 2012 ?
Bordel de merde, ça ne peut pas être ça !...
Calcul mental. 2012 moins 1973.
... Mais qu'est-ce que j'ai foutu ?
Ok. On se reprend. Très bien. J'ai fait le con pendant vingt ans. Parfait.
Pour avoir commencé à 16 ans, c'est exactement ça. Vingt ans de fête. 1989/2009.
Paris. Malaise vagal. La rue est barrée. Cinq pompiers dans l'appartement.
Venus sonner la fin de la récréation. Stop. On ferme. On arrête tout. Rideau.
J'avais tout de même deux histoires d'amour importantes au compteur.
Une d'un an. Une de trois. Belle performance.
Pourquoi me serais-je embarrassé de quelqu'un ? A part pour lui pourrir la vie ?
( Ce que je n'ai pas manqué de faire, mea culpa, aux deux personnes évoquées. )
2010, je réagis. Je me réveille. J'arrête de boire. Je quitte Paris. Je me sauve.
Je rentre chez moi. Où je reviens toujours quand je dois me reconstruire.
Bon sang... c'était quand ?... 2010. On y est bientôt. Voyons. L'agenda. L'agenda.
2009. 2010. Nous y sommes. Le 5 mars. Arrivé à Perpignan le 5 mars 2010.
Deux ans que je me suis rangé des voitures. Deux ans que j'ai raccroché les gants.
Deux ans de bonheur inespéré.
Déjà, pour quelqu'un qui est censé écrire, je me rends compte que je ne l'avais pas fait.
Que je n'avais pas de matériel, pas de matière. Je n'avais rien foutu.
Quand la plupart de mes travaux sont restés sur le bureau de Delphine, chez Sony.
J'avais certes pondu du couplets-refrain à l'infini, sans me résoudre tout à fait au formatage.
Quand il me suffisait sans doute de copier ce que j'entendais à la radio et à la télévision.
Ok. Il était temps pour moi de me retrousser les manches. En témoigne ce blog.
Lorsque finalement, je ne me suis attelé au rythme d'un texte quotidien qu'en novembre dernier.
Pour ça, très bien, j'approuve la méthode. Je valide la discipline. Je persiste et signe.
Cela ne m'empêche pas de tenter des textes sur des musiques, dans le contexte que l'on sait.
Mais, devant mes écrans, dans mon lit-bureau, le café dans mes mains, je me pose la question.
Qu'est-ce qui justifie désormais que je passe ma soirée tout seul ?
Depuis mon retour, je ne suis pas sorti une seule fois dans une boîte de nuit,
n'étant pas, après Barcelone, Paris ou New York, revenu à Perpignan pour sa vie nocturne.
J'ai dîné avec des amis au restaurant, me suis même aventuré à accompagner Virginie
dans un ou deux bars, le soir, pour y prendre un verre - en n'y prenant aucun plaisir -
lorsque je me méfie de l'alcool comme de la peste et n'ai pas pris une cuite depuis deux ans.
Désormais, moi qui engloutissais des litres et des litres de whisky sans broncher,
le moindre verre de vin me fait plus d'effet que si je n'avais jamais bu de ma vie.
Parfait ! Ici encore, j'approuve la méthode. Je valide la discipline. Je persiste et signe.
Je me préfère sobre. L'alcool est un poison. Et j'étais sous son emprise le dernier des connards.
J'avais assez blessé mes parents, mes amis, mes amours, aux délires suicidaires de cette saleté.
Voici déjà deux progrès notables, que l'on peut aisément considérer d'ailleurs comme liés.
Quand il manque une pièce maîtresse entre les deux.
C'est aussi la réponse à la question : pourquoi suis-je seul chez moi ?
Parce que je ne passe pas la soirée avec toi.
C'est parce que j'ai arrêté de boire, de sortir, de faire le con, que j'ai pu te rencontrer.
Parce que je suis rentré de Paris. Parce qu'il fallait que je change de vie. Que je grandisse.
Que j'étais capable soudain de respecter un être humain et d'en voir la beauté bouleversante.
Et c'est parce que nos chemins se sont croisés que j'ai pu écrire. N'écrire que pour toi.
La voilà, la pierre angulaire, entre l'arrêt de la boisson et le départ de l'écriture. Toi...
Et je compte un troisième progrès notable. Une constance que je ne me connaissais pas.
Quand j'ai été capable d'honnêteté, de fidélité, de droiture, de tenir des engagements,
avec un plaisir qui était certes, peut-être, de l'ordre de la nouveauté ou de l'exotisme,
mais qui s'accroît sur la durée avec le sentiment gratifiant de construire quelque chose.
Grâce à toi, avec toi, je deviens peu à peu, l'homme que j'aurais dû toujours être.
L'homme que je voulais devenir. Celui que je deviens. Pour qui je serai capable d'estime.
Alors, certes, j'ai d'autres progrès à faire, comme apprendre à cuisiner par exemple.
Si je veux être crédible quand je prétends pouvoir t'improviser un dîner tout à l'heure.
Quand le baby-sitting m'a permis d'aborder les fondamentaux : pâtes, riz, purée.
Faire une omelette ou simplement cuire un œuf, quand je ne l'avais jamais fait de ma vie.
Je pose mon café sur ma table de chevet. Je m'interroge tout à coup.
Le temps pour moi serait-il venu d'aspirer à une vie " normale " ?...
Attendez, attendez, je ne vais pas changer comme ça de position sur le couple, n'est-ce pas ?
Mais... avoir des enfants par exemple. Une chose, au fond, à laquelle j'ai toujours pensé.
Depuis la naissance de l'aînée de mes nièces. Je sais bien que la paternité est dans mon ADN.
Pas forcément comme géniteur, quand je pourrais aussi bien être stérile, quand je pourrais adopter.
Ce que j'ai en moi n'est pas un désir de me reproduire mais de transmettre. Ou d'élever.
Je n'avais pas 19 ans à la naissance d'Emilie et avais pris plaisir à m'occuper d'elle.
Une expérience un peu oubliée qui est revenue, une fois encore, à mon retour de Paris.
Décidément ! Lorsque mes amis m'ont confié leurs enfants avec une confiance qui m'a ému.
Et que je me suis surpris à être très à l'aise dans la gestion de chaque cas de figure.
Du nourrisson à la grande fille de dix ans.
Me voici interloqué par tout ce que le whisky m'empêchait d'envisager sérieusement.
Par tout ce qu'il m'empêchait d'espérer pour moi-même et de réaliser.
La rue de l'Horloge est baignée dans sa lumière orange.
Je n'ai plus cette sensation de froid dans mes membres.
Je bois mon café à la fenêtre. Comme sur des photos mythiques.
Je ne pourrai pas imposer le prénom d'Angèle à ma fille, ni à sa mère, même si je serais tenté.
En revanche, Irina, Virginie, Laetitia, Christelle, bien des amies le savent de très longue date,
si j'ai un fils, j'ai toujours pensé à Alexandre, avant-même d'avoir réalisé qu'en effet,
il serait cohérent qu'Alexandre soit le fils de Philippe.
Mais il ne s'agissait pas d'une référence à l'Antiquité de ma part, qui pour être mégalo,
aurait été parfaitement ridicule, simplement d'un goût pour ce prénom que j'aurais aimé porter.
Je me dis en souriant, qu'avant d'apprendre à cuisiner, pour faire les choses dans l'ordre,
il me faut apprendre à gagner de l'argent.
Je retourne à mon écran. Pour écrire ce texte. Qui me surprend un peu.
Mais que je laisse sortir en confiance. Sans ne rien censurer.
La sensation de solitude s'est évaporée comme par magie à quatre heures du matin.
Bien sûr, tu n'es pas là. Et nous n'aurons pas pu nous emmerder devant la télé ensemble.
Mais tu es avec moi. Et je suis avec toi.
Quand, je sais bien, la solitude n'est pas le fait d'être seul dans une pièce à un moment donné.
La solitude n'est pas le fait de dormir seul. De s'endormir seul. De se réveiller seul.
C'est de n'avoir personne à qui penser. Personne à qui écrire. Personne à qui parler.
Pour le reste, j'en prends acte, il semble que ma vie bouge. Que ma vie change.
Et tu pourras noter qu'elle change dans le bon sens. Du moins, celui qu'il me restait à suivre.
Pour avoir choisi très tôt, celui de la luxure et de l'autodestruction nucléaire.
Revenu de tous mes excès, je suis prêt à vivre l'autre vie. Quand j'ai quarante ans devant moi.
D'un point de vue statistique bien sûr. Pour réaliser tout ce que j'aimerais faire.
Toujours dans cette optique de n'avoir rien à regretter quand le froid me prendra pour de bon.
Etre auteur. Etre père. Etre un homme. Et vieillir.
Quand je sais grâce à toi que j'ai un talent pour être heureux.
Que j'avais su l'être enfant, que je sais désormais que je peux l'être aussi intensément,
avec la conscience du temps imparti, limité, et du rétrécissement des perspectives.
Je ne rêve pas. Je ne dors pas. Je peux sourire. J'ai une vie à construire.
Dont tu es, toi, mon amour,
la première pierre.
Philippe LATGER
Février 2012 à Perpignan