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Toutes ne le sont pas

Publié le

La violence n'est pas qu'une pulsion négative et destructrice.
On peut trouver dans le recours à la violence, des motivations vertueuses, comme l'amour et la justice.
Dans la colère bien sûr, il y a de la violence, contre soi-même comme contre le monde entier.
Mais bien des indignations sont justes. Et la colère, et sa violence avec elle, est parfois salutaire.
Des situations peuvent-elles moralement n'inspirer qu'une acceptation passive ?
Réagir à des injustices relève d'une colère saine, profondément humaine, et c'est une violence attendue.
La violence la plus noire ne serait-elle pas celle de ne rien faire et de ne rien dire ?
Mais la violence positive n'est pas que dans l'indignation, n'est pas que dans la réaction à ce qui est injuste.
Puisque tous les enthousiasmes sont pétris de violence, tous les élans du corps, du cœur et de l'esprit,
tous les élans et les gestes constructifs, réparateurs, créatifs,
et que tous ces recours à la force pour contraindre quelque chose, des autres ou de soi-même,
ne sont pas tous, automatiquement, malveillants, malfaisants, toxiques ou destructeurs.
S'il y a des violences mauvaises, toutes ne le sont pas.

 

Philippe LATGER / Septembre 2026

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L'or et la flèche de l'Ontario

Publié le

Une mer d'huile. Un bouclier à la couleur de l'eau.
Et une aiguille. C'est la CN Tower de Toronto.
C'est le miroir du javelot. 
L'or et la flèche de l'Ontario.

 

Philippe LATGER / Septembre 2026

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Partout autour des tiens

Publié le

J'aime pas les tatouages.
J'aime trop les corps. J'aime trop la peau. J'aime trop la chair.
Avec ces Carpe Diem, et autres platitudes tant attendues, le corps n'est jamais nu.
Mais, j'en conviens, l'exception est possible. J'aime pas les tatouages.
Sauf quand c'est toi. Parce que c'est toi qui es dessous, qui es partout autour des tiens.
J'aime pas les tatouages.
Je les ai vus fleurir dans les années 90, dans les clubs et les films porno.
Tout le monde a le sien. C'est tout moi. Tellement moi. Je l'ai fait à Bali. J'en vomis.
Mais, j'en conviens, l'indulgence est permise. J'aime pas les tatouages.
Sauf quand c'est toi. Quand ils ont ton odeur et ton goût. Ton épaule et ton cou.
Que je lèche. Amoureux. Jusqu'à l'oreille.


Je trouve les hommes tellement beaux. L'homme nu est sublime. Emouvant. Dans sa nature.
Pourquoi le travestir ? L'ensevelir ? Le polluer ?
J'aime pas les tatouages.
J'aime trop les hommes. J'aime trop les corps. J'aime trop la peau.
Mais, j'en conviens, mon snobisme s'efface, quand c'est toi mon amour.
Qui es dessous. Qui es autour. Quand c'est toi, qui es partout autour des tiens.
J'aime pas les tatouages.
Ce sont des parasites. Qui gâchent mon plaisir. Avec ces gribouillis, un corps n'est jamais nu.
Et j'aime la nudité. Le corps dans son entier. Dans sa vigueur. Sa vérité.
Les fleurs, les papillons, les serpents, je n'en ai rien à foutre. Qu'ils dégagent de là.
Je veux le dos. Je veux le ventre. Je veux la cuisse. Je veux l'épaule. Et le mollet.
Mais, j'en conviens, je suis moins radical, quand c'est toi mon amour.
Que je lèche. Amoureux. Jusqu'à l'oreille.

 

Philippe LATGER / Septembre 2026

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A mon carré de ciel

Publié le

J'avais, certes, le ciel en entier. Le ciel en entier où j'habitais.
Ici, c'est une cour, coiffée d'un carré de ciel.
Et ce soir, à mes fenêtres, je lève le nez, je lève la tête.
Torse nu, c'est la nuit, je souris, ou je frissonne. Je frissonne en souriant.
A mon carré de ciel, je vois des étoiles. Je suis heureux. Fenêtres sur cour.
A ma nouvelle adresse, à mon carré de ciel, il y a les étoiles de la Grande Ourse.

 

Philippe LATGER / Septembre 2026

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Eucharisto

Publié le

Je suis homosexuel.
Et à Dieu, je ne dis pas pardon,
je dis merci.


 

Philippe LATGER / Août 2026

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La lune, le palais, et l'étoile du berger

Publié le

A l'heure où la lumière fuit. C'est un dessin d'enfant. Ou un rêve d'Orient. 
Le palais sur son tertre, semblait flotter sur une nuée de feuillages.
Une rangée de hauts platanes, au-dessus des toits, dissimulait la colline.
Du palais, je ne voyais de chez moi que la Chapelle Haute. Une silhouette trapue.
Le cube, évasé à la base, d'un édifice austère, fortifié, porté haut au-dessus de la ville.
Sa hauteur exprimait la puissance, imposait le respect, et surveillait la plaine.
J'aimais le mutisme de ce cube suspendu, sur le décor sublime d'un Canigou tout proche.
De chez moi, la montagne couronnait le palais. Le M du Canigou coiffait les Rois de Majorque.
L'architecte n'aurait pu rêver d'un meilleur point de vue que le mien pour admirer son œuvre.
La montagne sacrée enveloppait le palais tout en signifiant de sa masse la grandeur du royaume.
A l'heure où la lumière fuit. Où les martinets s'agitent. C'est un dessin d'enfant ou un rêve d'Orient.


Je ne sais pas qui il est. Mais il m'a vu tout de suite. Et tout de suite souri.
J'étais dans ma cigarette, dans mon téléphone, dans mes pensées, sur ma coursive.
En hauteur, à faire les cent pas, en fumant, fulminant, derrière les colonnes et les arbres du jardin.
J'ai, certes, d'abord aperçu des mollets, puis le tee-shirt noir, un dos, un cou, et des épaules.
Pris dans ma cigarette, dans mon téléphone, je vois sans voir, mais je vois bien.
Ces mollets étaient les plus beaux mollets humains que la nature puisse faire.
Ce dos, ce cou et ces épaules, créaient ensemble ce que les dieux attendaient d'une silhouette masculine.
J'eus le temps de penser qu'il existait définitivement un nombre d'or, aussi, pour l'anatomie d'un homme.
Mais j'étais à mes préoccupations. Et mon émotion avait été vite réprimée par l'urgence ou le devoir.
L'indifférence requise avait du mal à s'installer. La vision des mollets m'avait impressionné.
Entre la corniche et les parterres d'hortensias, c'était la seule chose que j'aie pu voir.
Je n'ai vu ni son torse, encore moins son visage, pas même le haut de ses jambes, seulement les mollets.
Le muscle, la pilosité, le grain de la peau, la veinure, le bronzage ... L'effet d'une décharge électrique.
A mes allées et venues nerveuses, un regard furtif pour le voir s'éloigner de dos dans le jardin suspendu.
Ce dos, ce cou, ces épaules, et encore ces mollets, sous un bermuda noir, mais aussi ces chevilles et talons.
Et je repartais agacé derrière le grand sapin, sur ma loggia, impatient de revenir à mon point de vue. 
Première récompense. A mon retour, il était de face. Il me voit. Je le vois me voir. Et me sourire.
Je réponds à son sourire. Et trouve aussitôt une diversion. Une collègue qui s'en va et que je salue.
Elle est surprise. Quand c'est ma façon de passer l'information au touriste que je travaille ici. 
Les mollets. La silhouette. Le nombre d'or. Les dieux de l'Olympe.
Rien au monde n'aurait pu égaler ce sourire.

De ma terrasse, je vois la lune, le palais et l'étoile du berger.
Le Canigou invisible. Son image emportée avec la chaleur du jour derrière l'horizon.
Le cube de la Chapelle Haute est à sa place, sur son lit de feuillages de platanes.
A sa gauche, un croissant de lune parfait. A sa droite, l'étoile du berger.
Si Dieu existe, je le remercie. Si Dieu existe, je dois lui dire merci.
A l'heure où la lumière fuit. C'est un dessin d'enfant. Un rêve d'Orient.
Le ciel pur, où j'habite, la lumière du couchant, et la lune en croissant, jaune orange,
le Palais des Rois de Majorque, impassible, du haut de 700 ans, et l'étoile de toutes les espérances.
De Babylone à Byzance, en passant par l'Empire Ottoman. L'étoile et le croissant de lune.
Le drapeau algérien. Le drapeau turc. Et mon palais aragonais au beau milieu.
J'ai envie de pleurer. De bonheur et de joie. De fatigue et d'amour. Je suis vivant.
La nuit peut se lever. La ville est bien gardée. A cette constellation nouvelle.
La nuit sera belle. Et je remercie.
La lune, le palais, et l'étoile du berger.


 

Philippe LATGER / Août 2026

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Dans mes fonds adorés

Publié le

La masse de l'eau pour masser ma carcasse.
Essorer les toxines de chaleurs imbuvables.
Le plongeon dans ce bleu où la chair me dépasse.
Le plaisir est si simple qu'il semble inconcevable.
Il est entier. Complet. Juste. A la bonne taille.
Ce bonheur d'être nu dans son seul élément.
Plus aimable qu'à la douche, c'est le corps qui tressaille.
Quand l'eau d'une piscine vaut tous les firmaments.
Le temps s'y arrête et je deviens poisson.
Le tourment d'être un homme peut s'y évaporer.
L'amour est l'aliment et la joie la boisson.
A la foule de brasses dans mes fonds adorés.

 

Philippe LATGER / Août 2026

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La flemme de la flamme

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Refrain :

Oh qu'elle est douce
la flemme de la flamme
la flamme de ...
la flemme de ...
courir
pour trouver
un amour.
Oh qu'elle est douce
la flamme de la flemme
la flemme de ...
la flamme de ...
te retrouver un jour.


 

Philippe LATGER / Juillet 2026

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Inconditionnel

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Je ne sais pas s'il m'aime, mais croyez-moi,
moi, j'aime Dieu.

 

Philippe LATGER / Juillet 2026

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Shoot

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Shoot

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