Du ciel au plafond
Qu'ils me sachent sincère. Dans ma philanthropie. Absolue. Inconditionnelle.
Qu'ils sachent que je ne manœuvre pas pour leur prendre la place,
pour leur prendre quelque chose qu'ils ne voudraient pas me donner.
Je ne sais pas s'il existe une race humaine, une civilisation humaine.
Pour ma génération, il était question d'une espèce. Que j'aime profondément.
Et ceux qui me lisent le savent. Ceux qui m'aiment le savent. Je les aime. Je vous aime.
Ils me savent déterminé à faire le mieux que je peux. Pour comprendre et aider. Etre utile.
Je regarde le plafond. Et je me perds dans les astres. Et je me prends à embraser le monde.
Les vivants et les morts. Je vous aime tous. Et je vous remercie.
Je m'amuse de vos différences. De ce qui vous divise ou vous sépare pour le folklore.
Je pleure sur ce qui vous divise ou vous sépare jusqu'à la haine.
Quelle plaie. Cette œuvre du diable. Ce drame qui révèle l'existence du Mal.
Ce diable qui divise. Qui divise par le mensonge. Ce pourvoyeur de haine.
Qui divise et qui isole. Qui éloigne du pardon. Pour isoler dans la haine.
Ce sentiment que je n'ai jamais éprouvé. Dont je vois bien la mécanique.
Dont je comprends la mécanique. Mais qui n'a jamais su frayer un chemin en moi.
Qu'ils sachent que je suis sincère. Je n'ai jamais éprouvé de haine. Pour aucun d'eux.
Quand l'amour que je porte prend toute la place. Ne laisse aucune place possible à la haine.
L'amour, c'est Dieu. Dieu est amour. Et ce n'est pas un sophisme.
Car ce dieu n'est pas la force qui a créé l'univers, mais l'amour qui le crée.
En ce moment même. En permanence. L'amour est cette énergie qui crée ce monde.
Dieu. En ce moment. Partout et tout le temps. En moi comme partout où l'amour s'immisce.
Allongé sur le lit, je regarde le plafond. Et j'y perds. Je m'y plonge. Je remercie l'amour.
Je sens dans ma chair, dans mes veines, cette intuition me traverser, me déborder.
Je me noie dans le ciel. C'est un ravissement. Je comprends que je n'ai aucune importance.
C'est un soulagement.
Qu'ils sachent que je suis sincère. Je ne les juge pas. S'ils peuvent m'agacer, je ne les hais pas.
Je les aime. Profondément. Et j'ai confiance en eux. Je les sais faits pour le Bien.
Et je ne suis rien sans eux. C'est parce que je les aime que je suis. Que j'existe.
Qu'ils me sachent sincère. Tout humain est mon frère.
Et à l'amour que je porte, je n'ai aucun mérite. Je ne peux les haïr.
A l'amour que je porte, je peux leur pardonner. C'est le meilleur symptôme.
On ne peut pardonner sans amour. C'est l'amour qui permet le pardon.
Le plafond s'ouvre au-dessus de mon lit. Je suis le contenu et le contenant.
Les gens d'après. Les gens d'avant. Ceux d'à côté. Et ceux d'ailleurs.
Qui créent le monde en respirant. Ce qu'on s'accorde à voir ensemble.
Chacun de nous est comme un bout de cet amour créateur du ciel et de la terre.
Comme ouvriers de Dieu nous composons le monde, nous créons l'infini.
Contenants et contenus. Dieu en nous, nous en lui. Nous sommes l'amour à nous tous.
Qu'ils sachent que je suis sincère. Je ne me bats contre eux. Je me bats pour nous.
Quand mon intérêt est le leur. Quand mon plaisir est le leur. Sans eux je ne suis rien.
Je ris de leur méfiance. Que vont-ils chercher ? Que croient-ils que j'attende ?
Je regarde le plafond. Je comprends tout. Et mes frères, croyez-moi. Je n'attends rien. Je fais.
Parce que j'aime, je fais. Je fais, parce que j'aime. Parce que j'aime, je suis. Je suis parce que j'aime.
Le plafond devient ciel, et le ciel devient moi. Je m'y perds. Je m'y trouve.
Si tu veux savoir qui tu aimes, demande-toi à qui tu pardonnes.
Et je pardonne à mon espèce.
Philippe LATGER / Juin 2026
L'hypothèse de toi
L'air mordait ma peau nue. Le torse nu. Le derme et les tétons. La nuque. Les épaules.
L'air et sa chaleur. Et sa moiteur. Ou sa fraîcheur. Sa caresse était à peine soutenable.
Pas d'écosexe. Vraiment pas. Mais alors. Un érotisme impitoyable.
Au crépuscule heureux, au ballet des martinets, entre chien et loup, entre cigales et grillons,
l'horizon ouvert dans la gorge, dans la poitrine, dans les poumons, et puis la chair de poule.
La tiédeur révélait des parfums jusqu'alors écrasés par la lumière du jour, qui plaquait tout au sol,
d'étranges saveurs pouvaient remonter à la surface, frôler mon corps ou bien m'envelopper.
A 12 ans comme à 15. A 16 ans comme à 20. C'était ce même vertige. Cette même agitation.
Que pouvaient me promettre ces vêpres et ce soleil couchant ?
Quels espoirs pouvaient naître dans ma chair bouleversée ?
A ces tombées du jour. Aux baisers invisibles de toute l'atmosphère.
Avant la tempête de la teuf. Avant les orages du sexe. Un faux calme olympien.
Une nervosité sublime. Une pagaille immense. Je sais. C'était le trac.
Celui d'être vaincu, sauvé, ou de te rencontrer. La promesse d'aimer.
De tomber amoureux. Ou déséquilibré. Et révolutionné.
A 30 ans. A 40. Comme à l'âge que j'ai. C'est la même espérance. Une force. Ou la foi.
L'émotion d'être en vie. La peau hypersensible. Et mes terminaisons.
La fièvre de l'ailleurs et celui des possibles. L'hypothèse de toi.
Et ce n'est plus le soir qui m'embrasse. Mais l'onde qui te précède.
Cet air que tu déplaces en avançant vers moi. Qui annonce le choc.
La foudre du contact. Lorsque ma peau frissonne. Je sais que c'est le trac.
C'est juin au rendez-vous. Juillet au garde-à-vous. Et j'y perdrai mon âme.
Le temps est impuissant. C'est la même violence. Le même émerveillement.
Ces sentiments confus, toujours adolescents, toujours prêts à tout prendre.
Et l'air mord ma peau nue. Ma peau de cinquante ans. Avec la même fougue.
La veine du biceps, celle dans l'avant-bras, tout descend de l'épaule.
Tout descend dans la nuque. A la fraîcheur du soir qui me lèche et m'emporte.
Avec la sensation que quelque chose arrive. Que quelque chose vient.
Les parfums se frayent un chemin pour m'ouvrir le poitrail et m'arracher le cœur.
Le soleil disparaît. C'est pour céder sa place. A ce que me promettent toutes les voluptés.
Mon plaisir n'est rien comparé à celui qui accourt. Qui s'amuse de moi ou qui me tourne autour.
Je sens l'ambre solaire, ça sent l'iode, et le chlore, et la poudre.
Juin s'allonge en sortant de la douche.
La rue vide et tranquille à mes pieds, sous la lune, prend des airs de décor d'opéra,
trop calme pour être honnête, quelque chose ou quelqu'un prépare son effet.
Et je suis au spectacle. Attentif. Convaincu de la chute. Et de ce qui m'attend.
A 16 ans ou à trente. Comme après cinquante ans. C'est le même océan.
Et ce désir intact pour le désir lui-même. Mon corps est toujours prêt.
Vivant et amoureux. Pour le risque et le cran. Quand l'amour est présent. Que tu es le suivant.
Quand j'aime le plaisir. Les feux de la St-Jean. Le bonheur qui s'incarne à sa seule promesse.
De comprendre qu'il vient, je suis déjà aux anges. Convaincu qu'il arrive, je fais durer l'instant.
Comme aux nuits des étés, des étoiles, des étais et des draps qui s'emmêlent à nos cuisses.
De ces amours passées qui au prochain s'unissent, pour tout recommencer, aussi fort que l'on puisse,
toujours plus vivant, intensément brûlant, jusqu'à ce que la vie elle-même ne puisse plus me contenir,
en ces feux d'artifice qui annoncent en fanfare l'impact du météore, que tu es malgré toi,
parmi mille hypothèses, que j'attends de pied ferme sans craindre l'incendie.
Philippe LATGER / Juin 2026
C'est juin. C'est juillet.
Ciel bleu. Bougainvilliers roses. Cyprès. Pins parasols. Schiste noir et chaux blanche.
Le bonheur pour mon corps, pour mon cœur, pour ma peau, pour mon âme.
La mémoire du bonheur de l'enfance. Mes abdos. Mes épaules.
Les pieds nus sur le sable et la terre battue. Sur les dalles brûlantes autour de la piscine.
Le bonheur c'est l'été. C'est juin. C'est juillet.
La morsure du soleil. Barcelone.
L'oignon juteux sous la canine. La tomate.
La poudre des feux d'artifice. La piqûre des moustiques.
La peau salée. La Costa Brava. Les cigales.
Et les lumières affolées des reflets de la piscine au plafond de la chambre.
Philippe LATGER / Juin 2026
Les crânes éventrés
Du rôle de macchabée aux rasades de bière, la levure est levée depuis six pieds sous terre,
aux robes de l'abbé, aux flancs des cimetières, en vermines lavées de péchés adultères.
Philippe LATGER / Juin 2026
No dog in this fight
Cette société dans laquelle
la passion amoureuse est vécue comme une emprise,
le sexe comme une violence et la séduction comme une menace
ne m'intéresse pas beaucoup.
Philippe LATGER / Juin 2026
La buée contre la vitre
Je me tiens devant la vitre. Au-dessus du quartier. Au-dessus des toits. Et c'est beau.
La nuit est tombée. Elle est calme. Elle est belle. Le ciel est immense au-dessus des toits.
L'étoile du berger est incandescente. Des étoiles commencent à se manifester ici ou là.
Dans un ciel bleu marine et lumineux de grosse lune. C'est beau à pleurer. Et je pleure.
Je ne pleure pas de chagrin. Je pleure de reconnaissance. De joie et de bonheur.
Une façon comme une autre de dire merci.
Ce paysage, je le connais par cœur. La silhouette des Grands Carmes se dresse devant moi.
La cathédrale St-Jean plus bas, plus loin, dans le creux de la ville. Les toitures de St-Jacques.
Plus de six ans déjà, que j'ai ce panorama fantastique dans la gueule, dans mes fenêtres.
Que je vois à toute saison, à toute heure de la journée, par tous les temps, depuis mon bureau,
depuis ma cuisine, depuis mon café du matin comme depuis ma terrasse sur le toit.
Le Canigou derrière le Palais des Rois de Majorque. Bugarach à l'horizon. Je ne m'en lasse pas.
Ce soir, des nuages ont la lumière bleue des ordinateurs, dans ce ciel bleu marine de crépuscule,
où le jour semble n'avoir pas dit son dernier mot, quelque part au loin, plus à l'Ouest,
derrière une courbure de la terre que je devine, que je comprends par le ventre et la poitrine.
L'étoile du berger semble veiller sur nous. Les nuages sont beaux. Il y a de la lumière dans l'obscurité.
Cela me conforte dans l'idée qu'avoir peur de mourir est étrange. Mourir ne peut pas être nul à chier.
Impossible. Ce monde du vivant est trop parfait, trop exceptionnel. La Mort ne saurait être décevante.
Le fait d'être au monde est tellement dingue. C'est d'être là qui est flippant. Tellement c'est dingue.
Tellement c'est beau. C'est beau à perdre la raison. Alors, on fait comme si tout cela était normal.
Mais rien de tout cela n'est normal. Ce ciel. Ces nuages. Ces étoiles. Cette nuit. Cet air que je respire.
Cette émotion dans ma gorge. Ma gorge elle-même. C'est quoi ce délire ? Qu'y a t-il de normal au juste ?
A 53 ans, je pleure devant ce chef d'œuvre absolu et indépassable. Tout cela est dingue.
Jusqu'à la buée que fait ma respiration contre la vitre.
Face à un tel spectacle, je peux oublier qui je suis. Seul face à ce spectacle.
Je comprends que je ne suis rien et que je peux disparaître sans abîmer ce spectacle.
Mourir ne me fait pas peur. Je ne m'aime pas assez pour protester ou chercher la rébellion.
Je n'irai pas chercher le diable pour faire un procès ridicule au Créateur de cette merveille.
Je n'ai pas cette présomption de me sentir indispensable. Indispensable à qui ? A part à soi-même.
Je suis saisi par la beauté des choses. Y compris par le mystère de ma peau, de mon corps.
De mon esprit dans ce corps qui ressent des choses. Que mourir est dérisoire face à tant de beauté.
Je sais aussi que si je ne veux pas être absolument rien, ou juste inutile, je dois rendre compte.
Si je n'ai pas peur de mourir, je n'accepterai d'y passer qu'à cette condition : que je puisse rendre compte.
Témoigner de ce que je vis. De ce que je ressens. Dire et écrire. A quel point tout cela est dingue.
Dire et écrire. A quel point tout cela est beau.
Mourir n'est pas grand chose pour qui a vécu.
La douceur de la nuit s'étale à perte de vue.
La lumière artificielle éclaire la terre des hommes, des rues étroites avec des âmes humaines.
Des personnes que je ne connais pas, qui aiment, qui s'aiment, se font la gueule ou se séparent.
Qui couchent les enfants, qui en conçoivent, ou qui les laissent jouer dehors jusqu'à pas d'heure.
Je m'aime beaucoup. Je m'adore. Mais pas assez pour être scandalisé à l'idée de disparaître.
Le tout est de ne pas rater le coche. Le tout est de transmettre. Et le tour est joué.
Tout cela est trop fort pour moi. Trop grand. Trop beau. Je ne peux pas garder tout cela pour moi.
La courbure de la terre est trop grande pour ma poitrine. Ce fond de ciel étoilé ne tient plus.
Cela me déborde. Mon corps déjà, disparaît dans ce tout que j'embrasse. Je ne suis plus moi-même.
Moi ne veut plus rien dire. Noyé dans l'univers présent, comme un cachet effervescent, je me dissous.
Et je comprends, intuitivement, de façon animale, que mourir ne veut pas dire disparaître.
C'est bel et bien vivant que j'en fais l'expérience devant la vitre qui me sépare de la ville.
Nous sommes, chacun d'entre nous, une part de conscience. Témoins de ce monde.
Spectateurs et acteurs. Pour peu que nous nous y arrêtions. Nous cessons de tout normaliser.
Puisque, non, ça n'est pas normal. Et c'est vertigineux. D'être vivant. D'être là. Pour le voir.
Et pour le dire.
A la perfection de cette œuvre éblouissante et infinie, la mort ne saurait être une mauvaise expérience.
Je n'ai pas hâte d'y passer, mais elle ne m'inquiète pas. Ni pour moi-même, ni pour les gens que j'aime.
Je regarde l'étoile du berger et je sais. Sans savoir l'expliquer, sans me l'expliquer à moi-même. Je sais.
A cet instant où je prends la mesure de ce qui m'arrive, de ce que je surprends dans mes fenêtres,
de l'émotion qui m'envahit comme une mère protectrice, je n'ai peur de rien.
Pour mourir, il faudrait d'abord vivre. Et sommes-nous certains d'être vivants ?
Le vertige est tel que je ne suis plus certain de ce que cela veut dire.
Quand la réalité et la vérité ne semblent pas toujours se présenter comme deux lignes confondues.
Le cercle de buée sur la vitre brouille les formes, fait baver des flaques de lumière.
La buée sur la vitre ou cette eau sur mes cils.
Ce que je vois est beau. Ce que je ressens est beau. Et je sais que je contribue au spectacle.
Parce que je le vois. Parce que je suis présent pour le vivre. Que je vis pour le rendre présent.
Et jouir est ma façon de rendre grâce.
Jouir de ce spectacle. De ce qui nous a été donné. Ce monde. Ce corps. Ce qui l'entoure.
Ce qui se passe à l'extérieur. A l'intérieur. Ce cœur. Ce sexe. Ce cerveau. Ces yeux. Cette bouche.
Et les cinq sens pour tout découvrir et savourer. Sans en perdre une goutte. Tout de suite.
Je rends grâce. Et je ne prends que pour rendre. Passer le message. Transmettre. J'écris.
Il est urgent de l'écrire. Mourir n'est rien si l'on est là pour le vivre, si l'on est là pour l'écrire.
Le pire n'est pas de mourir mais de n'avoir pas vécu ni aimé. Quand c'est la même chose.
Ne crains pas de mourir, mais de n'avoir pas vécu ta vie. A pleines dents.
Ne crains pas de mourir si tu es déjà mort.
Si tu es vivant, conscient de l'être, ébloui de l'être, tu es déjà immortel,
tu es déjà autre chose que toi-même.
La lumière au loin s'en est allée avec le jour, pour apporter l'aube à d'autres, ailleurs sur cette terre.
Le temps n'a plus de prise. La nuit s'est installée. Le monde n'a pas été créé en sept jours.
Comme son nom l'indique. L'infini n'est pas fini.
Work in progress. Perpétuel. Et je prendrai ma part. A ma mesure. J'écrirai quelque chose.
Pour dire notre chance. D'être témoin. Acteur et spectateur de ce délire collectif.
Je suis serein. Tranquille. Sourire. En paix.
Demain n'existe pas. Nous devrons l'inventer.
Philippe LATGER / Mai 2026
L'incendie aux fenêtres
Aux orages écrasés, lâchés comme des bombes, c'est le corps embrasé sous le masque qui tombe,
qui se redresse enfin pour embrasser le ciel, pour étancher sa faim de blé dur et de miel,
communier avec l'eau des torrents et des douches, et réparer sa peau aux baisers de ta bouche.
La tempête essuyée, l'azur paraît plus grand. Les cœurs désennuyés accueillent en migrant
la lumière nouvelle, l'horizon élargi, rafiots et caravelles sans targes ni vigies,
les démons et les anges, les émotions fécondes, la sensation étrange de revenir au monde.
Aux cieux qui se dégagent, on relève la tête, remerciant les nuages qui changent de silhouette,
qui s'étirent, qui s'éloignent, feignant de disparaître, pour que le bleu rejoigne l'incendie aux fenêtres,
où le soleil invite à sortir de chez soi. Tout s'est passé si vite sans ce passé de toi.
Le feu qui se rallume, il est dans la poitrine, en dissipant la brume et de veules doctrines.
Si nos forces gravitent autour de ce qu'on croit, tout s'est passé si vite sans se passer de toi.
Philippe LATGER / Mai 2026
Peau de chagrin
La circoncision est une mutilation sexuelle.
Philippe LATGER / Mai 2026
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