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Et la pluie est partie

Publié le

Quelque chose a changé dans l'espace. Et c'était la lumière.
Etrange et familière. Elle était de saison.
Il fallait qu'elle faiblisse. Et la pluie est venue. Et la pluie est partie.
J'étais occupé ou distrait par des occupations mais je fus arrêté net.
J'ai ouvert des fenêtres pour respirer à pleins poumons. Ça sentait bon.
Ça sentait bon l'odeur d'après la pluie. Et j'essayais de comprendre la fragrance.
Habituellement, j'ai fait ça pendant quarante ans, c'est au printemps,
que je cours respirer les premières senteurs du renouveau de mars.
Ici, je me surprends à humer les parfums de l'automne.
Je ne m'en inquiète pas. Je suis heureux. A mon dernier étage.
Heureux que mon hôtel particulier sente si bon après la pluie.

 

Philippe LATGER / Octobre 2026

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Une clope à la fenêtre

Publié le

Il plane sur des nuages gris au-dessus de la ville
et trouve un sommet d'immeuble où se poser.
Il cherche quelque chose à manger. Quelque part où aller.
Solitaire.
Et dans les volutes de tabac, à ma fenêtre,
je suis là pour le regarder.

 

Philippe LATGER / Octobre 2026

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Sept ans de bonheur

Publié le

J'ai rendu les clés. Voilà. C'est fait.
Et l'on descend dans l'automne. Je n'ai rien vu de l'été.
J'ai rendu les clés. C'est fait. Bouclé.
C'est bientôt Noël qui sonne. Bientôt la fin de l'année.
Si j'ai brisé le miroir, brisé la glace et mon cœur, c'est pour sept ans de bonheur. 
C'est pour sept ans de bonheur. Sur ce toit que j'ai quitté.

Son panorama
à 360 degrés.
Je l'ai respiré, sans me lasser,
il m'a inspiré si fort.

J'ai rendu les clés. Voilà. Parfait.
Tu vois, je n'aime personne. Tout peut être envisagé.
J'ai rendu les clés. Voilà. C'est fait.
J'ai le piano qui cartonne, ma vie à déménager.
Si j'ai brisé le miroir, brisé la glace et ton cœur, c'est pour sept ans de bonheur.
C'est pour sept ans de bonheur. Et c'est moi que j'ai quitté.

 

Philippe LATGER / Octobre 2026

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A contre-courant

Publié le

L'époque assène qu'il faut d'abord s'aimer soi-même pour pouvoir aimer les autres.
J'affirme qu'il faut d'abord aimer les autres pour pouvoir s'aimer soi-même.

 

Philippe LATGER / Septembre 2026

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Le salut, c'est les autres

Publié le

Il n'y a rien en toi. Inutile de te recentrer. Tu ne trouveras rien.
C'est en allant vers les autres que tu te rencontreras, que tu te trouveras toi-même.
En nous, il n'y a rien. Nous sommes des outres vides.
Et nous ne sommes rien sans les autres. Rien ni personne.
C'est parce que tu es le fils de tes parents, le frère de tes frères et sœurs,
le père de tes enfants, l'époux de ton épouse, le voisin de tes voisins, l'ami de tes amis,
l'élève de tes profs, le prof de tes élèves, l'amoureux de ton amour, l'amant de ta maîtresse,
le patron de tes salariés, le salarié de tes patrons, l'héritier de tes ancêtres,
le patient de ton toubib, le client de ton banquier, le maître de ton chien,
que tu es quelqu'un, que tu es qui tu es ...
Inutile de te retourner vers toi-même. Tu ne te retrouveras pas puisqu'il n'y a personne.
Les charlatans te donneront de nombreuses techniques de détachement,
de désencombrement relationnel et de nettoyages de cercles,
t'encourageront dans des isolements régénérateurs et autres recentrages vibratoires.
Puisque l'autre est forcément toxique, est forcément l'agresseur et un voleur d'énergie,
puisque, depuis Sartre, c'est bien connu, l'enfer, c'est les autres, et que tu es forcément une victime,
on te trouvera des sidérations et des dénis, des persécuteurs et des traumas, et mille bonnes raisons
de te couper du monde, de te replier sur toi-même, puisque l'autre est forcément le problème,
en te conduisant impérieusement à déconstruire tes dépendances affectives.
Si l'enfer, c'est les autres, il faut comprendre qu'aujourd'hui, aimer n'est plus un acte de volonté,
mais une emprise, une mise sous influence, une manipulation mentale, l'exercice d'une domination,
et donc la perte de liberté, puisque cela est vécu comme une perte de soi-même.
Qu'est-il advenu pour que l'amour ne soit plus un acte de volonté mais un acte de faiblesse ?
Pour qu'il ne soit plus compris comme un horizon indépassable de bonheur à conquérir,
de connaissance de soi et de liberté, mais comme une agression, un enfermement ou un viol.
Tu pourras faire des constellations familiales et des bannissements bienveillants,
l'enfer, ce n'est pas les autres, l'enfer, c'est nous-mêmes.
Et tu ne trouveras jamais, ni ton essence ni ton bonheur, en te coupant des autres.
Tu n'es rien sans les autres. Tu n'existes pas.
Tu n'es qu'au contact des autres et qu'à ce que tu fais pour eux.
C'est étrange. Tu souffres mortellement de solitude, et tu choisis pour guérir de t'isoler davantage.
Les gourous qui t'y encouragent sont des diviseurs qui travaillent pour le diable.
Et sûrement pas pour ton bien.
Ne cherche rien en toi. Il n'y a rien.
C'est dans les yeux des autres que tu prends forme, que tu te lèves, que tu grandis, que tu avances.
C'est dans les yeux des autres que tu existes, et que tu le découvres avec eux.
S'aimer soi-même ne sert à rien, ne veut rien dire. Aime, simplement. 
Aime les autres. Aime la vie. Aime le monde. Et ton bonheur sera complet.
Qu'y a-t-il à aimer de soi-même si l'on n'aime personne ?
Qu'y a-t-il à aimer s'il n'y a personne ?
Tu es seul. Tu es vide.
Remplis ton outre de tout ce qui vient du dehors, de tout ce qui t'entoure.
Ou bien tu n'auras rien appris. Ou bien tu n'auras rien vécu.
L'enfer est en soi-même. Le salut, c'est les autres.

 

Philippe LATGER / Septembre 2026

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Toutes ne le sont pas

Publié le

La violence n'est pas qu'une pulsion négative et destructrice.
On peut trouver dans la pulsion de la violence, des motivations vertueuses, comme l'amour et la justice.
Dans la colère bien sûr, il y a de la violence, contre soi-même comme contre le monde entier.
Mais bien des indignations sont justes. Et la colère, et sa violence avec elle, est parfois salutaire.
Des situations peuvent-elles moralement n'inspirer qu'une acceptation passive ?
Réagir à des injustices relève d'une colère saine, profondément humaine, et c'est une violence attendue.
La violence la plus noire ne serait-elle pas celle de ne rien faire et de ne rien dire ?
Mais la violence positive n'est pas que dans l'indignation, n'est pas que dans la réaction à ce qui est injuste.
Puisque tous les enthousiasmes sont pétris de violence, tous les élans du corps, du cœur et de l'esprit,
tous les élans et les gestes constructifs, réparateurs, créatifs,
et que tous ces recours à la force pour contraindre quelque chose, des autres ou de soi-même,
ne sont pas tous, automatiquement, malveillants, malfaisants, toxiques ou destructeurs.
S'il y a des violences mauvaises, toutes ne le sont pas.

 

Philippe LATGER / Septembre 2026

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L'or et la flèche de l'Ontario

Publié le

Une mer d'huile. Un bouclier à la couleur de l'eau.
Et une aiguille. C'est la CN Tower de Toronto.
C'est le miroir du javelot. 
L'or et la flèche de l'Ontario.

 

Philippe LATGER / Septembre 2026

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Partout autour des tiens

Publié le

J'aime pas les tatouages.
J'aime trop les corps. J'aime trop la peau. J'aime trop la chair.
Avec ces Carpe Diem, et autres platitudes tant attendues, le corps n'est jamais nu.
Mais, j'en conviens, l'exception est possible. J'aime pas les tatouages.
Sauf quand c'est toi. Parce que c'est toi qui es dessous, qui es partout autour des tiens.
J'aime pas les tatouages.
Je les ai vus fleurir dans les années 90, dans les clubs et les films porno.
Tout le monde a le sien. C'est tout moi. Tellement moi. Je l'ai fait à Bali. J'en vomis.
Mais, j'en conviens, l'indulgence est permise. J'aime pas les tatouages.
Sauf quand c'est toi. Quand ils ont ton odeur et ton goût. Ton épaule et ton cou.
Que je lèche. Amoureux. Jusqu'à l'oreille.


Je trouve les hommes tellement beaux. L'homme nu est sublime. Emouvant. Dans sa nature.
Pourquoi le travestir ? L'ensevelir ? Le polluer ?
J'aime pas les tatouages.
J'aime trop les hommes. J'aime trop les corps. J'aime trop la peau.
Mais, j'en conviens, mon snobisme s'efface, quand c'est toi mon amour.
Qui es dessous. Qui es autour. Quand c'est toi, qui es partout autour des tiens.
J'aime pas les tatouages.
Ce sont des parasites. Qui gâchent mon plaisir. Avec ces gribouillis, un corps n'est jamais nu.
Et j'aime la nudité. Le corps dans son entier. Dans sa vigueur. Sa vérité.
Les fleurs, les papillons, les serpents, je n'en ai rien à foutre. Qu'ils dégagent de là.
Je veux le dos. Je veux le ventre. Je veux la cuisse. Je veux l'épaule. Et le mollet.
Mais, j'en conviens, je suis moins radical, quand c'est toi mon amour.
Que je lèche. Amoureux. Jusqu'à l'oreille.

 

Philippe LATGER / Septembre 2026

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A mon carré de ciel

Publié le

J'avais, certes, le ciel en entier. Le ciel en entier où j'habitais.
Ici, c'est une cour, coiffée d'un carré de ciel.
Et ce soir, à mes fenêtres, je lève le nez, je lève la tête.
Torse nu, c'est la nuit, je souris, ou je frissonne. Je frissonne en souriant.
A mon carré de ciel, je vois des étoiles. Je suis heureux. Fenêtres sur cour.
A ma nouvelle adresse, à mon carré de ciel, il y a les étoiles de la Grande Ourse.

 

Philippe LATGER / Septembre 2026

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Eucharisto

Publié le

Je suis homosexuel.
Et à Dieu, je ne dis pas pardon,
je dis merci.


 

Philippe LATGER / Août 2026

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