Il n'y a rien en toi. Inutile de te recentrer. Tu ne trouveras rien.
C'est en allant vers les autres que tu te rencontreras, que tu te trouveras toi-même.
En nous, il n'y a rien. Nous sommes des outres vides.
Et nous ne sommes rien sans les autres. Rien ni personne.
C'est parce que tu es le fils de tes parents, le frère de tes frères et sœurs,
le père de tes enfants, l'époux de ton épouse, le voisin de tes voisins, l'ami de tes amis,
l'élève de tes profs, le prof de tes élèves, l'amoureux de ton amour, l'amant de ta maîtresse,
le patron de tes salariés, le salarié de tes patrons, l'héritier de tes ancêtres,
le patient de ton toubib, le client de ton banquier, le maître de ton chien,
que tu es quelqu'un, que tu es qui tu es ...
Inutile de te retourner vers toi-même. Tu ne te retrouveras pas puisqu'il n'y a personne.
Les charlatans te donneront de nombreuses techniques de détachement,
de désencombrement relationnel et de nettoyages de cercles,
t'encourageront dans des isolements régénérateurs et autres recentrages vibratoires.
Puisque l'autre est forcément toxique, est forcément l'agresseur et un voleur d'énergie,
puisque, depuis Sartre, c'est bien connu, l'enfer, c'est les autres, et que tu es forcément une victime,
on te trouvera des sidérations et des dénis, des persécuteurs et des traumas, et mille bonnes raisons
de te couper du monde, de te replier sur toi-même, puisque l'autre est forcément le problème,
en te conduisant impérieusement à déconstruire tes dépendances affectives.
Si l'enfer, c'est les autres, il faut comprendre qu'aujourd'hui, aimer n'est plus un acte de volonté,
mais une emprise, une mise sous influence, une manipulation mentale, l'exercice d'une domination,
et donc la perte de liberté, puisque cela est vécu comme une perte de soi-même.
Qu'est-il advenu pour que l'amour ne soit plus un acte de volonté mais un acte de faiblesse ?
Pour qu'il ne soit plus compris comme un horizon indépassable de bonheur à conquérir,
de connaissance de soi et de liberté, mais comme une agression, un enfermement ou un viol.
Tu pourras faire des constellations familiales et des bannissements bienveillants,
l'enfer, ce n'est pas les autres, l'enfer, c'est nous-mêmes.
Et tu ne trouveras jamais, ni ton essence ni ton bonheur, en te coupant des autres.
Tu n'es rien sans les autres. Tu n'existes pas.
Tu n'es qu'au contact des autres et qu'à ce que tu fais pour eux.
C'est étrange. Tu souffres mortellement de solitude, et tu choisis pour guérir de t'isoler davantage.
Les gourous qui t'y encouragent sont des diviseurs qui travaillent pour le diable.
Et sûrement pas pour ton bien.
Ne cherche rien en toi. Il n'y a rien.
C'est dans les yeux des autres que tu prends forme, que tu te lèves, que tu grandis, que tu avances.
C'est dans les yeux des autres que tu existes, et que tu le découvres avec eux.
S'aimer soi-même ne sert à rien, ne veut rien dire. Aime, simplement.
Aime les autres. Aime la vie. Aime le monde. Et ton bonheur sera complet.
Qu'y a-t-il à aimer de soi-même si l'on n'aime personne ?
Qu'y a-t-il à aimer s'il n'y a personne ?
Tu es seul. Tu es vide.
Remplis ton outre de tout ce qui vient du dehors, de tout ce qui t'entoure.
Ou bien tu n'auras rien appris. Ou bien tu n'auras rien vécu.
L'enfer est en soi-même. Le salut, c'est les autres.
Philippe LATGER / Septembre 2026