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Eucharisto

Publié le

Je suis homosexuel.
Et à Dieu, je ne dis pas pardon,
je dis merci.


 

Philippe LATGER / Août 2026

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La lune, le palais, et l'étoile du berger

Publié le

A l'heure où la lumière fuit. C'est un dessin d'enfant. Ou un rêve d'Orient. 
Le palais sur son tertre, semblait flotter sur une nuée de feuillages.
Une rangée de hauts platanes, au-dessus des toits, dissimulait la colline.
Du palais, je ne voyais de chez moi que la Chapelle Haute. Une silhouette trapue.
Le cube, évasé à la base, d'un édifice austère, fortifié, porté haut au-dessus de la ville.
Sa hauteur exprimait la puissance, imposait le respect, et surveillait la plaine.
J'aimais le mutisme de ce cube suspendu, sur le décor sublime d'un Canigou tout proche.
De chez moi, la montagne couronnait le palais. Le M du Canigou coiffait les Rois de Majorque.
L'architecte n'aurait pu rêver d'un meilleur point de vue que le mien pour admirer son œuvre.
La montagne sacrée enveloppait le palais tout en signifiant de sa masse la grandeur du royaume.
A l'heure où la lumière fuit. Où les martinets s'agitent. C'est un dessin d'enfant ou un rêve d'Orient.


Je ne sais pas qui il est. Mais il m'a vu tout de suite. Et tout de suite souri.
J'étais dans ma cigarette, dans mon téléphone, dans mes pensées, sur ma coursive.
En hauteur, à faire les cent pas, en fumant, fulminant, derrière les colonnes et les arbres du jardin.
J'ai, certes, d'abord aperçu des mollets, puis le tee-shirt noir, un dos, un cou, et des épaules.
Pris dans ma cigarette, dans mon téléphone, je vois sans voir, mais je vois bien.
Ces mollets étaient les plus beaux mollets humains que la nature puisse faire.
Ce dos, ce cou et ces épaules, créaient ensemble ce que les dieux attendaient d'une silhouette masculine.
J'eus le temps de penser qu'il existait définitivement un nombre d'or, aussi, pour l'anatomie d'un homme.
Mais j'étais à mes préoccupations. Et mon émotion avait été vite réprimée par l'urgence ou le devoir.
L'indifférence requise avait du mal à s'installer. La vision des mollets m'avait impressionné.
Entre la corniche et les parterres d'hortensias, c'était la seule chose que j'aie pu voir.
Je n'ai vu ni son torse, encore moins son visage, pas même le haut de ses jambes, seulement les mollets.
Le muscle, la pilosité, le grain de la peau, la veinure, le bronzage ... L'effet d'une décharge électrique.
A mes allées et venues nerveuses, un regard furtif pour le voir s'éloigner de dos dans le jardin suspendu.
Ce dos, ce cou, ces épaules, et encore ces mollets, sous un bermuda noir, mais aussi ces chevilles et talons.
Et je repartais agacé derrière le grand sapin, sur ma loggia, impatient de revenir à mon point de vue. 
Première récompense. A mon retour, il était de face. Il me voit. Je le vois me voir. Et me sourire.
Je réponds à son sourire. Et trouve aussitôt une diversion. Une collègue qui s'en va et que je salue.
Elle est surprise. Quand c'est ma façon de passer l'information au touriste que je travaille ici. 
Les mollets. La silhouette. Le nombre d'or. Les dieux de l'Olympe.
Rien au monde n'aurait pu égaler ce sourire.

De ma terrasse, je vois la lune, le palais et l'étoile du berger.
Le Canigou invisible. Son image emportée avec la chaleur du jour derrière l'horizon.
Le cube de la Chapelle Haute est à sa place, sur son lit de feuillages de platanes.
A sa gauche, un croissant de lune parfait. A sa droite, l'étoile du berger.
Si Dieu existe, je le remercie. Si Dieu existe, je dois lui dire merci.
A l'heure où la lumière fuit. C'est un dessin d'enfant. Un rêve d'Orient.
Le ciel pur, où j'habite, la lumière du couchant, et la lune en croissant, jaune orange,
le Palais des Rois de Majorque, impassible, du haut de 700 ans, et l'étoile de toutes les espérances.
De Babylone à Byzance, en passant par l'Empire Ottoman. L'étoile et le croissant de lune.
Le drapeau algérien. Le drapeau turc. Et mon palais aragonais au beau milieu.
J'ai envie de pleurer. De bonheur et de joie. De fatigue et d'amour. Je suis vivant.
La nuit peut se lever. La ville est bien gardée. A cette constellation nouvelle.
La nuit sera belle. Et je remercie.
La lune, le palais, et l'étoile du berger.


 

Philippe LATGER / Août 2026

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Dans mes fonds adorés

Publié le

La masse de l'eau pour masser ma carcasse.
Essorer les toxines de chaleurs imbuvables.
Le plongeon dans ce bleu où la chair me dépasse.
Le plaisir est si simple qu'il semble inconcevable.
Il est entier. Complet. Juste. A la bonne taille.
Ce bonheur d'être nu dans son seul élément.
Plus aimable qu'à la douche, c'est le corps qui tressaille.
Quand l'eau d'une piscine vaut tous les firmaments.
Le temps s'y arrête et je deviens poisson.
Le tourment d'être un homme peut s'y évaporer.
L'amour est l'aliment et la joie la boisson.
A la foule de brasses dans mes fonds adorés.

 

Philippe LATGER / Août 2026

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La flemme de la flamme

Publié le

Refrain :

Oh qu'elle est douce
la flemme de la flamme
la flamme de ...
la flemme de ...
courir
pour trouver
un amour.
Oh qu'elle est douce
la flamme de la flemme
la flemme de ...
la flamme de ...
te retrouver un jour.


 

Philippe LATGER / Juillet 2026

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Inconditionnel

Publié le

Je ne sais pas s'il m'aime, mais croyez-moi,
j'aime Dieu.

 

Philippe LATGER / Juillet 2026

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Shoot

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Shoot

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L'hypothèse de toi

Publié le

L'air mordait ma peau nue. Le torse nu. Le derme et les tétons. La nuque. Les épaules.
L'air et sa chaleur. Et sa moiteur. Ou sa fraîcheur. Sa caresse était à peine soutenable.
Pas d'écosexe. Vraiment pas. Mais alors. Un érotisme impitoyable.
Au crépuscule heureux, au ballet des martinets, entre chien et loup, entre cigales et grillons,
l'horizon ouvert dans la gorge, dans la poitrine, dans les poumons, et puis la chair de poule.
La tiédeur révélait des parfums jusqu'alors écrasés par la lumière du jour, qui plaquait tout au sol,
d'étranges saveurs pouvaient remonter à la surface, frôler mon corps ou bien m'envelopper.
A 12 ans comme à 15. A 16 ans comme à 20. C'était ce même vertige. Cette même agitation.
Que pouvaient me promettre ces vêpres et ce soleil couchant ? 
Quels espoirs pouvaient naître dans ma chair bouleversée ?
A ces tombées du jour. Aux baisers invisibles de toute l'atmosphère.
Avant la tempête de la teuf. Avant les orages du sexe. Un faux calme olympien.
Une nervosité sublime. Une pagaille immense. Je sais. C'était le trac.
Celui d'être vaincu, sauvé, ou de te rencontrer. La promesse d'aimer.
De tomber amoureux. Ou déséquilibré. Et révolutionné.
A 30 ans. A 40. Comme à l'âge que j'ai. C'est la même espérance. Une force. Ou la foi.
L'émotion d'être en vie. La peau hypersensible. Et mes terminaisons.
La fièvre de l'ailleurs et celui des possibles. L'hypothèse de toi.
Et ce n'est plus le soir qui m'embrasse. Mais l'onde qui te précède.
Cet air que tu déplaces en avançant vers moi. Qui annonce le choc.
La foudre du contact. Lorsque ma peau frissonne. Je sais que c'est le trac.
C'est juin au rendez-vous. Juillet au garde-à-vous. Et j'y perdrai mon âme.
Le temps est impuissant. C'est la même violence. Le même émerveillement.
Ces sentiments confus, toujours adolescents, toujours prêts à tout prendre.
Et l'air mord ma peau nue. Ma peau de cinquante ans. Avec la même fougue.
La veine du biceps, celle dans l'avant-bras, tout descend de l'épaule.
Tout descend dans la nuque. A la fraîcheur du soir qui me lèche et m'emporte.
Avec la sensation que quelque chose arrive. Que quelque chose vient.
Les parfums se frayent un chemin pour m'ouvrir le poitrail et m'arracher le cœur.
Le soleil disparaît. C'est pour céder sa place. A ce que me promettent toutes les voluptés.
Mon plaisir n'est rien comparé à celui qui accourt. Qui s'amuse de moi ou qui me tourne autour.
Je sens l'ambre solaire, ça sent l'iode, et le chlore, et la poudre.
Juin s'allonge en sortant de la douche.
La rue vide et tranquille à mes pieds, sous la lune, prend des airs de décor d'opéra,
trop calme pour être honnête, quelque chose ou quelqu'un prépare son effet.
Et je suis au spectacle. Attentif. Convaincu de la chute. Et de ce qui m'attend.
A 16 ans ou à trente. Comme après cinquante ans. C'est le même océan.
Et ce désir intact pour le désir lui-même. Mon corps est toujours prêt.
Vivant et amoureux. Pour le risque et le cran. Quand l'amour est présent. Que tu es le suivant.
Quand j'aime le plaisir. Les feux de la St-Jean. Le bonheur qui s'incarne à sa seule promesse.
De comprendre qu'il vient, je suis déjà aux anges. Convaincu qu'il arrive, je fais durer l'instant.
Comme aux nuits des étés, des étoiles, des étais et des draps qui s'emmêlent à nos cuisses.
De ces amours passées qui au prochain s'unissent, pour tout recommencer, aussi fort que l'on puisse,
toujours plus vivant, intensément brûlant, jusqu'à ce que la vie elle-même ne puisse plus me contenir,
en ces feux d'artifice qui annoncent en fanfare l'impact du météore, que tu es malgré toi,
parmi mille hypothèses, que j'attends de pied ferme sans craindre l'incendie.

 

Philippe LATGER / Juin 2026

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C'est juin. C'est juillet.

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Ciel bleu. Bougainvilliers roses. Cyprès. Pins parasols. Schiste noir et chaux blanche.
Le bonheur pour mon corps, pour mon cœur, pour ma peau, pour mon âme.
La mémoire du bonheur de l'enfance. Mes abdos. Mes épaules.
Les pieds nus sur le sable et la terre battue. Sur les dalles brûlantes autour de la piscine.
Le bonheur c'est l'été. C'est juin. C'est juillet.
La morsure du soleil. Barcelone.

L'oignon juteux sous la canine. La tomate.
La poudre des feux d'artifice. La piqûre des moustiques.
La peau salée. La Costa Brava. Les cigales.
Et les lumières affolées des reflets de la piscine au plafond de la chambre.

 

Philippe LATGER / Juin 2026

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Les crânes éventrés

Publié le

Du rôle de macchabée aux rasades de bière, la levure est levée depuis six pieds sous terre,
aux robes de l'abbé, aux flancs des cimetières, en vermines lavées de péchés adultères.

 

Philippe LATGER / Juin 2026

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No dog in this fight

Publié le

Cette société dans laquelle
la passion amoureuse est vécue comme une emprise,
le sexe comme une violence et la séduction comme une menace
ne m'intéresse pas beaucoup.

 

Philippe LATGER / Juin 2026

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