La nacre du crépuscule
C'est une respiration calme.
Les battements de palmes
sous-marines.
La quiétude de l'espace.
Du silence.
Tranquille.
La peur s'est retirée.
Il n'y a que la confiance
et l'émerveillement.
La mort n'existe pas.
Ce n'est pas ce qu'on croit.
Ce n'est pas ce qu'on voit.
Et s'ouvre un vrai sourire.
Emu. Joyeux.
Heureux.
C'est la mer qui respire.
Au clapotis timide
du repos mérité.
La nacre du crépuscule.
La réconciliation.
Avec tous les mystères.
Peu importe ce qu'on sait.
Tant que l'on sait vivre.
Ce que l'on aime
ne disparaît jamais.
Rien ne sert à rien.
Pour qui sait créer.
Aimer n'est que sauver
de la disparition.
Aimer c'est conserver,
la force de dépasser
tous les renoncements.
L'écume légère vient balayer
le jour qui fuit vers d'autres terres.
L'angoisse se tait devant le ciel
où scintillent les premières étoiles.
Ce monde est un cadeau. Une hallucination.
Au point de douter de ce qui existe.
Si l'on voit encore briller ce qui n'est déjà plus,
quelle différence au juste
entre ce qui est
et ce qui a été.
La peur se tait quand on écoute.
Pour qui sait vivre et écouter.
La respiration de la mer.
Qui s'ouvre à nos poumons.
Où l'on oublie la sienne.
Pour être plus que soi-même.
Être tout ce qu'on aime
et ce qu'on a aimé.
Quelle joie d'être au monde.
Et de n'en rien comprendre
pour pouvoir le créer.
Et tout réinventer,
rêver et repeupler
de nos immenses
solitudes
Philippe LATGER / Mai 2023
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