Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le fruit mûr

Publié le

Non mais ça va, c'est bon.
Passer les soirées dans les bars et les nuits en boîte,
ça me saoule.


 

Philippe LATGER / Juin 2024

Voir les commentaires

En orbite

Publié le

Mille planètes.
L'exoplanète.
Lexomil.

Mille planètes.
L'exoplanète.
Lexomil.

 

Philippe LATGER / Juin 2024

Voir les commentaires

Que je bois

Publié le

C'est là que perle ton odeur.

Que je bois.

 

Philippe LATGER / Juin  2024

Voir les commentaires

Les barreaux

Publié le

Je te laisse l'échelle.
Je te lèche l'aisselle.

 

Philippe LATGER / Juin 2024

Voir les commentaires

Couleuvre

Publié le

Ehontée la montée. Indécente la descente.
La sinusoïde progresse avec sa paresse de couleuvre.
Elle n'avance pas. Elle tourne en rond.
Chaque méandre pour s'appuyer, se projeter, et gagner quelques mètres.
Le temps rampe dans l'espace, aux coups de reins des illusions.

Il faut se hisser haut, il faut se hisser loin.

Au fond de l'eau, au long des foins.
Le vent s'étire des quatre coins.
Pour porter l'immobile d'un point à l'autre.
A bout de bras. A bout de souffle.

Le temps rampe.
Contre des courants contraires.
Personne ne vieillit.
On se déplace.
D'un point à l'autre.

 

Philippe LATGER / Mai 2024

Voir les commentaires

Les pins, les cyprès et ta peau.

Publié le

Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.

Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.

Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Tes cheveux.

Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau.
Et tes yeux.

 

Philippe LATGER / Mai 2024

Voir les commentaires

Il goûte du sang

Publié le

L'éclat froid et métallique de l'inox, aux cavités couleur acier où viennent goutter des impacts.
Penché sur l'évier, j'observe le spectacle de ce grand bassin argenté où pleut de l'écarlate.
Ce n'est pas le robinet qui goutte. C'est autre chose. Ce n'est pas de l'eau. C'est du sang.
Quelque chose s'étire, s'allonge, finit par se détacher, pour chuter dans le bac de l'évier.
Chaque impact crée une fleur rouge fascinante. Qui s'étale sous son poids et se fige aussitôt.
La surface brillante et clinique du métal accueille ces superbes projections de gouache, comme des soleils.
" Pardonnez-moi mon père parce que j'ai péché. " Les genoux sur un coussin. Le nez dans un crucifix.
" Si je suis là, c'est la faute de Saint Thomas d'Aquin. " Les Jacobins de Toulouse. La froidure de janvier.
Il goutte du sang dans l'évier. Goutte après goutte. Et ce n'est pas le robinet qui fuit.
" J'ai passé quarante ans loin de vous. " Qu'avais-je fait pendant quarante ans ?
Mes ancêtres cathares sont devenus dominicains. Sur mes terres de sciences et de subversions.
Mon pays d'universités et de savoir. Le pays de toutes les hérésies. " Il s'est passé quelque chose. "

Goutte après goutte dans l'évier. Des soleils rouges explosent sur le gris aveuglant du métal.
" Je veux revenir dans cette maison. " Les coudes contre les parois, disposé à faire pénitence.
" Au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit "... Je saigne mon absolution.
Ce n'est pas le robinet qui goutte. Au matin suivant, penché sur mon évier,
je saigne du nez.

 

Philippe LATGER / Mai 2024

Voir les commentaires

Cénozoïque

Publié le

Une inclinaison du pied suffit. Il suffit de tendre le coup de pied,
l'aligner sur le tibia caché juste sous la peau de la jambe droite,
Et le paysage soudain, dans les vitres latérales comme dans le parebrise,
se met à défiler plus vite.
Il y a un sentiment de puissance, à la fois grisant et apaisant, à ce moment précis
où le corps et la machine ne font plus qu'un.
Où ce un du corps et de la machine, ne fait plus qu'un avec le paysage.

Les vignes se dérobent. Les massifs minéraux et rocailleux se dérobent avec elles.
Les platanes, puis les pins, se dérobent l'un après l'autre sur le bord de la route.
Renvoyés vers l'arrière de la machine, comme aux coups d'index sur un écran tactile.
La vitesse augmente et le scrolling en 3D met en scène ce rapport entre le temps et l'espace,
où chaque chose perçue à un instant t disparaît à l'instant suivant, de façon implacable.
La tour de Tautavel, photographiée depuis une terrasse en ville, si petite à l'horizon,
apparaît alors sur son mamelon calcaire au détour d'un virage, si proche et accessible.
Puis, c'est la dent cassée de Quéribus qui surgit en hauteur, lorsque l'automobile s'aventure
entre les plis d'un drapé de 65 millions d'années.
Le royaume d'Aragon a joué de l'épaule, en poussant oreillers et drap housse vers le Nord.
C'est toute l'Espagne qui s'incruste, au gré des étirements paresseux d'une grasse matinée interminable.

Une brume de neige traversée par le soleil sur des sommets lointains, rend présente une chaîne robuste
qui semble fuir vers l'Ouest, en quête de l'océan, en quête de l'Atlantique, et je suis dans l'aspiration.
La ligne droite qui s'ouvre soudain permet à mon pied droit de s'incliner davantage pour aller plus vite.
Un accélérateur de particules. Bugarach est un aimant. Planté au bout de la perspective.
Le voyage n'est pas une décision consciente de ma part mais une réaction physique.
L'intention de rejoindre quelqu'un n'est en fait qu'un phénomène magnétique.
Ce n'est pas ma volonté de voir cette personne qui anime le mouvement.
C'est la montagne qui emporte le véhicule et son équipage pour les attirer à elle et les dévorer.
Ce n'est pas mon pied qui impulse la vitesse mais le paysage, dans ce couloir qui défie le temps.
La terrasse en ville et son panorama sont déjà loin derrière, comme vestiges d'une autre vie.
D'un autre monde. Lorsque la réalité se métamorphose à mesure que nous avançons.
Les draps amoureux sont chiffonnés au réveil. Les oreillers en vrac aux frontières du jour.
Aux derniers remparts contre le royaume de France. Protégeant ma raison d'être.
Et celle d'être aimé.

 

Philippe LATGER / Mai 2024

Voir les commentaires

Work in progress

Publié le

Dieu existe. Mais il n'a pas pu créer le monde en 7 jours.
Parce que la création du monde est en cours.
Parce que le monde n'est pas fini.
Le monde est en création perpétuelle, se décompose et se recompose sans cesse.
Des étoiles meurent. Des étoiles naissent. Et des univers entiers se créent dans l'infini.
Le nôtre est en expansion. Et tout est en mouvement. Et Dieu est dans tout cela.
Derrière tout cela. Dieu est tout cela.
Créateur et réacteur de lui-même. Dans une ébullition éternelle de matière et de mystères.
Le monde n'est pas fini. Il est en cours de création.
Il y eut un monde avant les Hommes.
Et si l'évolution n'est pas contre Dieu,
Dieu n'est pas contre l'évolution.
Il est ce mouvement virtuose et inspiré.
Dans toutes les dimensions et toutes les réalités des choses.
Celles que nous pouvons percevoir,
et toutes celles dont nous n'avons pas idée.
Le monde n'est pas fini.

 

Philippe LATGER / Mai 2024

Voir les commentaires

Fini et infini

Publié le

Etre un et plusieurs.
Lorsqu'il est singulier d'être une combinaison unique.
Combinaison génétique et combinaison culturelle.
Combinaison culturelle héritée et combinaison culturelle construite.
Il est aussi gratifiant qu'inquiétant d'être unique.
Il est aussi gratifiant qu'inquiétant de ne pas l'être.
D'autant que, comme pour contrer inconsciemment le vertige d'être parfaitement unique,
nous passons notre temps à nous enorgueillir d'appartenir à des groupes.


Un sexe. Une catégorie sociale. Une région. Une ville. Une famille. Un patronyme.
Un niveau d'études. Un âge. Une époque. Une génération. Les sources d'orgueil sont multiples.
Pour appartenir au groupe de ceux qui ont voyagé. A celui qui utilise un réseau social plutôt qu'un autre.
Ceux qui achètent telle marque de fringues ou de voitures. Qui portent tel parfum. Aiment tel chanteur.
On peut trouver matière à être fier parce que l'on porte tel prénom, que l'on a telle origine, telle religion.
On trouve matière d'orgueil à être du Nord ou du Sud, rural ou urbain, à la date et au lieu de sa naissance.
On est fier de son appartenance à telle nation, à tel quartier, à telle lignée, à tel signe zodiacal.
Rassuré de trouver des êtres d'exception dans chaque groupe que nous revendiquons comme le nôtre.
Même un état transitoire peut être source de satisfaction, lorsqu'on peut être fier d'être jeune, d'être vieux,
d'être dans le public ou dans le privé, d'être patron ou salarié, actif ou inactif, sobre ou alcoolique ...
Pour qui veut se convaincre qu'il vaut quelque chose, et convaincre les autres de cette valeur,

la moindre parcelle d'identité constitutive de notre entièreté peut devenir aisément une source d'orgueil.

Un orgueil qui n'est pas que le nôtre. Lorsqu'il est aussi celui de nos pairs et de nos prédécesseurs.
Pour chaque catégorie, l'ego se trouve conforté par des alter egos.

Les ancêtres, les parents, les collègues, les compatriotes, les congénères, autant d'êtres différents de nous,
mais dont nous sommes fiers comme nous sommes fiers de nous-mêmes. Un orgueil est toujours partagé.
L'orgueil dépasse notre personne. Nous l'éprouvons pour ceux qui partagent nos groupes constitutifs.
Si l'on critique notre religion, nous sommes blessés personnellement, mais sommes aussi blessés
que l'on blesse l'ensemble des fidèles, croyants et pratiquants de notre obédience.
Si l'on critique notre famille, notre cité, notre pays, notre civilisation, notre profession, notre genre,
notre orientation sexuelle et notre couleur de peau, la blessure d'orgueil n'est pas notre seule blessure.
Nous sommes fiers, peut-être plus que de nous-mêmes, quand nous sommes fiers de nos contemporains

et que nous sommes fiers de nos morts. Ego et alter egos sont touchés et c'est la double peine.
Lorsque c'est la manifestation, parfois inconsciente, du fait selon lequel nous sommes uns et plusieurs.

La plupart de ces appartenances constitutives ne sont pas choisies. 

On ne choisit pas d'être un humain, d'être né en telle année à tel endroit, dans telle famille et telle culture.
Mais on choisit ce que l'on veut assumer et revendiquer de toutes ces identités factuelles ou possibles.
Si nous sommes à la fois uns et plusieurs, nous sommes pris dans un autre système de réalités paradoxales.
Deux forces opposées qui nous permettent d'être : le déterminisme et la détermination.


Nous n'avons pas choisi d'avoir des bras et des jambes. D'avoir le corps qui nous est donné.
Nous n'avons pas choisi de naître et de mourir. Nous n'avons pas choisi le temps et la gravité.
Nous n'avons pas choisi notre langue, nos capacités cognitives, les limites de notre entendement.
Et si tout ce qui est donné conditionne nos choix, nos choix sont la manifestation de notre existence.
C'est un équilibre trouvé inconsciemment comme lorsqu'on trouve l'équilibre sur une bicyclette.
Un mouvement permis par une foule d'interventions à la fois subies et désirées.
Nous n'avons pas pu choisir la matière, la vitesse, l'espace, l'attraction terrestre, toutes les lois physiques
et mécaniques qui permettent à la bicyclette de nous transporter d'un point à un autre.
Mais deux intelligences se coordonnent pourtant pour nous permettre de choisir notre chemin.
Encore un système à la fois binaire et paradoxal : celui du corps et de l'esprit.
Chacun est doté des mêmes systèmes de dualités qui pourraient paraître contradictoires.
Le corps comme l'esprit sont à la fois uniques et communs.

Pour les corps des êtres humains que nous sommes, en effet, ils sont à la fois tous pareils et tous différents.
Pour la part immatérielle de notre être, même chose. Toutes différentes. Toutes pareilles.
Les deux assertions sont vraies.

Le corps et l'esprit, de la même façon, sont chacun soumis, séparément comme ensemble,
aux duels entre déterminisme et détermination, conscient et inconscient, fini et infini.

 

Philippe LATGER / Avril 2024

Voir les commentaires