Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Aux cascades d'océans

Publié le

Des grelots, des percus, et la peau des tambourins, c'est de l'eau dans la rue,
ça revient comme un refrain, ça tourne et ça s'en va, et ça claque entre les mains,
aux pas lents de Samba, où serpentent les chemins, la nuit blanche au matin,
un défilé d'éléphants, se déhanche et s'éteint sur la danse des enfants
qui accourent, et qui jouent, au rythme des cabotins, qui entourent debout
l'art de leur pays latin. Les congas et le vent aux trombones qui barrissent,

les guiros scient devant, quand bidonnent en coulisses les timbales et les rires
du Brésil et des bongos, les cymbales et la cire d'une vierge du Congo.
La trompette qui expire, infidèle à Caracas, se trémousse et soupire aux hochets des maracas.
Les défenses, et les trompes se balancent en marchant, ça relance les pompes,
et ça danse à travers champs, au passage des reines, aux parades de géants.
Prenez-en de la graine aux cascades d'océans.

Sans les hauts.
Samba.
Sang et eau.
Salsa.

Diluviennes saucées
pour danser à la transe
jusqu'aux fleuves immenses
aux deltas exaucés.

 

Philippe LATGER / Février 2024

Voir les commentaires

Que les choses soient dites

Publié le

J'aurai du mal à rendre mon dernier souffle
ailleurs que dans tes bras.

 

Philippe LATGER / Février 2024

Voir les commentaires

Où est #JeSuisCharlie

Publié le

Certes, après André Glucksmann ou Jean Daniel, Robert Badinter nous quitte.
Edgar Morin ou Régis Debray passeront la main à leur tour...
mais les enfants, allez, faut y aller là, c'est à votre tour d'y aller, faut produire de la pensée !

L'enjeu de votre génération n'est pas de vous planquer derrière l'héritage de nos parents, ça y est,
vous êtes aux manettes - et pas celles des jeux vidéos - dans la vraie vie. On est dans le grand bain là.
On comprend dans la panique, que l'on puisse être tenté par la censure.
Histoire de protéger le capital sans trop se casser la tête.
Il est plus facile d'interdire la pensée des autres que de produire sa propre pensée.
Mais là, je pense à mes frères de gauche, ok, vos parents ont été souvent brillants et tous habiles,
mais ça n'est pas une rente, va falloir bosser un peu, sinon vous allez passer pour des héritiers.

Alors si en plus, pour couvrir votre paresse, vous ajoutez une image de censeurs
à votre réputation de bourgeois, ça va devenir difficile.
Faites-moi confiance, travaillez un peu et vous verrez, tout le monde ne sera pas d'accord avec vous,
mais au moins, vous serez légitimes.

 

Philippe LATGER / Février 2024

Voir les commentaires

Juge de l'application des peines

Publié le

On ouvre les yeux.
On est vivant.
Un jour de plus.
Avec sursis.

 

Philippe LATGER / Février 2024

Voir les commentaires

Brume, nuit, lanternes

Publié le

La nuit pose sa brume dans les lanternes.
Une cataracte sur les vitres. Pour errer sans corps dans la ville.
Le voyage immobile me porte dans la couche, à sa bouche,
trouver la respiration qui manque, celle à laquelle accorder la mienne,
pour trouver le sommeil.
Un chat peut-être. Et puis un autre. Pour réunir l'équipe au complet.

Au repos des guerriers. L'alcool aidant, ce fut dit. " C'était génial. "
Eh bien quoi ? Pourquoi c'était ? Pourquoi ça ne le serait plus ? Au nom de quoi ?
Je ne comprendrai jamais cette manie bien locale, de foutre en l'air ce qui fonctionne.
La brume pose la nuit dans les lanternes.
Aux accusations brandies comme prétextes, au procès du seul allié dévoué qui se puisse,
au-delà de l'injustice, de l'absurdité de la procédure, de la cruauté du réquisitoire,
le temps perdu est un gâchis, quand nous n'avons qu'une seule vie.
Pourquoi rêver d'autre chose, d'une autre vie, condamnerait la présence qui n'empêche rien ?
Si elle ne permet pas de réaliser les rêves, au moins a-t-elle le mérite de ne pas les entraver,
lorsqu'elle aurait plutôt tendance à les encourager...
Je ne comprends pas ce sabotage. Ni la lourdeur de la peine.
La nuit pose ses lanternes dans la brume.
Oui. C'était génial. Je confirme. Et il n'y avait absolument rien à perdre dans cette situation. Rien.

Sinon la raison aux crises de paranoïa et aux sentiments de persécution. Plus tristes qu'autre chose.
Le cœur vaillant ne le prend pas perso, prend son mal en patience, présente des excuses,
et se prend des torgnoles comme à chaque cadeau, comme à l'accoutumée, cherche l'apaisement,

disparaît au besoin, lorsque c'est au regard de quelques entourages que l'histoire est gênante,
et que c'est à ces entourages, sans doute plus précieux, qu'il valait mieux sacrifier ce qui était génial.
Les lanternes posent la brume dans la nuit.
Et toujours cette image. On a voulu jeter le bébé avec l'eau du bain. Sauf que le bébé n'en est pas un.
Il ne passe pas dans la bonde de la baignoire. C'est plus costaud que ça. Parce que ça a fait ses preuves.
Il a bien des défauts, le bébé qui n'en est pas un, mais nous attendrons, peut-être,
nous attendrons les tours de piste et les études comparatives pour trancher.

Tout se pose dans la brume, la nuit et ses lanternes. 
Et faute des deux respirations aimées accompagnant la sienne pour arriver au sommeil,
il y arrive quand même, dans le baume de deux mots, tout simples, lumineux, et doux comme la justice :
C'était génial.

 

Philippe LATGER / Février 2024

Voir les commentaires

Pour qui Rossinante ?

Publié le

Le progrès moral, et sa victoire, n'était pas que Sancho Panza
puisse monter à cheval et devenir Don Quichotte à la place de Don Quichotte.
Le progrès moral, et sa victoire, étaient ceux de l'amour,
quand Don Quichotte trouva son accomplissement et son bonheur
en descendant de cheval pour devenir Sancho Panza.
Il n'en était pas moins un chevalier,
il n'en était pas moins Don Quichotte.

 

Philippe LATGER / Février 2024

Voir les commentaires

Les chemins de Thomas

Publié le

Si la foi déplace les montagnes, Thomas déplaçait la sienne car il en était une,
sur les routes où il allait à pied, en bon dominicain, pour incarner physiquement la source du chemin.
Car le chemin est la clé. Ce mouvement qui nous conduit d'un point à un autre. d'une rencontre à une autre.
Thomas d'Aquin dans sa marche spirituelle installe deux continuités parallèles qui consolident l'Occident,
la continuité intellectuelle entre l'Antiquité et son époque, les lumières d'Aristote et celles de son temps,

la continuité entre la Raison et la Foi, quand c'est à ce qui est que Thomas trouve l'espérance et la joie.
Deux parallèles ont le sait peuvent être confondues, et c'est la ligne droite, aux énergies décuplées.
C'est à l'étude des mystères de la Création que les Dominicains approchent les mystères du Créateur.
Et l'adoration de ce dernier passe par l'étude de la première. De ce qui nous est donné de voir et de vivre.
Les sciences ne sont pas opposées à la foi. Savoir n'est pas l'adversaire de croire. C'est une continuité.
A l'image de celle entre le passé et le présent, dans ce flot où les héritages apportent leurs intelligences,
leurs éclairages sur les mystères de ce qui est, puisqu'une chronologie est dans le temps, 

ce que le chemin est dans l'espace, c'est un mouvement des âmes qui convergent pour se confondre,
dans ce fleuve où la Connaissance et le Savoir abreuvent la soif, l'émerveillement et la gratitude,
quand le chemin est physiquement à la fois commencement et achèvement sans cesse renouvelés,
forces distribuées et clé de voûte, le point de contact et un point de départ.

 

Philippe LATGER / Février 2024

Voir les commentaires

Madame

Publié le

Tu peux attacher tes cheveux en chignon pour dégager ta nuque,
mettre tes boucles d'oreilles en diamants, et toute la parure offerte par cet admirateur,
Prince russe ou Maharaja, dont le collier audacieux qui illumine ton décolleté ravageur,
ramasser la traîne de ta robe en t'excusant presque d'être parfaitement sublime,
avancer dans la lumière en relevant la tête, au sommet d'un cou interminable de déesse,
et fermer les yeux lorsque,
croisant tes bras et tes poings sur ta poitrine comme si tu avais froid,
enveloppée dans l'étole qui couvre tes épaules, tu te figes pour basculer la tête en arrière,
comme au poids de ton chignon, le menton tiré vers le ciel, comme offerte à ton public,
et laisser ton visage hautain exprimer soudain un sourire frémissant d'un plaisir un peu coupable,
comme au salut d'une légende du Bolchoï indifférente autant que possible à tout ce qui ne vient pas d'elle,
battre des cils, ivre de toi-même, dans cette robe fin Cinquante que tu aurais pu piquer à Audrey Hepburn,
pour me signifier qu'il me faut te porter ta fourrure, tu n'en restes pas moins un sanglier.
Un sanglier en escarpins, mais un sanglier tout de même. Avec ta barbe et tes yeux faits.

 

Philippe LATGER / Février 2024

Voir les commentaires

Equilatéral

Publié le

J'ai mitraillé l'ennui à l'arme lourde, aux pluies de rage et de whisky,
j'ai enflammé les nuits, aveugles et sourdes, en attisant mes incendies,
à rafler les amants, les amours, et les hommes que je n'ai jamais gardés,
à forcer les aimants, en croquant dans les pommes, les visages fardés,
dont j'arrachais les masques pour leur prendre la bouche et mieux les repousser.
J'ai cherché un chemin dans ces milliers de mains qui m'ont déshabillé,

qui ont fouillé ma chair, sans pouvoir me retenir ni m'attacher nulle part,
quand dans cette orgie et l'orage sans fin, je faisais autant de mal que de bien,
en arrachant des cœurs, en humiliant des âmes, au milieu des balles perdues.
Ma jeunesse insolente était impitoyable, ivre de son pouvoir, bien injuste et cruelle.
Lorsqu'elle dissimulait dans ses flots de luxure, d'alcool et de délires, de forces isocèles,
l'inavouable souhait d'être heureux et en paix, de tomber amoureux, pour en rire et mourir.
Le monde de la nuit n'aime pas la faiblesse, il faut y être féroce, et je l'étais assez,
pour y faire ma place, aux appétits précoces, au besoin d'exister comme à celui de n'être,
à celui d'être vu, celui d'être invisible, au besoin de briller comme de disparaître,
quand la fuite en avant dans un tunnel furieux m'a jeté loin devant sur une île déserte.

 

Ouf.
C'en était fini.
De la nuit et de ses conneries.

Enfin la vie, la vraie vie, pouvait commencer.
Ouf.
Par terre. Quelque part. J'ai relevé la tête.

Un ange m'a souri. Conduit jusque chez moi.
C'était mieux que la fête.
Ouf.
Je suis toujours en vie.
Je vais tout réapprendre.
Accepter d'être aimé, accepter d'accepter.
A s'inquiéter de l'autre. Aimer le découvrir.

Au risque de s'attacher.
A celui d'aimer ça.
J'ai agrandi l'espace
de mon seul petit moi.
J'ai agrandi l'espace
qui dormait sous mes toits.
Jusqu'à les démonter,
pour agrandir encore,
plein du ciel et de toi,
pour nous faire de la place,

j'ai agrandi le bonheur pour qu'il soit
infini et complet,
ou équilatéral.

 

Philippe LATGER / Février 2024

Voir les commentaires

Des dizaines de cintres

Publié le

Des dizaines de cintres.
Pour une opération coup de poing.
Des dizaines de cintres et un portant.
Et l'exercice consista à ouvrir des chemises et à les pendre.
Une composition de couleurs et d'imprimés pouvait s'improviser.
Une campagne de normalisation. Pour rejoindre le monde des gens rangés.

Dans le dressing aux allures de débarras, il fallait remettre de l'ordre.
Sous une haute et puissante étagère, pouvait venir se ranger ce mouvement révolutionnaire,
le portant à roulettes sur lequel étaient suspendues des dizaines de chemises sur leurs dizaines de cintres.
Pour qui ne savait pas comment s'habiller avant d'aller dans un dîner ou une fête, il suffisait d'entrer
et de choisir, entre les rouges, les oranges, les verts ou les moutardes, en glissant une main distraite
sur l'alignement de textile, jusqu'à être interpelé par une teinte ou un motif.
C'était un gain de temps, de ceux que l'on obtient aux petits efforts d'organisation.
C'était bon pour le tissu qui se défroissait et pouvait respirer. Tout le monde fut satisfait.
Jusqu'au jour où, sous le poids de vêtements venu s'ajouter au rangement initial,
à la gestion anarchique du dispositif, le portant finit par céder, et tout se retrouva fichu par terre.
Retour à la case départ. L'organisation première en était une. Avec ses règles de la pesanteur.
Quand le désordre des uns peut être l'ordre des autres. L'expérience fut faite. Dont acte.
Une tentative qui méritait d'être proposée. Au moins pour le moment agréable de l'entreprise.

Comme dans la création artistique, on essaye des choses. On tente de nouvelles pistes.
On regarde si ça prend. Mais contraindre la nature a ses limites. 
Je n'ai pas l'âme des dresseurs de fauves.

Les dizaines de cintres ne seraient pas perdues.
Seraient peut-être détournées de leur fonction première pour en faire tout autre chose.
Qui serait inattendu, amusant et réjouissant. Puisque rien ne sert à rien.
Surtout à la compréhension de l'artiste, qui doit décomposer pour recomposer sans cesse,
et ne peut ordonner qu'à partir d'un désordre, qui est la condition de sa propre condition.

 

Philippe LATGER / Février 2024

Voir les commentaires