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Ainsi de suite

Publié le

J'ai déjà suivie, cette lumière au bout du tunnel. Dont tout le monde parle.
Elle était merveilleusement attirante, éblouissante, et je l'ai suivie en confiance.
A ce moment où je suis venu au monde. A ce moment où je suis né.
J'existais déjà, avais déjà une existence propre dans le ventre de ma mère.
A l'abri. En sécurité. Et cette existence devait prendre fin.
Et je pensais mourir au moment où je suis né.

 

Philippe LATGER / Janvier 2026

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Centrifugation

Publié le

Prostré, il se répétait cette question, qui devint obsédante, monstrueuse,
qui se répandit en lui comme l'univers en formation au chaos du Big Bang.
A quoi ça sert tout ça ? ...
A quoi ça sert tout ça ? ...
A quoi ça sert tout ça ? ...
La tête dans les mains. Au milieu de toute sa vie qui défilait.
Au milieu de toutes les vies qui défilaient.
Celles des morts et des vivants.
A quoi ça sert tout ça ?
Et tout tournait autour de lui. De plus en plus vite.
Dans une centrifugeuse. Maléfique. Bénéfique. Malveillante. Bienveillante.
Les bonnes pensées. Les mauvaises pensées. Les bonnes actions. Les mauvaises actions.
Les joies et les colères. Les bonheurs et les drames.


A quoi ça sert tout ça ?
A quoi ça sert tout ça ?
A quoi ça sert tout ça ?
A quoi ça sert tout ça ?
A quoi ça sert tout ça ?
Il perdit l'équilibre. Il sortit de son corps.
Il oublia son corps. Il se perdit lui-même.


A quoi ça sert tout ça ?
A quoi ça sert tout ça ?
A quoi ça sert tout ça ?
A quoi ça sert tout ça ?
A quoi ça sert tout ça ?
A quoi ça sert tout ça ?
A quoi ça sert tout ça ? 
A quoi ça sert tout ça ?
A quoi ça sert tout ça ?
A quoi ça sert tout ça ?
A quoi ça sert tout ça ? 
A quoi ça sert tout ça ?

 

Philippe LATGER / Janvier 2026

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Je fais l'amour à mon lit

Publié le

J'étais remonté des profondeurs, et les lumières scintillaient à la surface
comme pour m'indiquer la sortie.
Le sommeil desserrait son étreinte et me laissait revenir à moi.
Il n'y a rien au monde que j'aime davantage que la grasse matinée.
Entortillé dans les draps, le corps me remercie de lui accorder ce sursis paradisiaque. 
Le nez dans l'oreiller, je respire l'intime, les souvenirs d'enfance, ceux de mes nuits d'amour,
où la volupté du réveil fut partagée si souvent avec ceux que je voulais aimer.
Je contractais par jeu les muscles de mes jambes, cuisses et mollets, dans un étirement paresseux,
avant de me retourner dans le désordre du lit, avec ce plaisir merveilleux de n'avoir rien à faire.
Pas de réunions. Pas de rendez-vous. Pas d'obligations. Aucune contrainte. La liberté absolue.
Je pouvais rester au lit sans avoir mauvaise conscience. Aucune urgence à sortir de la chambre.
Le premier café pouvait attendre. La douche pouvait attendre. On ne m'attendait nulle part.
Et ce sentiment confus de disparition, au lieu de m'inquiéter, me remplissait de bonheur.
Quel bonheur de disparaître. Quel bonheur d'échapper au monde. Tout à moi. Rien qu'à moi.
Des restes de rêves derrière les paupières, je me rendormais, me réveillais à nouveau,
gentiment, ne sachant plus trop où j'étais, où ce matin prenait place exactement,
si j'étais à Perpignan, à Toulouse, à Barcelone, Paris ou Montréal, dans quelle chambre était-ce ?
Chez mes parents à Bompas un dimanche matin ? Où je pouvais percevoir l'odeur du pain grillé ?
A Castelldefels, dans la pinède en plein été ? Au château de Caladroy, en plein confinement ?
C'était comme si toutes mes grasses matinées se mêlaient à celle-ci, les plus heureuses,
les plus tendres, amoureuses, libidineuses, érotiques, les plus solaires, les plus chastes,
à l'abri du monde, à l'abri de tout, avec en prime, une victoire incontestable sur le temps.
Le nez dans le traversin, je ronronne. Le temps n'a aucune prise sur moi. Je suis libre.
Personne ne va m'appeler. Aucune notification sur le téléphone. Aucun message WhatsApp.
On me fout une paix royale. Et je remercie Dieu d'être vivant. Je le remercie pour tout.
Ce bonheur de l'enfance. En Espagne et en France. Le bonheur du jeune homme.
Celui qu'il me permet de vivre à l'âge que j'ai. Merci pour la Méditerranée. Pour l'été.
La lumière catalane. Et les neiges du Québec. Et la pluie parisienne. Et les rues de New York.
Merci pour tous les hommes que j'ai aimés. Pour ceux que j'aime encore.
Pour ce corps qui est toujours sensible. Mes cuisses. Et mes mollets. Mes articulations.
Je travaille mes chevilles. Les doigts de pied. Je fais l'inventaire. Je fais l'appel.
Pectoral gauche ? Présent ! Pectoral droit ? Présent ! Abdominaux ? Présents !
Mon corps ronronne dans le baume de mille nuits d'amour, de mille matins amoureux,
de baisers, de regards, de caresses, dont ma peau garde l'empreinte avec mille mercis.
Mes couilles ? Présentes ! Mon sexe est présent. Et avec lui le plaisir qu'il me procure.
Et je remercie Dieu de nous avoir donné un sexe, de nous avoir donné le sexe.
De nous avoir donné le plaisir. Qui ne s'acquiert pas qu'avec le corps.
Mon esprit flotte. Mon âme hésite entre l'envie de rester dans un rêve agréable,
et celle d'ouvrir les yeux pour savourer ma chance. Celle d'être vivant.
Mes jambes s'entortillent lascivement au cadavre de la couette, je fais l'amour à mon lit.
J'embrasse le coussin que je retiens captif dans mon bras. C'était lui. Ce sera toi.
C'était toi. Ce sera lui. Quand le passé et l'avenir se confondent. Entre deux eaux.
Les souvenirs et les souhaits. La mémoire et l'espérance. Tout se mélange dans les draps.
Barcelone et Paris. Caladroy et Bompas. La chambre du château. Et les chambres d'hôtel.
Je remercie le bonheur d'exister. Je remercie Dieu d'exister. Et l'univers. Et ce bas-monde.
Délicieux.

Le paradis existe. Le paradis terrestre. Il est là. Dans mon lit. Hors du temps.
Il n'y a rien au monde que j'aime davantage que la grasse matinée.

 

Philippe LATGER / Janvier 2026

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Ce verre d'eau

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Elle s'est précipitée massivement dans le verre jusqu'à la fermeture du robinet.
Contenant et contenu, transparent l'un et l'autre, furent conduits, ensemble, jusqu'aux lèvres.
Déterminée, la main se leva pour changer l'axe, et laisser la gravité faire son œuvre.
Cette matière liquide put franchement dévaler la paroi du verre pour se déverser dans la bouche.
Et toutes les chairs internes, du palais, de la langue, de l'œsophage, étaient toutes euphoriques,
à la caresse bienfaitrice de cette effusion festive, prise dans son toboggan, qui se répandait joyeusement
dans ce corps qui l'accueillait comme une armée libératrice.
Cette rasade put explorer des recoins intérieurs insoupçonnés qu'elle révélait au propriétaire émerveillé
qui en ignorait totalement l'existence, surpris à cette sensation idiote, ou naïvement adolescente,
de pouvoir encore découvrir son propre corps.
Il avait bu les meilleurs vins, des jus de fruits, des cocktails improbables jusqu'à l'ivresse,
des litres de whisky, et mille autres boissons des plus sophistiquées, et pourtant, ce verre d'eau...
Fut savouré comme s'il pouvait être le dernier plaisir terrestre. Le plus absolu. Le plus définitif.
Je peux mourir maintenant ... se dit-il.
Que valent l'amour, le sexe, l'amitié, le succès ... comparés à ce simple verre d'eau.
Etancher la soif. N'est-ce pas le plus grand orgasme permis au monde des vivants ?
Il regarda le robinet. Fébrile, il présenta à nouveau le verre vide au-dessus de l'évier de la main gauche.
Ouvrit le robinet de la main droite. Le verre plein, il le hissa avec déférence au niveau de ses yeux.
Son thorax était encore en fête, son poitrail offert à cette fraîcheur retrouvée, régénératrice.
Sans culpabilité aucune, il vida entièrement ce nouveau verre d'eau dans son organisme.
L'eau trouvait son chemin. Faisait du bien sur son chemin. Le corps disait merci.
Et l'homme, étourdi, comprit qu'il n'était pas mort.

 

Philippe LATGER / Janvier 2026

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Perpignan, 100 ans d'Art Déco

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Perpignan, 100 ans d'Art Déco

Textes et photos : Philippe Latger

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Interview sur Radio Aviva

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Perpignan Art Déco dans le mag " Perpignan ça bouge "

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Perpignan Art Déco sur France 3 Pays catalan

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Diffusion sur France 3 Pays Catalan en 3 épisodes les 24, 25 et 26 novembre 2025
à l'occasion de la Quinzaine Art Déco de Perpignan
organisée dans le cadre du centenaire de l'Expo des Arts Décoratifs de Paris de 1925.

Perpignan Art Déco sur France 3 Pays catalan

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Perpignan 100 ans d'Art Déco

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Pouce, on ne joue plus

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La rangée d'abdos se contracte pour rugir.
La mâchoire s'ouvre. A 180 degrés. Pour expulser le cri.
Et c'est un ouragan qui décoiffe le monde.
La colère des dieux.
Insulter la bêtise.
Et ces hommes incultes
qui ne croient plus en eux.

 

Philippe LATGER / Décembre 2025

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