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Mon vinaigre

Publié le

La rage et les jouissances,
l'orage et l'impuissance,
la couleuvre et le lièvre,
le plaisir et la fièvre,
je boxe le piano pour qu'il nous désintègre.
La douceur, la violence,
la tempête et l'urgence,
le tragique et le mièvre,
l'eau de vie, le genièvre,
je torée mon cercueil pour faire mon vinaigre.

 

Philippe LATGER / Août 2025

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Père et mère

Publié le

Je  n'ai pas fait la guerre,
mais j'ai comme butin
tout l'amour de la terre
aux brumes du matin,

les sourires étranges
qui font ma forteresse,
l'armure faite d'anges
qui forgent le destin.

L'exil est sous mes pas,
de pierres et de vents,
d'heureux vers triomphants.

Je porte la lumière
de ceux que j'ai aimés,
les amours mortes,
les places fortes,
celle où je reviendrai.

J'ai quitté père et mère
qui m'ont lâché la main,
abandonné mes frères
aux meilleurs lendemains.

J'ai fait le tour du monde
qui a tenu ses promesses,
suivant la voix féconde
qui était mon chemin.

A des années de là,
je repense souvent
à mes rêves d'enfant.

Exaucées les prières,
je n'ai rien oublié
ni de ma mère,
ni de ma terre
où elle est enterrée.

 

Philippe LATGER / Août 2025

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Quartier Saint-Jacques à Perpignan

Publié le

La gentrification déplace les problèmes
mais elle ne les résoud pas.

 

Philippe LATGER / Août 2025

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Vouloir la suite

Publié le

Il suffisait d'ouvrir mon imagination comme on ouvre de force les portes d'un ascenseur,
une porte automatique qui résiste mais qui ne demande qu'à être forcée.
Et soudain, l'horizon s'ouvre avec ma poitrine. Et je retrouve tout de mon être.
Tous les possibles d'hier, tous les possibles de demain. De ce que j'ai osé. De ce que je fantasme.
J'ai formulé en silence bien des souhaits qui ont bien fini par se réaliser.
Puisque pour qu'une chose arrive, il faut l'avoir voulue.
Ne rien rêver est un danger pour soi. Qui ne souhaite rien subit ce qu'il advient.
Il ne s'agit pas d'espérer mais de vouloir. Et déjà, les ondes réagissent. Il y a un mouvement.
Tout était sous mes yeux, devant moi. Il suffisait d'ouvrir les portes. A la force de mes doigts.
Que je plante dans les touches d'un clavier qui me permet d'écrire.
Qui je suis. Et. Précisément. Ce qu'il va m'arriver.

 

Philippe LATGER / Août 2025

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Turin la tuerie

Publié le

Je te suis.
Je t'ai dans la peau.
Je me suis
Jeté dans le Pô.

 

Philippe LATGER / Juillet 2025

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La petite main

Publié le

Ce qui se passait dans la pièce n'était pas désagréable.
C'était même plutôt agréable. Très agréable. Certainement érotique.
Et je crois que la pièce était le living de la maison de la plage à Ste-Marie.
Puisque la pièce voisine était la cuisine de la maison de la plage à Ste-Marie.
Ce couloir étroit, dont je reconnaissais les portes de placard en accordéon.
Si j'en crois les ombres que j'ai furtivement aperçues, il y avait du monde dans la pièce.
Et je me suis laissé entraîné sans doute, pensant que nous resterions dans un même climat
de plaisirs charnels et d'expériences multiples, à plusieurs, puisque nous en étions là.
Des corps semblaient enlacés dans le noir et je voulus allumer la lumière pour voir.
Je savais l'interrupteur près de la porte, mais la lumière ne parvenait pas à s'allumer.
Un éclair de lumière. Un flash. Trop rapide. Quand cela a grillé comme un vieux néon.
Me laissant dans le noir, en compagnie de choses que je ne pouvais pas identifier.
Une main s'est agitée dans mon cou. Derrière moi. Une petite main. Dans ma nuque.
Qui ne cherchait pas à me chatouiller mais à m'agripper. Et je sentis que ça n'était pas bon.
Comprenant sans la voir qu'il n'y avait qu'une main, sans bras et sans corps pour la brandir.
Une petite main, hargneuse, noueuse, griffue, qui ne voulait pas me caresser mais me faire du mal.
Elle était quelque part entre mes épaules, et j'ai dû la chercher dans mon dos pour l'attraper.
La sentant capable de me transpercer le cou, de chercher à se loger dans ma tête, je devais faire vite.
Elle n'était pas amicale. Et je devais la sortir de là, comme on fait d'un insecte dangereux.
Sans savoir ce qu'il advenait des silhouettes prétendument lascives autour de moi,
je me suis contorsionné pour saisir enfin cette petite main menaçante que j'ai ramenée devant moi.
Elle ne se laissait pas faire, s'agitait, virulente, toujours avec ce désir de me sauter au visage.
Toujours avec cette volonté obsessionnelle de me rentrer dans la gueule, dans mon crâne.
Mes deux mains sur elle la maintenaient à bout de bras, le plus loin possible de ma tête.
Elle se débattait, furieuse, mais je tenais bon, avec l'idée de la déchirer.
Une main de part et d'autre, il m'aurait suffi de tirer de toutes mes forces pour l'écarteler.
Quand il fallait que ça s'arrête. Il aurait suffi de cela, mais quelque chose me retint de le faire.
Parce que je savais que j'étais en train de rêver, que j'étais en train de faire un cauchemar,
et parce que je n'étais pas persuadé que cette main était à quelqu'un d'autre que moi.
Quelque chose me disait que je pouvais commettre une erreur irréparable à déchiqueter cette main.
Au lieu de régler le problème, cette réaction tentante, pouvait aussi bien m'être funeste.
Et dans cette situation, et dans l'urgence de celle-ci, il ne me restait qu'une chose à faire.
Me réveiller. Au plus vite. Maintenant. Ce qu'il me fallait parvenir à faire par la seule force de l'esprit.
Sur le champ. Il était clair que je ne pouvais pas revenir en arrière, ni maîtriser le scénario.
C'était trop tard. Il fallait que je sorte de là. Ce que j'ai fait.
Pour pouvoir écrire tout cela avec la chair de poule.

 

Philippe LATGER / Juillet 2025

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Je suis pendant

Publié le

L'âge s'allonge plus vite que moi.
Il court dans sa direction sans mon consentement.
Je le regarde amusé, sans être certain de devoir le suivre.
Il fait sa vie en somme.
Je fais ma vie en rêve.
Et je me moque de ses motivations.
Je fais semblant de l'accompagner quand je me désolidarise.
Quand je suis ailleurs. Avec d'autres que moi. Et en d'autres que moi.
Il faut bien parfois, rassurer l'entourage, et faire mine de s'y résoudre,
de s'en accommoder, pour n'inquiéter personne, nous faisons tous semblant.
Mais c'est la liberté qui inquiète. Celle de s'émanciper de ce que l'on est.
De qui l'on est. Ou de qui l'on est censé être.
Le temps s'allonge et je couche avec lui. Mais je le quitte à l'aube.
Sur la pointe des pieds. Pendant qu'il dort encore.
Comme vous tous, je compose.
Mais cette liberté qui vous inquiète, c'est celle qui me tient.
Sous les radars. Et hors d'atteinte.
Pour moi, c'est magnifique.
Tout ce qui s'est passé hier existe encore.
Tout ce qui se passera demain existe déjà.
Et je suis plein de tout. Plein de toi. Plein de moi.
Nous d'avant et nous d'après. Je suis pendant. Eternellement.
Et l'âge peut courir, et perdre haleine, je ne bouge pas. Amusé.
J'attends qu'il s'épuise pour le consoler. Et l'envoyer jouer plus loin.
Pendant ce temps.
J'ai cette liberté.
Je vous aime.

 

Philippe LATGER / Juillet 2025

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Si l'on pense justice

Publié le

L'arbre des questions sociétales ne cachera jamais la forêt des urgences sociales.

 

Philippe LATGER / Juillet 2025

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L'Orient éternel

Publié le

Je suis bien triste ce soir, mon amour.
Mais la tramontane me caresse.
Elle me traverse.
Elle me traverse avec toi.
Tu me traverses avec elle.
Elle m'emporte avec vous.
Vers le Grand large, loin, si loin,
vers l'Orient
où tu le sais le soleil se lève,
encore et toujours, chaque jour,
et j'ai hâte de te voir demain,
à l'aurore, te lever avec lui,
pour m'éblouir encore
mon amour,
chaque jour, sur la mer,
où tout renaît toujours,
avec plus de beauté,
de force et d'espérance.
Je suis passé à côté de nous.
Et ce soir, tu me traverses.
Et je pars avec toi.
Et tu restes avec moi.
Et je suis à genoux.
Mais plus grand qu'autrefois.
Jusqu'à ce que mon cœur lâche,
je ne te lâcherai pas.

 

Philippe LATGER / Juillet 2025

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Stop and go

Publié le

Je me suis toujours jeté dans mes histoires d'amour
comme un oiseau contre une vitre.
Mais je me relève toujours.
Et je recommence.
Mais une fenêtre plus loin.
Une maison plus loin.
Une rue plus loin.
Une ville plus loin.
Et c'est ainsi que j'avance.

Conclusion.
J'ai la tête solide.
Le coeur bien accroché.

Je recommencerai.

 

Philippe LATGER / Juin 2025

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