" Allez, allez, on se dépêche s'il vous plaît, on va être en retard. "
Juliette essaie de mobiliser les troupes en débarrassant la table de la cuisine.
Bernard avait disparu au garage. Anne-Sophie et Paul venaient de petit-déjeuner.
" Monte t'habiller ma chérie, je viendrai te brosser les cheveux.
Paul, est-ce que tu peux en profiter pour réveiller ton frère ? "
Juliette rinçait les bols dans l'évier avant de les enfourner dans le lave-vaisselle.
"Que fiche Bernard ? songeait-elle. C'est dingue ça. Comme il traîne la patte chaque fois. "
Elle se doutait que Paul, du haut de ses douze ans, n'obtiendrait rien tout seul de son frère.
" Christophe ! S'il te plaît, il va être midi ! On se lève, on s'habille !
Tu n'auras pas le temps d'un café et d'une douche ! " cria-t-elle dans la maison.
Elle rangea le beurre et le lait concentré sucré dans le frigo. La confiture.
Laissa le sucre, une tasse, une cuillère sur la table, et le café. Pour Christophe. Au cas où.
Passa un coup d'éponge. S'essuya les mains dans un torchon. Et fila à l'étage.
Paul bredouille n'osa pas la regarder dans les yeux. " Il veut qu'on lui foute la paix...
- Merci mon chéri, va finir de te préparer. On va réussir à être encore en retard. "
Elle entra d'un pas impérieux dans la chambre qui sentait le fauve, alluma la lumière,
ignora les gémissements de son grand fils, ouvrit les rideaux, les fenêtres, les volets,
en faisant délibérément le plus de bruit possible.
" Nous déjeunons en famille aux Camélias, tu te souviens ?...
Grand-mère a réservé le petit salon jaune pour 13h, elle nous attend.
Alors, tu te lèves, tu passes sous la douche, et tu ne discutes pas. "
Le jeune homme grogna, se retourna dans son lit, se flanqua un oreiller sur la tête.
" Oh, putain c'est pas vrai. L'horreur... Pas les Camélias, non... Je vais mourir.
- Tu ne dis pas putain s'il te plaît. Tu n'es plus avec tes potes, là. Fais un effort.
Bon sang, Christophe, tu sens encore l'alcool. A quelle heure es-tu rentré ?...
- Passez devant avec la Scénic, je vous rejoins avec ta voiture.
- Non non, je ne te prête pas la Clio. Tu viens avec nous. On y va tous ensemble. "
Elle lui arracha le drap qu'il avait rabattu sur sa figure et sortit de la chambre aussitôt.
" Je m'occupe de ta sœur, quand j'ai fini, tu auras bu ton café et tu prendras la salle de bains. "
Christophe, furieux, souffla et tapa des deux poings sur le matelas.
" Maman, on est obligé d'y aller ?... "
Anne-Sophie se tenait assise sur un tabouret, bien droite, devant le miroir.
Juliette brossait ses longs cheveux clairs en levant les yeux à cette question routinière.
" Allons, c'est pas le bagne non plus. On va juste passer un moment avec ta grand-mère.
- Mais on s'y ennuie. Y'a rien à y faire. Et les gens me font peur là-bas...
- Ne t'inquiète pas, on ne déjeunera pas au réfectoire avec tout le monde.
Grand-mère Alice a réservé le petit salon jaune. On sera entre nous. "
Elle vit dans le miroir que sa fille ne semblait pas convaincue. Elle hésita à continuer.
" Tu sais, moi-même, je préfèrerais faire autre chose, aller pique-niquer quelque part,
où rester tranquillement à la maison avec vous... mais c'est bien de faire plaisir à Alice.
Tu sais, la pauvre, elle est toute seule, et elle est toujours contente de vous voir,
d'avoir un peu de compagnie et de distraction, voir comment vous grandissez tous les trois. "
Juliette tendit l'oreille. Entendit du boucan encourageant dans la cuisine.
Christophe avait dû se lever et se débattait avec la cafetière. On avançait.
Un bruit aigu de verre brisé. Suivi d'un " Putain de bordel... de merde ! "
Au lieu de bondir et de demander ce qu'il se passait au juste, Juliette se contenta de sourire.
Elle fit une bise sur le sommet du crâne de sa fille. " C'est bon, tu peux y aller. Tu es parfaite. "
Anne-Sophie et Paul, fin prêts, étaient sagement assis dans le canapé du salon, visages fermés,
alignés comme dans les couloirs de la mort, ce grand garçon de Christophe avait finalement
trouvé le chemin de la douche, et ne manquait plus que Bernard, toujours invisible.
" On n'est pas aidé... " souffla Juliette en mettant les chocolats pour Alice bien en vue.
Paul s'empara d'un smart-phone pour jouer, comprenant qu'ils n'étaient pas encore partis.
" Oui, bonne idée, jouez maintenant, évitez de le faire tout à l'heure pendant le repas. "
Juliette descendit au garage pour voir ce que fabriquait leur père en hurlant :
" Bernard, il est midi passé ! Qu'est-ce que tu fais ? On t'attend ! "
Dans les escaliers, elle fulminait. " Il me fait le coup chaque fois " se disait-elle en colère.
Elle le trouva en train de bricoler. " Je ne te dérange pas ? Tu n'as pas sorti la voiture ?... "
Bernard leva le nez, le regard dans le vide. " C'est bon Juliette... On a le temps.
- Il va y avoir du monde sur la route. C'est la fête des mères.
Et je te rappelle que c'est chez la tienne qu'on va passer l'après-midi.
Tu n'as pas l'intention de t'habiller un peu mieux que ça ?...
- Quoi ? Il est très bien ce tee-shirt, non ?... Ma mère s'en fout de toute façon.
- Donne-moi les clés de la Scénic. Je sors la voiture. Les gosses sont prêts.
- Christophe est rentré cette nuit ?...
- Ton fils est sous la douche. Il vient avec nous. Va te changer !... "
Bernard tendit les clés à Juliette en soufflant, et remonta dans la maison sans enthousiasme.
" Hey, s'il te plaît, fais un effort, dit-elle avant de se mettre au volant du véhicule,
je ne suis pas plus ravie que toi d'aller perdre ma journée aux Camélias chez ta mère.
Alors, on se serre les coudes, et on attend que ça passe, sans mauvaise volonté. Merci ! "
Elle claqua la portière. Et prit un instant pour respirer profondément.
" Boooouh... c'est pas facile tous les jours... " fit-elle avant de passer une main sur son visage.
" M'en passerais aussi de cette journée à la con dans le mouroir de la fée Carabosse. Putain... "
Elle se regarda dans le rétroviseur intérieur. Inspecta ses sourcils. Son rouge à lèvres.
Comme profitant d'un moment toute seule dans l'habitacle de la voiture.
Elle prit finalement le bip pour ouvrir la porte du garage et se cala dans le siège.
" Allez, courage... "
La voiture, étincelante au soleil, fit crisser le gravier dans l'allée de la résidence.
Trouva une place à l'ombre d'un pin où elle put stationner.
La petite équipe endimanchée avait tous les attributs de la famille idéale.
" Bernard, tu prends les fleurs s'il te plaît, c'est toi qui les lui donneras... "
fit Juliette en coupant le contact. C'est elle qui avait pris le volant.
Sentant que son mari finirait de la rendre dingue en n'y mettant aucune énergie.
Elle était la seule d'ailleurs à charrier le poids mort d'un gros matelas mou et informe
- qui n'avait cessé de se plaindre pendant tout le voyage - que faisaient le fils d'Alice
et ses trois enfants réunis, et qui donnaient l'impression d'être conduits à l'échafaud.
Pressée d'en finir elle-même, Juliette devait s'improviser cheftaine,
propagatrice de valeurs vaguement chrétiennes, de compassion et de partage.
" Allez, allez, ce n'est pas comme si c'était tous les week-ends non plus... "
Elle arrangea le bandeau dans les cheveux d'Anne-Sophie qui se laissait faire.
La petite famille démoralisée avait entouré la patronne à l'ombre du pin, près de la voiture,
qui dût les booster avec la niaque d'un entraîneur sportif dans les vestiaires.
" Ce n'est pas quatre personnes âgées qui vont nous déstabiliser, oui ou non ?...
- Pouah, ça pue le pipi dans ce bordel, ça sent la merde et la mort... fit Christophe.
Vous sentez ? J'ai l'impression que ça sent d'ici.
- Et toi, tu pues le whisky. Un point partout la balle au centre, reprit Juliette.
Allez, haut les cœurs ! Nous faisons notre B.A., d'accord, mais nous serons fiers de nous.
Pensez que pour votre grand-mère c'est un jour important. Nous lui faisons plaisir. OK ? "
Ils se mirent en ordre de marche, Bernard trois pas derrière, accompagnés par les cris étranges
de paons qui faisaient la roue dans un enclos du parc, où se dressait la vilaine bâtisse.
" Et on sourit s'il vous plaît. On est content d'être là. On prend sur soi. "
Ils progressèrent vers l'entrée. Mais la colonne s'arrêta net quand Juliette songea soudain.
" Merde, on a oublié les chocolats dans la voiture. "
Ils traversèrent le hall où ils saluèrent sobrement la directrice avant de monter dans les étages.
Ils connaissaient le chemin. Alice était en compagnie d'une amie dans sa chambre.
" Eh bien, a dit Lucette, il y en a qui ont de la chance d'avoir une si jolie petite famille.
- Restez déjeuner avec nous Lucette, proposa Alice aussitôt, ce sera formidable,
vous n'allez pas rester seule un jour de fête des mères. On peut ajouter un couvert... "
Elle se tourna vers Bernard comme pour chercher son approbation. Il regarda ailleurs.
" Non, non, c'est gentil, Alice. Je vais vous laisser en famille voyons, c'est naturel.
Ces beaux enfants n'auraient que faire de la conversation de la vieille bique que je suis,
et vous avez certainement beaucoup de choses à vous dire. Nous nous verrons plus tard.
- Comme vous voulez Lucette. Je n'insiste pas pour ne pas vous embarrasser.
- Voyons-nous au foyer en fin d'après-midi, quand vous aurez fini.
- C'est entendu Lucette. Et nous dînerons ensemble si le cœur vous en dit. "
La vieille dame sortit en serrant la main de toute l'équipe avec un sourire-grimace atroce.
" Mes petits, comme je suis heureuse de vous voir, fit grand-mère quand ils furent enfin seuls.
Anne-Sophie que tu es belle ! Ravissante. Tu es de plus en plus jolie ma chérie. "
Juliette de la main dans leur dos, impulsa le mouvement d'un geste discret,
poussant ses enfants pour qu'ils aillent embrasser leur mamie qui leur tendait les bras.
" Et ce grand Paul qui est déjà un homme. Tu vas rattraper ton frère. Tu as encore grandi ! "
Alice avait pincé les joues et ébouriffé les cheveux de ses petits-enfants avec une émotion
qui semblait payer Juliette pour tous ses efforts. Elle regarda la scène avec satisfaction.
" Christophe, tu es bel homme. Tu dois faire des ravages auprès des filles du lycée.
- Je suis à la fac grand-mère. Je ne suis plus au lycée depuis l'année dernière.
- Beau et intelligent. Tout ton père !... Que le temps passe vite. Tu es à l'université bien sûr... "
Juliette, un sourcil relevé, jeta un œil amusé sur Bernard qui évita soigneusement son regard,
avec la mine renfrognée des mauvais jours. Alice badait l'aîné qui attendait que ça passe.
" Il est sorti cette nuit, il a peu dormi, mais il tenait à être là aujourd'hui avec nous... "
Christophe regarda sa mère en se demandant pourquoi elle avait jugé bon de dire ça.
Elle-même se dit, en embrassant Alice comme du bon pain, qu'elle avait dit ça comme ça,
parce qu'il fallait bien dire quelque chose.
" Eh bien, mon Dieu, c'est très bien. Il profite. Il faut profiter de la vie à son âge.
Si tu savais comme le temps passe vite mon petit... " La grand-mère s'interrompit soudain.
Dévisagea quelqu'un au fond de la chambre : " Et mon Bernard ? Comment va-t-il ?... "
Anne-Sophie fronça les sourcils en silence. Contrariée.
Sa mère lui avait fait signe qu'il n'était pas question qu'elle joue sur le téléphone portable.
" Lucette est une brave fille. Elle a perdu son mari il y a six mois. C'est une nouvelle locataire.
Elle a des enfants mais qu'elle ne voit plus du tout. Ils ne viennent jamais la voir. C'est triste. "
Alice soupira en se laissant servir un verre de vin par son fils.
" C'est là que je sais la chance que j'ai de vous avoir mes petits. Je suis contente... "
Bernard se resservit aussi. Il n'avait pas desserré les mâchoires depuis leur arrivée.
Il était fils unique. Et en effet, ils étaient la seule famille d'Alice. Qui trônait en bout de table.
Dans le salon jaune, une employée apporta le dessert sur un chariot.
" Mon Dieu, s'extasia la grand-mère. C'est jour de fête. Merci Valentine. Regardez-moi ça... "
Un simple Bras de Vénus pouvait suffire à émerveiller la nonagénaire qui avait bon appétit.
Les enfants firent la grimace, quand ils avaient à peine touché au gaspacho et au poulet trop sec.
Les frites avaient été servies froides. Les haricots verts n'avaient pas eu plus de succès.
" Vous vous étiez réservés pour le dessert, n'est-ce pas ? Petits gourmands... " dit Alice.
Elle interpella Valentine qui sortait : " On a peut-être droit au champagne, avec le gâteau... ?
- Je vais voir madame Barande, au pire, on l'ajoutera à la note. "
Christophe qui avait dormi sur son assiette, releva la tête et sembla revenir parmi eux.
" Vous avez bonne mine Alice, c'est un plaisir de voir comme vous vous portez bien. "
Juliette redoublait de courage en sachant qu'ils arrivaient au terme de la corvée.
" Vous êtes mignonne Juliette. Mon Bernard a de la chance de vous avoir rencontrée.
Vous lui avez donné de beaux enfants, et vous semblez le rendre tellement heureux. "
Bernard, qui faisait toujours la gueule, leva les yeux au ciel avant de vider son verre.
Juliette battait des cils dans son sourire en se demandant si c'était une nouvelle vacherie.
" C'est moi qui ai eu de la chance Alice. Votre fils est un homme vraiment extraordinaire. "
Et Juliette continua à battre des cils en sachant que c'était une vacherie de sa part.
Elle lui avait prêté son bras alors qu'elle avait consenti à les raccompagner jusqu'à la porte.
Dans le hall, des personnes âgées, des hommes surtout, étaient assis ici ou là, somnolents,
dans cette partie fraîche et ventilée de la maison.
Juliette se dégagea d'Alice pour lui faire face et l'embrasser vigoureusement.
" Merci beaucoup. C'était formidable. Vraiment... Vous nous avez gâtés.
- Pardon, c'est moi ! Merci pour les fleurs. Et pour les chocolats.
Et surtout de m'avoir donné un peu de votre temps, ça me touche beaucoup.
Je sais que vous êtes occupés. Le travail. Les enfants. Tout ça, au quotidien, je sais bien... "
Juliette, soudain, fut prise d'une forte émotion, sincère, qui n'était pas loin de la pitié.
Et elle se sentit merdeuse et indigne d'avoir été aussi cruelle et cynique jusque-là.
" Nous reviendrons bientôt, Alice. Dès que nous pourrons. C'est promis... "
Elle fit un pas en arrière, cédant sa place aux enfants qui embrassèrent leur grand-mère,
en se disant : " Quels monstres nous faisons... Cette pauvre femme. Toute seule... "
Des larmes vinrent même lui piquer le nez l'espace d'une seconde.
Bernard se pencha sur sa mère : " Salut maman. " Alice dût s'en contenter.
Elle le retint tout de même par le bras avec une énergie qui l'obligea à la regarder,
un instant, droit dans les yeux, sans sourciller : " Fais attention à toi mon grand. "
Les enfants étaient déjà sur le perron, à l'extérieur. Bernard esquissa un sourire incertain.
Ce fut leur seul véritable échange.
Elle se posta en haut des marches, devant la porte, à l'ombre, appuyée sur sa canne,
pour voir la petite famille s'éloigner sur le gravier de l'allée. Juliette se retourna.
Fit un petit signe de la main. Alice le lui rendit avec une mine bienveillante.
Elle ne lâcha pas un sourire un peu triste qui exprimait sa reconnaissance.
La voiture fit marche arrière. Puis partit doucement vers le portail.
Juliette fit du zèle en donnant deux petits coups de klaxon avant de sortir du champ.
Alice agita sa main une dernière fois lorsque la Scénic disparut en tournant sur la route.
Son sourire figé s'effaça soudain dans un soupir.
Elle tourna les talons et hésita dans le hall.
Comme si elle cherchait quelque chose.
Contre la baie vitrée, monsieur Roger parlait tout seul, comme d'habitude.
Assis à côté de la plante en plastique, monsieur Puig dormait profondément.
Alice s'illumina soudain d'un large sourire.
Elle ne cherchait pas quelque chose mais quelqu'un.
Un petit minois malicieux apparut à l'opposé de la salle. Lucette.
Le poing fermé, elle plia son bras et donna un coup de coude vertical dans le vide,
comme si elle venait de gagner un match. Elle éclata de rire et de soulagement.
" Alors, vous voyez bien ma chère, que tout passe, même lentement...
- Oh mon Dieu. C'était interminable. J'ai cru que j'allais mourir. " Alice se reprit.
" Tout de même, je culpabilise un peu. Ces petits se sont donné du mal.
Et cette Juliette veut tellement bien faire... Enfin, bref, voilà, c'est fait.
Je devrais être tranquille jusqu'à Noël ! "
Elles se dirigèrent vers le foyer où elles avaient l'habitude de jouer aux cartes ensemble.
" Mais je suis fière de moi. J'ai donné le change et fait bonne figure.
C'est la moindre des choses. Si ça peut faire plaisir...
- Vous avez bien mangé au moins ?
- C'était atroce. Le poulet était sec. Les frites étaient froides. Et le dessert... "
Elles s'installèrent à une table, face à face, côté jardin. Alice se laissa tomber en soupirant.
" Ouf !... Ce qu'il ne faut pas faire. Vous croyez que j'ai passé l'âge de faire semblant ?
- Je pensais à vous depuis ma chambre. Je n'aurais pas aimé être à votre place.
- Ben, vous avez pris le parti de vous fâcher avec vos enfants, vous... Je n'y suis pas prête.
Et, bon, ils ont été mignons. Ils m'ont apporté des fleurs. Et des chocolats.
Que je vous donnerai si vous voulez d'ailleurs, je ne les aime pas.
- Ce ne sera pas perdu.
- Quant à mon Bernard, il m'en veut toujours d'avoir trompé son père.
C'est terrible. Je pensais que ça passerait avec le temps... mais rien à faire.
- Il ne vous ressemble pas.
- Si je fais la tronche peut-être ? Regardez... Non ?... "
Lucette riait tant qu'elle dût recompter les cartes qu'elle distribuait.
" Allez va, détendez-vous Alice, c'est terminé.
- Oui, voilà, j'ai fait ma B.A. en leur permettant de faire la leur.
Ce qu'il faut être tordu quand on y pense... "
Et dans son sourire incertain, elle eut un pincement au cœur.
L'espace d'une seconde.
Philippe LATGER
Juillet 2013 à Perpignan