J'essaie les deux manettes tour à tour.
L'une pour baisser le dossier, l'autre pour le repose-pieds.
Et déjà, j'évalue que le fauteuil n'est pas assez large pour s'assurer un véritable sommeil.
D'un accoudoir à l'autre. Quand j'en avais bien conscience, déjà, en prenant mes billets.
Puisque j'avais déjà voyagé de nuit, essayé les deux formules, couchettes et sièges inclinables,
que je me rappelais qu'aucune des deux solutions n'était vraiment confortable,
que la seconde était dans tous les cas un cauchemar, puisque, comme dans les avions,
on passe son temps à tester des positions pour soulager son corps qui aimerait dormir.
Des gens s'affairent à ranger leurs sacs en hauteur sur la galerie destinée aux bagages,
sous laquelle sont déjà allumées des veilleuses pour chaque passager.
Il n'y a pas que des jeunes kamikazes qui ont choisi ce Corail par souci d'économie,
en se foutant pas mal d'avoir à sacrifier une nuit de sommeil.
Il y a des femmes seules. Des personnes âgées. Et même une famille complète.
Ici, une dame assez forte avec son petit chien. Qui partent s'installer à l'arrière du wagon.
Je regarde par la vitre. Côté fenêtre. Il fait déjà nuit. Je vois le bâtiment du Centre del Mon.
Ok. C'est parti pour dix heures. Je suis porté par un élan qui les réduit en miettes.
Dix heures dans une vie ne sont rien. Quand je ferai les mêmes le soir-même au retour.
Il y avait longtemps que je n'avais pas pris un train Corail. J'en reconnais les rideaux.
L'ouverture des portes. Cela me renvoie aux voyages d'une autre époque. Bordeaux.
Bordeaux St-Jean / Marseille St-Charles. En passant par Matabiau. Changement Narbonne.
Les allers-retours. Comme j'en ai fait sans cesse dans ma vie avant de te rencontrer.
Des Perpignan-Paris. Perpignan-Barcelone. Paris-Montréal. Sans avoir pu me poser nulle part.
Les avions et les trains. Voilà. Ce Corail dont je me rappelais bien. Son odeur. Ses couleurs.
J'allais traverser le pays, en urgence, parce que j'avais des choses à prouver.
Je serai dans dix heures à Paris Austerlitz.
" Je suis désolé, je ne pourrai pas... "
J'écris mon mail et déjà à ce stade, quelque chose me gêne, quelque chose me dérange.
"... je ne pourrai pas être là... " Il faut que je trousse ma phrase, que j'explique pourquoi.
Oui. Les plans ont changé et je n'aurai pas à aller à Paris cette semaine.
On me propose mieux, en Bretagne, à la fin du mois. Et il est temps de te le dire.
J'ai attendu jusqu'au bout d'être sûr. Et je venais d'en avoir la confirmation.
Ce mail était un soulagement, puisqu'il mettait un terme au suspense que je me suis fait.
Ne sachant pas moi-même ce que j'allais faire jusqu'à cet instant.
Mais quelque chose n'allait pas. " ...je ne serai pas là pour t'accompagner à l'aéroport. "
J'avance dans ma phrase, je dois écrire quelque chose, je dois te prévenir.
Quand, au hasard du calendrier, nous avions ici en effet, une opportunité de nous voir.
Je n'avais pas préparé une surprise. Nous en avions parlé. L'idée avait semblé te séduire.
Mais finalement, le défraiement espéré pour aller à Paris ne fonctionnerait que pour plus tard.
Pour aller en Bretagne. Je n'avais pas d'argent. Ni réservé des billets à l'avance.
J'avais regardé sur le site. La veille du départ, bien sûr, tout était devenu hors de prix.
Je n'avais pas les moyens de ce coup de tête. Et devais te l'annoncer tranquillement.
" ...nous sommes bien placés pour le savoir, on ne fait pas toujours ce qu'on veut. "
C'est ce que tu me dis souvent. " Je fais ce que je peux. " Sans doute.
Tu ne fais pas toujours ce que tu veux peut-être. Mais moi... Ecrire ça ?...
J'ai envoyé le mail avec un caillou dans la chaussure. Quelque chose n'allait pas.
Même si tu m'as retourné un petit mot adorable plein de compréhension.
La nuit qui a suivi, je n'ai pas fermé l'œil de la nuit.
Qu'est-ce qui m'était arrivé ?
Je ne sais pas ce qui me mettait le plus mal à l'aise.
Le fait de ne plus pouvoir venir te rejoindre comme prévu ?
Ou avoir écrit cette phrase terrible ? On ne fait pas toujours ce qu'on veut.
Avais-je pu écrire ça ? Moi ?... Comment avais-je pu me renier à ce point ?
J'ai rallumé la lumière dans ma chambre dans une sorte de bouffée de chaleur.
Il fallait que je me convoque. Que je retrouve celui que j'ai toujours été.
Je ne pouvais pas te laisser sur ce message débile et cette phrase stupide,
qui allait à l'encontre de mes convictions et de ma propre nature.
Le train a glissé pour quitter la gare, passer sur le pont de la Têt.
Des gens finissaient de s'installer à la lumière artificielle qui transformait les vitres en miroirs,
sans effacer la noirceur de la nuit au dehors qui était tombée sur le Roussillon où tu étais encore.
Tu ne partirais de ton côté que le lendemain matin, à l'aube, et j'avais dû prendre de l'avance
pour ne pas te manquer à ton arrivée à Paris, quand, ce qui ne devait pas en être une,
serait finalement une surprise, et que j'avais à cœur, dans l'urgence, de ne pas la foirer.
Je suis nerveux, tendu, et bizarrement serein. Ce que je fais ici me ressemble.
Et si c'est délirant, j'ai au moins le réconfort de me retrouver moi-même.
Je voyage léger. Je reviens demain soir. J'ai juste un petit sac que je glisse à mes pieds.
Avec une trousse de toilettes et des vêtements de rechange. Je n'ai prévenu personne à Paris.
Je me débarbouillerai et me changerai dans les chiottes de la gare ou de l'aéroport.
Ce ne serait pas la première fois. Quand je savais d'avance dans quel état j'arriverais à 7 heures,
tout à l'heure, demain, à Austerlitz, en ruines, avec les yeux gonflés, les cheveux en pétard,
la bouche pâteuse, courbaturé pour avoir dormi dans des positions improbables,
mais avec la détermination à l'air frais du matin, de mener à bien ma mission.
Nous sortons de Perpignan et je sais que je ne dormirai vraiment qu'après-demain. Dans mon lit.
L'allure du train commence à s'accélérer et je peux me laisser retomber sur le dossier du siège.
La place à côté de moi est encore libre. Je saurai à Toulouse si je pourrai en bénéficier.
Si personne ne monte pour la prendre d'ici là, à Narbonne ou ailleurs, ce sera mieux qu'espéré.
Je pourrai relever les accoudoirs et me ramasser en position fœtale sur la banquette entière.
Il est dix heures du soir. Et la nuit va être longue. Et cela n'a aucune importance.
Je n'ai pas écrit pour te prévenir de ce que j'avais finalement décidé,
de ce que j'étais en train de faire, nous étions restés sur ce mail épouvantable,
le pire signal que je pouvais te donner, ce " on ne fait pas toujours ce qu'on veut. "
Et je cherchais des lumières fugaces dans les ténèbres de ma fenêtre avec un sourire d'acier.
Faites ce que vous pouvez. Je m'appelle Philippe Latger. Et je fais ce que je veux.
Il était 4 heures du matin. J'étais dans mon studio. Ignorais mon platane.
La réservation était faite, détaillée, et je n'avais qu'à cliquer sur une dernière touche. Valider.
J'ai ouvert le site de ma banque pour accéder à mon compte et refait mes calculs.
J'allais trouver un moyen. Il n'y a que des solutions. Il était impératif que je te le prouve.
Evidemment, il aurait été simple de me faire une raison, et de lâcher l'affaire.
Ce n'était pas pour les quelques heures que nous aurions pu passer ensemble.
Ce n'était sans doute ni grave ni urgent. J'aurais pu me résigner et accepter mon destin.
Mais après trois ans de domestication, il était temps de te montrer mon vrai visage,
mon fonctionnement, l'application de ma pensée, et ma vie d'avant. C'était l'occasion rêvée.
Ne serait-ce que parce que c'était Paris. Et donc mon territoire. Il fallait que tu saches.
Le site de la SNCF attend toujours, sagement, que je presse l'option Valider.
Si emprunter de l'argent n'est pas une bonne solution, c'est une solution.
La seule qu'il me reste si près des échéances. Je recompte. A la main. A la machine.
La société propose ce service. Profitons-en. J'ai déjà des dettes et ça ne change rien.
Ou plutôt, ça change tout. Puisqu'à l'opération que j'ai faite, je peux revenir sur le site SNCF
qui a patienté avec son aller-retour à Paris en train de nuit, sièges inclinables.
Le départ est dans quelques heures. Le seul moyen d'être à temps à Paris pour te rejoindre.
Je clique sur Valider. Je paye avec ma carte bleue. Je note le numéro de réservation.
Je ferme la fenêtre et l'ordinateur. J'éteins la lumière. Et je peux m'endormir.
Après quelques heures de sommeil, je t'envoie un mail qui ne révèle rien.
Qui ne dit pas un mot de ce que j'ai fait la nuit dernière.
Pour te laisser dans l'idée que j'avais renoncé comme la situation semblait l'exiger.
J'ai rejoint ma sœur pour quelques expositions Visa sans lui en parler non plus.
Nous sommes allés à l'Hôtel Pams, boire un verre Place de la République au soleil.
Mon corps tendu à l'approche de ce que j'allais lui infliger pendant deux jours.
Bon sang. A quarante ans. Je peux encore le malmener un peu. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ma sœur rentre chez elle et je file à la gare pour retirer mes billets à une borne.
Je retourne chez moi pour préparer mon baise-en-ville. Personne n'est au courant.
Pas même Virginie qui m'appelle au téléphone et à qui je fais la conversation.
Un œil fiévreux sur l'horloge. Il ne me reste qu'une heure. Il faut que je me douche.
Il me faut vingt minutes pour retourner à la gare à pied. J'essaie d'abréger.
De ma main disponible, je tente d'avancer, je fourre des choses dans mon sac,
le chargeur du téléphone portable, les billets, mes papiers, ma carte bancaire...
Virginie raccroche finalement et je peux foncer, passer sous la douche.
Quand je sais que je n'en prendrai plus jusqu'au surlendemain.
Je me sèche et m'habille, essaie de ne rien oublier quand je suis déjà en retard.
Je ferme l'appart, dévale les escaliers, et me mets à courir sur la place.
J'aurais dû partir cinq minutes plus tôt. Cinq minutes qui suffisent à faire la différence.
Je cours dans les rues de Perpignan, croise des gens qui me connaissent de vue,
me regardent pour certains comme si j'étais complètement dingue, et pour d'autres,
comme s'ils savaient ce que j'étais en train de faire et qu'ils m'encourageaient.
Comme dans les comédies romantiques américaines,
je cours pour te rejoindre. Pour la beauté du geste.
Nous arrivons à Narbonne et mon cœur commence à peine à se calmer.
J'avais couru à perdre haleine et il avait failli se perdre sur la distance.
J'avais relâché la foulée à plusieurs reprises pour reprendre ma respiration.
Place Arago. Place de Catalogne. Ai remonté l'avenue de la gare au pas de course.
J'avais transpiré et ruiné finalement la seule douche permise pour un moment,
tentais de me convaincre qu'à mon zèle cette coquetterie était totalement dérisoire,
et je me concentrais désormais sur les forces qu'il fallait réunir pour passer cette nuit.
Personne n'est monté à Narbonne. Ni à Lézignan. Ni à Carcassonne.
Pour s'asseoir dans le fauteuil à côté du mien.
Des képis blancs arpentaient les wagons, avec leurs carrures et leurs uniformes,
jusqu'à la gare de Castelnaudary, à la lumière des seules veilleuses encore allumées.
Des gens ronflaient déjà. Ici et là. Ce qui me mit à l'aise. S'il me fallait le faire à mon tour.
J'avais quarante ans et le sprint que j'avais fait dans Perpignan m'avait tout de même coûté.
Lorsque c'est à ces situations que l'on prend conscience de certains changements.
Relatifs au vieillissement. Auquel j'opposais ma fougue amoureuse intacte avec autant de rage.
Il n'y a pas qu'à toi mon amour, que je viens prouver des choses. Je m'extirpe à moi-même.
Je devais me prouver que je n'avais rien abandonné de ma volonté de vivre.
Comme je l'entends. Avec mes coups de tête et mes coups de volant. Dans l'urgence.
Personne ne sait, pas même toi qui prépares tes bagages, que je suis dans ce train.
Je suis le seul à savoir où je suis. Et c'est un plaisir dont j'avais oublié la violence.
On ne fait pas toujours ce qu'on veut, hein ?... Faux. Archi faux.
Cela me coûterait cher, mais c'est le prix justement qui s'impose pour ma démonstration.
Aussi vrai que notre histoire prétendue impossible dure depuis déjà trois ans,
je suis dans ce train, je roule vers Paris, et serai demain matin à Antony pour te cueillir.
Mes paupières sont lourdes. Mais je sors sur le quai fumer une cigarette. Symbolique.
En gare de Toulouse. Où j'ai eu d'autres vies.
Je n'ose pas bouger. Raide dans mon fauteuil. A l'étroit entre mes accoudoirs.
Au moindre mouvement, un chien jappe et dérange tout le monde.
Mon dossier grince. Réveille le chien. Qui, surpris, aboie aussitôt comme un réflexe.
" Chut... tu vas réveiller tout le monde. Tout va bien... rendors-toi... "
Il est sur les genoux de maman. Juste derrière moi.
J'essaie de changer de côté sans faire grincer mon fauteuil.
Un peu plus loin, rebelote. " Tututut... Tais-toi. Chut... Fais dodo ! "...
Finalement, après Brive-la-Gaillarde, je m'autorise à m'allonger au mieux sur les deux sièges.
Je plie les genoux. En chien de fusil. Mon biceps comme oreiller. Vais tenter de dormir un peu.
A cette longue ligne droite qui nous sépare de Paris et du jour qui arrive à vive allure.
Oui, mon amour. Rien n'est impossible. Et c'est mon credo. Quand on veut, on peut.
C'est ce que nous avons prouvé déjà. Malgré les contraintes et les obstacles.
Je sais que tu diras que tout cela n'était pas nécessaire, mais ça l'était pour moi.
Quand il était important pour moi de te montrer deux choses.
D'abord, aux trains et aux avions, aux terminaux d'aéroports et aux portes d'embarquement,
ce qu'a été ma vie pendant tant d'années, quand j'y suis, à Paris, à Roissy, dans mon élément,
ensuite, servir ma théorie selon laquelle tu ne fais pas ce que tu peux, mais ce que tu veux,
quand tu n'as pas à t'en excuser, que tu es libre des choix que tu as fait, que tu fais,
même lorsqu'ils ne sont pas en ma faveur, qu'il faut les assumer, qu'ils sont défendables,
à partir du moment où l'on a conscience en effet que l'on est toujours, quelles qu'elles soient,
dans les situations dans lesquelles on a décidé de se mettre ou de rester.
Bienvenue chez moi mon amour. Orly. Antony. Le RER B. Roissy. C'est ma vie.
Bienvenue dans ma vie d'avant. Et je ne pouvais pas ne pas être là pour t'y accueillir.
Toi qui m'as toujours connu sans argent, cloîtré dans mon studio du parvis et du platane,
tu dois voir que je n'ai pas toujours vécu de cette façon, voir l'autre partie de l'iceberg,
tout ce qui me leste, à la surface de l'eau, voir où j'ai erré des années à ta recherche,
éprouver les heures d'ennui et d'attente aux halls d'aéroports et aux vols transcontinentaux,
partager un peu de cette réalité qui fut la mienne, d'autres vies possibles en ce monde,
quand on peut choisir de les vivre toutes.
Je sors à Austerlitz et reconnais aussitôt le beffroi de la Gare de Lyon.
Je sens physiquement que je suis chez moi. Et je suis ému de rentrer.
En pilote automatique, je vais prendre mon métro, et puis le RER.
J'ai le temps d'un café dans une brasserie. Où je peux faire un brin de toilette.
Antony. Où tu ne devrais pas tarder à apparaître. Me reconnaître. Sans surprise.
Puisque tu as l'intuition et l'idée que ce que j'ai pu dire ou écrire de moi était vrai.
Je suis Parisien. Je l'ai toujours été. Je le sens au petit noir que je vide dans ma bouche.
Indifférent à la grisaille et au crachin qui seraient tristes à pleurer si je n'étais pas chez moi.
Si je ne m'apprêtais pas à te retrouver sur le quai. T'accompagner quelques heures.
Sûr de mon effet. Sûr de ce que je fais. Avec toi. Depuis trois ans. A Perpignan.
Dans les comédies romantiques américaines, tu m'aurais sauté au cou.
Mais je te connais et ne m'étonne pas que tu ne l'aies pas fait. Peu importe.
Je pose mes pierres. Ce qui compte est que tu vois d'où je viens et où je vais.
Qu'il n'y avait pas de mythomanie et que je ne me contente pas de rêver ma vie.
Que tu prennes conscience que cette étape à Perpignan est une escale,
qui prendra le temps qu'il faudra pour installer la confiance et notre histoire d'amour.
Quand j'aime ma vie d'aujourd'hui, mais que j'ai toujours aimé ma vie d'avant.
Lorsqu'il faut comprendre que c'est la même. Avec son implacable cohérence.
Celle de ne rien m'interdire a priori. Celle de tout bouffer et donner à la fois.
Sans compter. De tout explorer pour ne pas avoir le regret de mourir avec trop de remords.
La fidélité est un voyage et une expérience que je ne connaissais pas et que j'aime découvrir.
C'est aussi exotique que la jungle du Chiapas ou la baie de Hong-Kong.
C'est aussi grisant que les soirées de Première et les plateaux de tournage.
Et c'est plus voluptueux que les nuits alcooliques à se vomir soi-même.
Paris et toi. Ensemble. Et c'est moi qui crois rêver. Qui me suis fait plaisir.
Le stress et le trac sont trop grands à ce stade pour que tu puisses en tirer quelque chose.
Tu as un avion à prendre et mille choses à appréhender, à penser ou à craindre.
Mais chez toi, il y aura un moment où cela t'apparaîtra dans toute son évidence.
Et c'est une excellente nouvelle, crois-moi. Dans la vie, on fait toujours ce qu'on veut.
Cela n'empêche pas de regretter ou de ne plus comprendre des choix que l'on a faits.
Mais ce sont toujours nos choix. Même quand on finit par l'oublier.
Et au sourire que tu me fais, je ne peux que comprendre les miens.
Philippe LATGER
Septembre 2013 à Perpignan