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Les Abbesses

Publié le

La jupe se balance.
Comme les rideaux du train.
Comme le sac à main.
Comme la jonquille au vent.
Dans un jeu de quilles.
Les talons aiguilles.
Battant le pavé.
Montmartre est paré.
Elle est décidée.
Les cheveux se balancent.
Les hanches se balancent.
Les manches se balancent.
Terrasses de café.
Les Abbesses.
Les serveurs se balancent.
Les scooters se balancent.
Et les anses.
Le panier. L'addition.
Elle avance avec aisance.
Elle traverse.
On s'arrête.

Les branches se balancent.
Les hanches se balancent.
Les Abbesses.
On la toise. On la tance.
On l'attend.
On la prend
pour ce qu'elle est.
Elle avance. Décidée.
La coiffure se balance.
La poitrine se balance.
Pour de la menue monnaie.
Aussi haut que l'espérance.
Sur ses échasses, elle avance.
Une voiture volée.
Maquillée.
Les boucles se balancent.
Comme enfants dans le square.
Ou pendules à balanciers.
On la prie. On la paie.
A la sortie de la messe.
Les Abbesses.



Philippe LATGER
Mai 2008 à Paris

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Corinthiennes

Publié le

Le talon sur le talon
aiguille.
Dans son bas.
Sur son talon haut.
Descend du trottoir.
Monte dans le taxi.
La jupe. La portière.
Les jambes croisées.
La chevelure offerte.
La main s'y perd.
Rétroviseur.
L'escarpin.
Le sac à main.
Le rouge à lèvre.
Un coup d'œil sur la montre.
Le bracelet.
Les lunettes noires.
Les yeux rougis.
Les vitres teintées.
La glace sans tain.
Paris sous la pluie.
Les ongles. Coupés ras.
Le téléphone portable.
SMS.
Rivoli. Rivoli. Rivoli.
Je suis à la Concorde.
Les essuie-glaces.
Retrouve-moi au bar du Lutetia.
Whisky on the rocks.
Les Rolling Stones.
La glace pilée. Le pare-brise.
Les Champs Elysées.
Si c'était lui.
Désolée. Demi-tour.
Le Lutetia s'il vous plaît.

Le Lutetia. L'aéroport.
Trains de la mort.
L'Assemblée Nationale.
Des corinthiennes.
Boulevard St Germain.
Des parapluies.
Si c'était lui.
Et l'accident.




Philippe LATGER
Mai 2008 à Paris

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Et des pluies tropicales

Publié le

Je vous le dis tout de go. On ne se caresse pas assez.
On ne se touche plus assez.
Refoulez vos sourires salaces. Je ne parle pas de sexe.
Je parle de contact. Je parle de tendresse.
Il faut aimer le corps.
Il faut aider le corps.
Aider la lymphe à circuler. Par des mouvements réguliers.
Le long des bras. Le long des cuisses.
Pensez-y sous la douche. Pensez à caresser votre carcasse.
Cette vieille carne fidèle, qui vous accompagne partout.
Jusque dans votre intimité.
C'est bon pour la peau. Pour la circulation sanguine.
Bon pour l'esprit. Et pour le cœur.
Pourquoi dépenserait-on autant d'argent dans les salons de massage.
Entre la séance chez le psy, la séance de sport, la séance d'UV.
On ne se caresse pas assez.
Pensez à caresser les cheveux de votre gosse qui s'endort.
La main de votre vieille maman sur son fauteuil roulant.
L'épaule de votre vieux camarade qui vient de faire une gaffe.
Serrez-vous la main. Faites-vous la bise.
Ou une accolade outrée pour singer les actrices américaines.
Touchez-vous les uns les autres.
Dans une société où tout se dématérialise.
Le corps. Le sexe. Le plaisir. Le savoir. Le travail. L'argent.
Dans une société où les générations ne se mélangent plus.
Où l'on enlève à l'enfant le contact de la vieille peau, des cheveux blancs,
de la robe de chambre poussiéreuse et la chaleur des souvenirs à raconter.
On se méfie des gens qu'on ne connaît pas.
Comme on se méfie des chiens qu'on ne connaît pas.

Que l'on ne caresse pas de peur d'attraper une maladie ou d'être mordu.
Il faut que la lymphe circule. Confronter le vivant au vivant.
Mélanger les odeurs et les respirations.
Nous sommes faits de la même matière. La même matrice.
Les mêmes cellules. Nous sommes frères et cousins.

Une famille de milliards d'individus avec les mêmes névroses.
Les mêmes inquiétudes. Les mêmes espoirs.
Il ne s'agit pas de lutter ensemble contre le terrorisme.
Il s'agit d'affronter ensemble notre condition.
La mort et la séparation. La solitude.
On fait l'amour. Mais fait-on l'amour ?
Depuis quand ne l'avons-nous pas fait ?
Je ne parle pas de sexe. Je parle de câlins.
De faire circuler la lymphe. De prendre soin de ceux qu'on aime.
Du corps de l'autre comme de son propre corps.
Une pierre deux coups.
Je t'embrasse. Je t'aime. Je te serre dans mes bras.
Je te laisse respirer. Je réponds à ton sourire.
Je te tends la main. Te tiens la porte. Te demande ton avis.
Je te dis que je n'ai pas envie, parce que c'est la vérité.
Sans inventer une excuse bidon qui sera une insulte à ton intelligence.
Je te le dis parce que je te respecte et que tu peux entendre cet argument.
Non. Je n'ai pas envie. Pas parce que je ne t'aime pas.
Parce que je n'ai pas envie de ça maintenant.
J'ai envie d'être seul. Ce ne doit pas être un problème.
Comme on a envie de manger ou de dormir.
Comme j'ai envie de te voir et d'être avec toi.
On s'émerveille chez le coiffeur.
La shampouineuse vous fait un extraordinaire massage du cuir chevelu.
Elle malaxe habilement les os du crâne, et vous êtes les premiers surpris
du bien que cela peut procurer.
Il est curieux que l'on s'acharne sur des parties génitales,
avec l'idée absurde du rendement et de l'efficacité,
lorsqu'on découvre le plaisir procuré sur d'autres parties du corps.
Des zones complètement abandonnées, oubliées, négligées.
Pourquoi ne t'ai-je jamais massé la tête dans nos préliminaires ?
Pourquoi penser que ce geste devrait s'inscrire dans des préliminaires ?
Dans Bahia, Véronique Sanson ne dit pas " Et je t'aime, baise-moi... "
Elle chante, de toutes ses forces, son voluptueux : " Caresse-moi "...
Ouvre tes mains. Comme une imposition religieuse. La guérison.
Embrasse-moi sous le bras, derrière le genou, entre les omoplates.
Savonne-moi le dos.
Je n'ai pas besoin de te défoncer au plus profond pour fusionner.
Prends-moi la main lorsque nous marchons ensemble dans la rue.
La lymphe circule. Avec l'énergie. Terminaisons nerveuses. Circuit électrique.
Je t'embrasse la langue. Je t'embrasse les yeux. Je t'embrasse les dents.
Je décolle ma peau de la tienne. Je t'enveloppe du regard. Et de ma voix.
Des ondes qui te font réagir. Des basses et des ultrasons.
Pour te caresser les stéréocils de l'oreille interne.
La voix est une caresse. Erotique. Maternelle. Amicale. Fraternelle.
André Manoukian. Sors de ce corps !
Je le sais. Malia comme Sarah Vaughan me caressent l'âme.
L'hormone de l'attachement. Des voix écoutées ou juste perçues.
Celle de maman. Celle de Jane Birkin, de Michel Jonasz, d'Yves Montand.
Des madeleines. Des repères. Constitutifs. Réparateurs.
Des éléments d'un bonheur fugace. Avec une odeur de friture ou d'huile solaire.
Une sensation de chaleur sur la peau. Le doudou de notre enfance.
Les cheveux de ton petit frère ont une odeur. Comme la tétine du biberon.
Comme la vieille dame, à l'hôpital, qui est la mère de ton père.
Des caresses olfactives.
Sensoriel je suis. Ou je suis déjà mort.
La moindre gorgée de vin caresse mon œsophage.
Comme cette bouchée de farce caresse mon palais.
Embrasse mes paupières et mes cils. Comme tu embrasses le front de ton fils.

Comme tu serres les petites mains de bébé ou celle d'un ami perdu de vue.
Le chat ronronne. Et je ronronne avec lui.
Tu éclates de rire. Et je ris avec toi.
Tu plonges dans la piscine, caressée par ton élément, complètement.
Le corps reconnaît la structure vitale. H2O. Dedans. Dehors. Notre placenta.
L'eau glisse sur ta surface et fait circuler la lymphe. Comme celle de la douche.
Comme celle de la pluie.
Tu ruisselles. Ton maquillage dégouline comme sur une toile de Bacon.
Tu te décomposes. Te recomposes. Tout se transforme.
Je te vois enfin. Tu étais cachée derrière. Je te reconnais.
J'essuie une larme sur ta joue. La remplace par un baiser.
Il faut arroser le dauphin sorti de l'eau. H2O.
Dans les sources. Dans les cumulus immaculés.
Caresser ce tronc d'arbre, cette sculpture de José Bonhomme.

Tu vas arrêter tes séances de luminothérapie.
Je t'emmène sur la côte. Au soleil. La réverbération.
Le papier aluminium de la mer. Celui de la piscine.
Les reflets qui s'agitent sous les pins.
Je me rince sous la douche pour enlever le sable.
Ou je ne le fais pas. Pour sentir la morsure du sel de la mer sur ma peau.
" Et je t'aime... caresse-moi. "
Tant que je suis vivant. Tant que je vibre encore.
Je t'emmène chez Biddle à Montréal. Sur le toit du Metropolitan Museum.
Dans les tours de la Sagrada Familia, applaudir Keith Jarrett à l'Auditori.
Dîner chez Ferran Adrià. Danser à la Paloma.
Le plat de la main dans ton dos. Tes cheveux relevés sur ta nuque.
Le meilleur traitement contre le cancer. Contre la dépression. Contre la mort.
Caressez-vous les uns les autres. Tout est dans le mouvement. Emouvant.
Le geste. Le tempo. La lumière.
Et des pluies tropicales.



Philippe LATGER
Mars 2008 à Paris

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Danser la vie

Publié le

On veut tout et son contraire,
changer les règles, ou se plaire,
on joue ...
Une valse avec les anges.
On se cherche. On se mélange.
Et l'on s'adore à genoux.

Tango d'ombre et de lumière.
Y a tant de pas en avant,
en arrière.
L'amour c'est du flamenco,
ça tourne et prend tout de haut,
ça s'envole avec le vent.

Danser la vie,
pour rester libres
de s'aimer et chanter sous la pluie

Danser la vie.
Danser pour suivre
le soleil jusqu'au bout de la nuit.

Danser nos amours.
Danser nos vies ...

On s'attire. On se dévoile.
On se reconnaît sous mille étoiles.
La musique nous enivre
et le désir nous délivre.
Le plaisir d'être vivant.

Laisse ton cœur aimer ...
rayonner, partager, plus que jamais.
C'est nous qui menons la danse.
On a le choix ou la chance,
le pouvoir d'arrêter le temps.

Danser la vie,
pour rester libres
de s'aimer et chanter sous la pluie.

Danser la vie,
ivres de suivre
le soleil jusqu'au bout de la nuit.

Danser nos amours.
Danser nos vies ...

Quelque chose dans l'air
comme une caresse
te fait sourire, lever les yeux.
La vie, éphémère,
veut tenir ses promesses,
nous rendre heureux ...

Danser pour vivre,
libres de suivre
le soleil jusqu'au bout de nos vies.

Danser la vie,
pour rester libres
de s'aimer et chanter sous la pluie.

Danser la vie.
Danser pour suivre
le soleil jusqu'au bout de la nuit.

De la nuit ...
Au-delà de la nuit ...


Philippe LATGER

Enregistré par Tina Arena sur l'album 7 vies

Danser la vie (Philippe Latger / Rémi Lacroix)

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Malheur est bont

Publié le

Un 
épi
dans tes 
cheveux.
L'hypnose.
Un pli ...
l'été
au creux.
Blottie
la cause
d'un mal
heureux,
mieux que
le bien
sans toi.

Une
épaule.
La peau
chardon.
La main
qui frôle
les mots ...
Pardon.
La geôle
demain !
Et l'a-
-bandon ...
mieux qu'un
amour
sans toi.

Un
sourire
dans mes 
cheveux,
ressemble
au pire
d'aimer,
furieux.
Finir 
ensemble
au front,
au feu,
mieux qu'un
bonheur
sans toi.

A mon amour
malheur 
est bon ...
mieux qu'un
bonheur sans


toi ...
toi ...

 

Philippe LATGER 2007

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Loin

Publié le

Loin ...
La ville.
L'alcool.
L'idylle
et l'envol.
Sans brume 
anglaise.

Loin ...
Le feu
attirant
un peu
délirant.
D'écume
en braises.

Loin,
les îles.
Les ailes.
L'exil.
A peine arrivé, déjà ... 
on m'attend ailleurs.

Mais je reviens de ...

Loin ...
L'aurore.
L'horizon.
Ton corps,
ce poison.
La lune
en rêve.

Mais je reviens de ...

Loin ...
L'étoile
L'océan.
Les voiles.
Au néant.
Les dunes
m'achèvent.

Loin,
les îles.
Sans elle.
L'exil.
A peine arrivé, déjà ... 
on m'attend ailleurs.

Mais je reviens de ...

Loin.


Philippe LATGER

Enregistré par Lambert Wilson sur l'album Loin

Loin (Philippe Latger / Jean-Philippe Bernaux)

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Je désole

Publié le

Je désole mes mains qui se crispent à mon cou.
Mes bras lourds en fumée ne tiendront pas le coup.
J'ai avancé vers toi et m'éloignais toujours
dans l'odieux jeu de l'oie dont les lois n'ont plus cours.
Un souvenir abject n'aura plus d'objections,
quand l'ombre d'un affect, puisqu'il y a prescription,
s'est réduit à néant, sous un soleil malade.
Restent aux moindres séants de piteuses parades,
le vide et l'océan, débandade ou naufrage,
quand mon cœur est béant, rejeté sur la plage.
C'est l'écho qui me parle, le reflet qui sourit,
c'est l'écume et la traîne, et leur artillerie,
la lumière parvenue d'une étoile déjà morte,
l'illusion est ténue, nos chevilles à la porte,
nos poignets lacérés, nos rêves dégondés,
des lits désaltérés et leur fleuve inondé
de regrets imbéciles, ou de plaisirs factices.
La mémoire est gracile. Brûlante aux interstices.
Je console mes mains qui se serrent à mon cou.
Mes jambes enfumées ne tiendront pas le coup.
Quand j'avance vers toi, que l'espoir tourne court.
Je désole l'émoi et n'aime plus l'amour.



Philippe LATGER
Septembre 2007 à Paris

Je désole

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Je te maudis

Publié le

Tous mes passages sont souterrains.
L'artère arrive aux cœurs d'airain.
Mon sang ne fait qu'un tour ou deux,
te fait la cour - mélange hasardeux -
m'irrigue mieux.

Tu me respires à pleins poumons,
mets le feu au lit, aux sermons,
à mes démons.
Le tocsin sonne à nos toxines.
C'est ton baiser qui m'assassine,
fou furieux.

Si le diable se déhanche,
tu es bien plus souple que lui.
Mon corps va céder,
car possédé ...
Je te maudis.

Pourquoi vouloir prendre mon âme ?
La chair ne suffit plus à tes flammes ...
Oh Oh Oh.
Oh Oh Oh.

Quand l'enfer a du bon ...

Le mal qui plonge s'est logé :
j'accepte un corps étranger.
Mon seul virus, ma plus belle fièvre,
tu me rends fou, ronges mes lèvres,
sans rémission.

Tu es l'oxygène et l'ondine,
ma Malaisie, mon héroïne,
l'insolation,
une insolente, mon insuline ...
une mort lente, une morphine.
Tentation ...

Si le diable se déhanche,
tu es plus maligne que lui.
Mon corps va céder,
mais possédé ...
Je te maudis.

Pourquoi vouloir aussi mon âme ?
La chair ne suffit plus à tes flammes ...
Oh Oh Oh.
Oh Oh Oh.

Si le diable se déhanche,
tu es plus habile que lui.
Mon coeur va céder,
mais possédé ...
Je t'aime aussi.

Pourquoi vouloir prendre mon âme ?
Mon corps ne rassasie plus tes flammes ...
Oh Oh Oh.

Je te maudis.

Pourquoi vouloir aussi mon âme ?
Mon corps n'suffit plus à tes flammes ...
Oh Oh Oh.

Je te maudis.

Pourquoi vouloir aussi mon âme ?
La chair ne suffit pas à nos flammes ...
Oh Oh Oh.

 

Philippe LATGER 2007

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La peinture au chorizo

Publié le

Nous sommes narcissiques à un tel point
que nous ne saurions sérieusement nous satisfaire de ce que nous faisons.

Philippe LATGER 2007

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New York Porn

Publié le

J'ai acheté un hot-dog à un dollar sur la rue.
Le Portoricain a fourré sa saucisse dans un petit pain 
et me l'a tendue brusquement dans un papier gras.
" Next ! " cria-t-il alors que je pressais le pot de moutarde en plastique
pour lui faire cracher un long jet qui gicla dans un prout obscène.
Je me suis éloignée, troublée, embarrassée, désorientée, jusqu'au coin de la rue
en pensant aux épaules brunes du Portoricain,
et aux pectoraux moulés dans son débardeur souillé de graisse et de transpiration.
J'ai mordu dans le sandwich avec délectation et emporté un morceau dans ma bouche.
Une tension me fit frémir en traversant mon corps.
La saucisse du Portoricain, chaude et épaisse, pesait sur ma langue.
J'ai dû croiser les jambes comme à une étrange et délicieuse envie de pisser,
en broyant la matière spongieuse, en la mâchant avant de l'avaler.
L'odeur de friture, la chaleur de midi, la bouche charnue du Portoricain ...
j'ai failli m'évanouir en apercevant l'Empire State Building.

 

Philippe LATGER
Juin 2007 à New York

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