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A se laisser

Publié le

Si l'on s'entendait
sans tant d'émoi
du bout des doigts,

je n'en attendais
pas moins de toi,
pas moins de moi.

Libres d'être deux
sans s'étouffer,
sans se bouffer
sinon des yeux,
désolés devant Dieu.

Si l'on se criait
qu'on s'est aimé
sur tous les toits,

si l'on se priait
d'être à jamais

fidèles et droits,

on condamnerait
l'union sacrée,
l'amour secret,
simple et fragile,
le bonheur sur son île.

Aimer s'attacher,
ça sert à rien,
ça sert à quoi ?

Aimer d'amitié
ça serre des liens
plus grands que moi.

Ce que c'est d'être ensemble.
Toute une vie à deux.


Long,
c'est long,
selon
si l'on
s'adore
encore
ou pas.

Long,
c'est con
ce qu'on
s'attend
à se
blesser
ou pas.


Si l'on s'entendait,
cent ans déjà,
et quelques mois,

je n'en attendais
non loin de là,
pas moins de toi.


Choisir d'être heureux
sans la pression,
quand la passion
à petit feu
se meurt pour laisser mieux.


Si l'on se riait
de la violence
et de l'effroi,

si l'on préférait
notre insouciance

et notre loi,

rien n'est plus précieux
que la confiance
et le silence
des cœurs tranquilles,
prêts à devenir vieux.

Aimer s'arrimer,
ça rime à rien,
ça rime à quoi ?

Aimer s'estimer,
à quoi ça tient ?
ça tient à toi.

Ce que c'est d'être ensemble.
Toute une vie à deux.


Long,
c'est long,
selon
si l'on
s'adore
encore
ou pas.

Long,
c'est con
ce qu'on
s'attend
à se
laisser
ou pas.

 

Philippe LATGER / Décembre 2018

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Humanité(s)

Publié le

Et peut-être faudra-t-il songer à faire une meilleure place aux humanités dans les formations,
pour que nos cadres supérieurs et technos aient bien conscience, dans le privé comme dans le public,
qu'il y a des êtres humains derrière tous les chiffres qu'ils manipulent.

 
Philippe LATGER / Décembre 2018

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Le phare et la flotte

Publié le

L'avenue est large. Taillée dans les volumes de béton des Années 30.
Du pavillonnaire urbain. Des maisons de ville. Avec leurs jardins.
D'ailleurs, au-delà du béton et de l'asphalte, du goudron, du ciment,
des essences dans l'air, et de la chlorophylle, nous enveloppent d'un châle rassurant :
la respiration du vivant.
La végétation est cachée. Derrière les façades vieux rose et bleu layette.
Les jardins sont à l'intérieur des îlots. Invisibles depuis la rue mais bien présents.
On sent le citronnier, le fusain, le laurier, la résine, les arômes, qui parfument la brume.
L'humidité de l'automne porte les fragrances décuplées. Le grain de l'air est dense.
Le respirer devient une nourriture goûteuse. Où l'on détecte tout, de l'herbe et de la terre.
De l'humus. Du bois et du vernis. L'eau croupie. Et celle du caniveau.
C'est l'odeur de ma ville en automne, avant que le froid ne l'anesthésie vraiment.
Ce froid sec qui privilégie la lumière, quand il fige tout des sécrétions du monde.
La mélancolie des villas se marie à merveille à l'agonie paisible des ardeurs estivales.
Le tunnel de l'hibernation est proche. Et l'entre-deux répond à l'entre-deux-guerres du bâti.
Une douceur passagère. Insaisissable. Indéfinie. Perceptible mais fuyante. Qui nous échappe.
Dans ce sfumato catalan, l'avenue monte sur le tertre, couronnée du Palais qui domine la ville.
Un vestige médiéval qui dialogue avec d'autres fantômes. Le spectacle est étrange.
Ceux du XIVe siècle avec ceux des Années Art Déco. Qui échangent des politesses.
Sans s'étonner de vivre ensemble et de partager les lieux.
Le Palais brandit son donjon éclairé au-dessus des murailles, dans un ciel qui s'éteint,
entre chien et loup, empesé de nuages de pluie prêts à perdre les eaux, qui mangent la lumière,
et donnent plus d'éclat à celle, artificielle, qui tranche sur la tour.
Au moment où je traverse mon avenue déserte, je suis poignardé, saisi, à la froideur de la lame.
La lumière du Palais Royal n'est pas seule à lutter contre la tombée de la nuit.
Face à l'avancée des ténèbres, elle est haute déjà dans le ciel, au-dessus du donjon,
qui trône au sommet du tertre avec elle, au bout de l'avenue Gilbert Brutus, à Perpignan.
La pleine lune. Enorme. Déformée à la loupe d'une atmosphère pleine de flotte.
D'un jaune sable luminescent. Mystérieux. Amical. Bouleversant. A portée de main.
Un disque embrasé comme un phare sur le jour qui se meurt. Comme une résistance.
Et une permanence. Que les Rois de Majorque ont connue. Comme nos grands-parents.
La lune. Entre le jour et la nuit. Entre les morts et les vivants. M'embrasse.
Et me dit : " Toi aussi, tu mourras, sois patient, tu auras cette chance puisque tu es en vie. "
Je souris et reprends mon chemin en découvrant, surpris, que je pourrais apprendre
à lui faire confiance et à aimer l'hiver.

Philippe LATGER / Novembre 2018

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Question sémantique

Publié le

Nous aurons progressé intellectuellement et philosophiquement
lorsque nous cesserons de considérer la nature comme notre environnement.
Le mot même environnement pose problème puisqu'il nous en extrait.
Trop souvent, il est question de liens avec la nature, même énoncés comme profonds et originels,
et de " cadre " de vie, et donc d'objets extérieurs : l'environnement est ce qui nous entoure.

Le mot environnement pose une distance qui n'existe pas.

Cela désigne une altérité. Ce qui est aussi inexact que dangereux.
L'Humanité et ses sociétés (cultures, civilisations, religions, industries)
ne sont pas en lien avec la nature et le vivant, c'est plus que ça, elles font corps avec eux.
L'Humanité fait partie de la nature. L'Homme est avant tout une espèce animale.
Quel que soit son degré d'intelligence et de civilisation.
Ainsi, la nature n'est pas notre environnement, elle est notre essence, et notre milieu.
Nous sommes la nature, au même titre que les autres espèces animales, que le végétal ou le minéral.
Notre spécificité (la conscience pour faire vite), ne nous extrait en rien de notre milieu,
l'exception humaine est la morale, morale par laquelle nous nous imposons à nous-mêmes
un devoir de responsabilité.

Si dans la chaîne alimentaire, les espèces animales n'ont aucun scrupule apparent à se dévorer
les unes les autres, nous avons toujours éprouvé un sentiment de culpabilité.
S
i les espèces animales ne se soucient pas entre elles des extinctions des unes ou des autres,
nous avons la conscience pour nous en soucier.
Mais nous gagnerions davantage à nous rappeler notre propre condition animale.
Bien qu'exceptionnels, les Hommes sont des animaux.

La nature n'est pas notre environnement. La nature, c'est nous.
Et nous agirions différemment en intégrant intellectuellement cette donnée comme préalable.
La biosphère terrestre est un macro-organisme dont nous sommes une composante, immergée,
et la nature n'est donc pas quelque chose qui commence aux portes d'un pays, d'une ville,
aux portes de nos maisons ou de notre appartement, ni même à la frontière de notre peau.
Nous n'avons pas seulement la responsabilité que se donnent les forts qui ont une conscience,
nous avons aussi l'instinct opportuniste de toute espèce animale qui travaille à sa survie.

En retrouvant l'idée simple et juste de notre milieu plutôt que celle de notre environnement,
nous n'aurons plus besoin de l'obscurantisme millénariste postchrétien, des menaces apocalyptiques
de fin du monde, de catastrophes et de châtiments (bien mérités), pour mobiliser et agir.

 

Philippe LATGER / Novembre 2018

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Qui vaut l'éternité

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La nuit, je fuis l'hiver, je fuis l'enfer du quotidien amer dont je ne sais quoi faire,
où d'autres s'enlisent, s'enterrent, perdent leur âme et leur jeunesse.
La nuit, je fuis l'ennui, les contraintes et la pluie, les complaintes et le bruit,
où d'autres s'étourdissent, s'assèchent et se durcissent, vieillissent et disparaissent.
Au sommeil de la ville, je déploie mon propre monde qui peut allumer ses lampions,
jouer de la musique, danser et célébrer son émancipation, faire la fête sur les toits,
convoquer les étoiles et la mer dans ma chambre, la chaleur de juillet, les amis, les amours,
le bon vin, les grillons, les désirs et les éclats de rires sous les pins parasols, 
qui tiennent leurs promesses.
Cela ne dérange personne.
Je plonge dans une piscine digne de la Californie de David Hockney. Aux reflets éblouissants.
Je plisse les yeux au soleil qui me roule de pelles. Cheveux mouillés, je sors de l'eau.
Mon corps n'est que force et santé. Il ne m'oppose aucune résistance ni une once d'inquiétude.
Et d'autres corps l'encouragent, l'enveloppent, l'enflamment et le dématérialisent.
Je deviens ceux que j'ai aimés. Ils sont réunis dans ma poitrine et bannissent la solitude.
L'avenir n'est plus une menace quand il n'y a plus que l'instant. Qui vaut l'éternité.
Je compose un tableau de sens, de sensations, d'émerveillement et de sollicitudes,
qui pourrait être l'œuvre idéale où je pourrais me figer dans la mort et des temps infinis.
Le bonheur absolu, fait de pardon, de réconciliations, de reconnaissance et de plaisirs,
où l'amour filial et l'amitié peuvent cohabiter avec l'érotisme et les voluptés sexuelles,

sans équivoque, dans une même matrice, un même mouvement, une même énergie.
Sans risques et sans dangers, c'est un Eden d'où le Mal a été chassé. Et la culpabilité.
Où mon cerveau a rassemblé tout ce que j'aime de ce monde. Tout ce que j'ai aimé.
Par le goût, le toucher, l'odorat et la vue, par l'ouïe et par le cœur, j'aime furieusement
ce qui me fut donné d'aimable, d'intelligent et beau, de talentueux et bon, dont je sais m'entourer,
la nuit, à la compilation de ce que je travaille à sauver du naufrage, à emporter avec moi,
comme si je préparais ma mort, mes bagages, et le butin précieux de ma propre existence.

S'il y a une vie après la vie, et si elle doit être éternelle, elle sera ce rêve sublime que je peaufine.

Chaque nuit, au sommeil de la ville, je plonge dans la piscine et l'amour de mes proches.

Parmi les miens. Mes fantômes heureux. Les amours de ma vie. Dans un bain de lumière.

 

 

Philippe LATGER / Novembre 2018

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Au sang qui s'envenime

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Au sang qui s'envenime, qui s'en veut,
qui s'ennuie ou s'abîme, peu à peu,
il faut des horizons, des envies, des enjeux,
se mélanger à d'autres, et sans en faire couler une seule goutte

serait mieux.

Aux rages qui enragent d'être hors-jeu,
il faut des amarrages, orageux,
alors que le courage est de braver les dieux,
p
our devenir des hommes, quand l'avenir qu'ils attendent sans doute

n'attend qu'eux.


Aux terres qui s'enterrent, loin des yeux,
qui s'épuisent par le fer, par le feu,
s'il leur faut des frontières, il leur faut d'autres cieux,
pour elles et leurs enfants, s'ouvrir au monde et tracer leur route,

à cent lieues.

Qu'on morde la main que je tends,
je connais le mal de la bête
qu'on a battue et mal traitée,
et qu'on a tous abandonnée.

Qu'elle morde la main que je tends,
faut qu'elle se mette dans la tête
que je suis le seul à l'aimer
et que je suis là pour l'aider.

Aux rancoeurs qui s'écoeurent, pour un peu,
le pardon serait permis. Faites un voeu.
Pas de vainqueurs aux états malheureux.

Le sang devient aigre au corps qui n'est plus aimé, qui s'encroûte,
devient vieux.

La colère, ça s'éteint, pour peu qu'on l'entende ou qu'on l'écoute,
dans les yeux.

Je dis à tous les hommes que l'avenir qu'ils attendent sans doute

n'attend qu'eux.

Je dis à tous les hommes que l'avenir qu'ils attendent

n'attend qu'eux.

 

 

Philippe LATGER / Novembre 2018

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Dans la voix de Yaprak

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Sur le frémissement métallique du cymbalum de Bohème, à la manivelle fragile et nerveuse
d'une boîte à musique tzigane, se lève une lame de fond de cordes orientales, puissante,
que le galop des darboukas ne saurait empêcher lorsqu'elles fuient devant, à perdre haleine,
de peur d'être rattrapées et englouties par le raz-de-marée, cette vague de violons et ses arabesques,
qui fait sa danse du ventre, déroule ses poignets comme aux bras du Flamenco, au palais du Sultan,
avance dans l'écume des vents, de neys obliques en kavals, des clarinettes yiddishs, ou des hautbois
stridents et familiers, les zurnas des Sardanes qui sentent Barcelone, me ramènent à mon port,
une déferlante de cordes lascives dans la sinusoïde, et ses montagnes russes, une calligraphie,
le serpent dans le sable, quand le geste est précis, à l'effet des volutes du Vizir qui fume son tabac.
Le banjo grelottant du cymbalum hongrois n'est pas très orthodoxe. La vague emporte tout.
Voluptueuse. Sensuelle. Enrobe mon corps de vapeurs, de parfums, s'enroule comme un turban
à chacun de mes membres, pour me porter au cœur de l'accident sublime, le lieu de collision
de multiples cultures et de trois continents. L'Asie, l'Afrique et l'Europe dans un mouchoir de poche.
L'Histoire de l'Humanité concentrée dans le rythme, dans le drame, et le chant déchiré de l'exil,
de la séparation, de l'amour impossible. Elle apparaît, fière comme une andalouse, digne et dure,
la Maria Callas aux yeux de déesse égyptienne ou d'actrice italienne, la femme Méditerranée.
Elle est Turque. Occidentale. Orientale. De toutes les rives de cette mer dont je ne sors jamais.
Juive. Chrétienne. Musulmane. Elle est la mère. La sœur. L'épouse. La fille. Le Nord et le Sud.
Arménienne. Géorgienne. Ottomane peut-être. Romaine ou byzantine. Elle vient d'Anatolie.
Comme cette musique
. Celle de mes mondes. De mon monde. Et elle a son visage. Yaprak Sayar.
Avec sa voix flamenca, celle de l'éternité, elle répond aux muezzins comme pour compléter
ce qui est solution au mystère du temps, de notre condition, quand c'est la vérité.
Je devine le son du hautbois catalan et je pleure ma terre. Je devine l'orgueil castillan,
et je pleure ma mère. J'aperçois le Maghreb et je me sais Berbère. Et je suis ébloui.
Elle me réunit. Moi le Juif. Moi le Chrétien. Moi le Musulman. Qui ne croyait en rien.
La Turquie me réunifie. Dans les eaux du Bosphore. Dans la voix de Yaprak. Les pièces du puzzle.
Et je pleure avec elle sur notre aveuglement. Comme à la délivrance de la révélation.

On peut mépriser son semblable, on peut lui faire la guerre.

D'autant plus facilement quand on ignore qui il est, et qu'il est notre frère.
A Sainte-Sophie, je pleure, bouleversé, devant ce spectacle de la Theotokos entre deux médaillons.
La Vierge et l'Enfant Jésus, entre Allah et Mahomet. La famille réunie. Et moi avec. Devenu entier.
Comme dans la voix intemporelle de Yaprak Sayar. Qui réunit tous les peuples. En un seul.
L'Orient et l'Occident. Les morts et les vivants. Je ne crois en rien d'autre qu'en elle. La vérité.
Qui n'en est jamais une si elle reste incomplète. Et c'est à Istanbul, aux portes de l'Europe,

qu'elle chante avec bonheur, l'insolence d'être au monde.

 

Philippe LATGER / Novembre 2018

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Rien de moins que trois noms

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Il y a la confluence des empires et des civilisations. Comme celle de trois religions.
Il y a toute l'histoire de la Méditerranée. Le centre du monde. Eblouissant.
Le trait d'union entre l'Orient et l'Occident. Grec. Romain. Byzantin. Ottoman.
La Corne d'or et la Tour de Galata. La pointe du Sérail, la proue sur le Bosphore.
Les minarets érectiles pour porter les voix des muezzins sur la ville à perte du vue.
Je n'ai pas pu tomber amoureux de Barcelone, pour avoir grandi avec elle, en elle,
lorsqu'elle m'a accompagné toute ma vie depuis ma naissance, et que mon amour pour elle
est celui de l'enfant pour sa mère, évident, inconditionnel, absolu, mais dépourvu d'un détail :
le coup de foudre fut impossible, quand il n'y a pas eu de rencontre. Barcelone, c'était moi.
J'ai pu en revanche tomber amoureux de Londres, de Paris, de Rome, de Lisbonne ou Athènes.
Comme j'ai pu m'énamourer de Montréal, Mexico, Los Angeles ou Miami en Amérique.
Et nourrir bien sûr, une passion amoureuse de tous les diables pour New York, la ville des villes,
qui a toujours eu sur moi un pouvoir inexpliqué, bien au-delà de la fascination assez classique
qu'elle inspire invariablement à toutes les jeunesses du monde entier depuis plus d'un siècle.
Le coup de foudre pour Shanghai fut un choc comparable, vertigineux, enivrant, exaltant,
mais était arrivé trop tard, ou trop tôt, et, malgré ses efforts, ne pouvait pas vraiment rivaliser.
A mes yeux, dans ma chair, et mon esprit, pour des raisons aussi bien intellectuelles que sensuelles,
des raisons à la fois historiques et sensorielles, culturelles et érotiques, personnelles et universelles,
la seule rivale sérieuse de New York, était et reste Istanbul.
Byzance. Constantinople. Istanbul. Rien de moins que trois noms.

Plus prestigieux encore que la Nouvelle Angoulême, la Nouvelle Amsterdam ou la Nouvelle York.
Rome en plus grand. Rome en plus riche. Quand Rome est une strate du monstre. Voluptueux.
Le Christianisme et l'Islam, enchevêtrés, avec autant de grâce et d'intelligence qu'à Grenade.
L'épaisseur de l'Histoire nous tient dans un même vaisseau, une même famille, une même culture.
Et Istanbul est le lieu où cette vérité nous transperce, me bouleverse, et me réconcilie avec le monde.
Plus encore qu'à Manhattan sans doute, c'est là que je me sens réuni, rassemblé, et complet.
Et je ne trouve pas le sommeil à la veille de mon départ. Si près des retrouvailles.

 

 

Philippe LATGER / 24 octobre 2018

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Plus vrai que nature

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La présence dans la chambre était un corps sans forme, une respiration sans souffle,
quelque chose de plus sombre encore que l'obscurité qui la rendait invisible.
J'étais en train de perdre ma mère. Elle luttait depuis plus d'un an contre un cancer.
Le mal s'était généralisé. Il lui restait peu de temps. J'avais fui la maladie. Je m'étais sauvé.
J'étais parti m'installer à Bordeaux. Prétextant une filière universitaire improbable.
Personne ne fut dupe. Mais on m'autorisa cette distance salutaire. L'appartement Cours de l'Yser.
Et mes voyages en train. Bordeaux / Perpignan. Perpignan / Bordeaux.
Ma mère était suivie et traitée à Toulouse. Bordeaux / Toulouse. Toulouse / Perpignan.
Perpignan / Toulouse. Toulouse / Bordeaux. J'ai passé mon année de Maîtrise dans le train.
A vrai dire, ce n'était pas la maladie que je fuyais. Et encore moins ma mère. Je fuyais mes amis.
Je ne savais pas leur refuser les dîners, les soirées, les cafés et les verres qu'ils me proposaient,
et dont je n'avais pas envie. Je n'avais la force ni de sortir avec eux, ni de le leur refuser.
Dans l'étau de la catastrophe, moi qui ne savais pas dire non ne pouvais plus dire oui.
Je me suis sauvé pour ne plus être sollicité. La distance me mettait à l'abri. Hors d'atteinte.
Et je pouvais me concentrer de toutes mes forces contre le mal qui me rongeait. Tout à lui.
Je n'avais aucune envie de me changer les idées. J'en aurais été incapable.
Je devais affronter le taureau dans l'arène. Faire face. Regarder le mal droit dans les yeux.
Bordeaux / Toulouse. Toulouse / Bordeaux. Où je ne dormais plus. A cause de mes cauchemars.
A cause de ce cauchemar. Cette présence qui me menaçait dans la chambre.
Je buvais pour m'anéantir et m'effondrer. Un sommeil éthylique est d'abord un sommeil.

Sans mauvais rêves. Sans rêves du tout. Et sans ce cauchemar que je faisais sans cesse.
Il s'arrêterait de me hanter à la mort de ma mère. Et en effet, à sa mort, il s'arrêta net.
Mais en attendant, chaque nuit est une angoisse car vient le moment où je suis censé dormir.
Je redoute mon sommeil. Car je sais ce qui m'y attend. Cette forme informe et invisible.
Dont je ne sais pas trop ce qu'elle veut de moi mais qui me glace les os.

Je ne fermais jamais totalement le store de la chambre qui donnait sur la rue.
Un long balcon courait le long de la façade et surplombait le Cour de l'Yser.
La nuit, le puissant éclairage public de la ville pénétrait en pointillés entre les lattes de PVC,
si bien que même une fois éteintes toutes les lumières de l'appartement, une lueur orange tamisée
parvenait de l'extérieur, se frayait un chemin et rendait impossible le noir complet.
Ainsi, lorsque je me réveillais en panique et m'asseyais dans mon lit avec des sueurs froides,
et que je découvrais que ma chambre était dans le noir complet, je savais alors que je rêvais encore.
En comprenant à ce détail que je n'étais pas tiré d'affaire, je faisais des efforts surhumains
pour me réveiller réellement et fuir cette chose à laquelle je venais d'essayer d'échapper à l'instant.
Elle n'avait pas de respiration, ni même de contours, mais je sentais sa présence, près de moi,
que je localisais à gauche de mon lit, et que j'imaginais assise. Je devais ouvrir les yeux pour de bon.
Cette chambre noire n'était pas la mienne, et ce réveil en sursaut était un faux départ.
Plongée en abyme. Je me réveillais dans mon rêve. Et je tournais en rond. Incapable d'en sortir.
La présence s'amusait de ma panique et de mes vils efforts, me regardait me débattre, et lutter,
et je m'enlisais aussi sûrement que qui s'agite dans les sables mouvants. Et elle riait presque.
Imaginer ce sourire invisible provoque encore aujourd'hui, vingt ans après, un frisson glacial
qui remonte le long de ma cuisse. Sans que je ne sache qu'elle est la part réelle de mon imagination.
A mes efforts de titan pour ouvrir mes paupières physiques, je finissais toujours par me retrouver
enfin, face à mes stores PVC criblés des pointillés de lumière de la rue et de ma vraie vie.
A la fois soulagé et glacé d'effroi. Quand j'ai toujours eu l'intuition que le rêve est une part du réel.

J'en suis toujours convaincu. Et en étais d'autant plus bouleversé et épouvanté à l'époque.
Cette présence maléfique m'a lâché la grappe quand ma mère est morte.
Après la mort de maman, il y eut une séquence ou les choses furent radicalement inversées.
Moi qui redoutais mon sommeil à cause de ce cauchemar récurrent, je me suis mis à le chérir,
et à redouter le réveil qui était alors le retour atroce à la triste réalité d'un monde sans ma mère.
Quand elle est morte, je ne rêvais plus de la mort, je rêvais de ma mère, que je rejoignais,
plus belle que jamais, avec qui je pouvais revivre ce bonheur d'être ensemble, plus vrai que nature.

 

Philippe LATGER / Octobre 2018

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Raphaël Glucksmann : un espoir, une déception, et un livre à lire

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Raphaël Glucksmann : un espoir, une déception, et un livre à lire

Cela a commencé par un mea culpa. Certes. Mais attention.
Pas avec un mea culpa contemporain comme nous les aimons aujourd'hui, pour s'excuser,
une fois encore, de ce que nos parents, grands-parents, et arrière-grands parents auraient commis,
pendant la guerre, l'esclavagisme, la conquête de l'Amérique ou la disparition des dinosaures,
pas en nous reprochant encore d'avoir été machos, colonisateurs, guerriers, dominateurs ou carnivores.
Pas du politiquement correct. Non. Et ce fut un rayon de soleil sur le plateau d'On n'est pas couché.
Raphaël Glucksmann a fait le mea culpa tant attendu des intellectuels de gauche qui,
au lieu de répondre aux angoisses des Français en les traitant d'andouilles qui n'ont rien compris,
quand ce n'est pas de fascistes, racistes et autres déliciosités, devraient plutôt être force de proposition.
Magnifique. Bien que Raphaël Glucksmann, qui est un esprit aussi sincère que brillant, ne puisse ici
s'exprimer qu'en son nom, il y a donc au moins un intellectuel revendiqué de gauche qui ait eu ce réflexe,
heureux, de se remettre en question, et qui ait eu le courage de diagnostiquer une arrogance de sa caste.
Les Français qui avaient déjà voté pour Le Pen père en 2002 n'étaient pas tous des fascistes et des beaufs
d'extrême droite, racistes et homophobes, pas plus que ceux qui ont voté, plus nombreux, pour la fille,
en 2017. Avec sa sensibilité, son honnêteté, comme avec sa rigueur intellectuelle, Glucksmann le jeune
intuite que des classes moyennes peuvent légitimement avoir peur de l'avenir, pour elles et leurs enfants,
lorsque les inégalités se creusent à une vitesse plus vertigineuse encore que le dérèglement climatique,
que cette classe moyenne se réduit comme peau de chagrin depuis 30 ans, et que toutes les catégories
socio-professionnelles sont touchées, artisans, commerçants, fonctionnaires, enseignants, petits patrons,
en même temps que les services publics reculent, que la dette augmente, que l'Etat providence est

détricoté, que l'Ecole n'éduque plus, que l'Hôpital ne soigne plus, que le tissu social se déchire ici et là,
et, des étudiants jusqu'aux retraités, que tout le monde, à part l'électorat béat d'Emmanuel Macron,
a le sentiment d'être abandonné, livré à lui-même, avec comme seule réponse de la force publique,
ces quelques mots : " démerdez-vous ! ".
A ce naufrage, on peut comprendre qu'une large part de la population panique, ne se sente plus protégée,
puisque, de surcroît, l'Etat que nous avons consciencieusement décousu depuis 1992 (traité de Maastricht)
n'a jamais été reconstruit au niveau promis : celui de l'Union Européenne.
Ainsi donc, non, les Français comme les Européens, comme les Américains, qui votent pour les extrêmes,
ne sont pas d'obscurs abrutis décérébrés, incultes, misogynes, xénophobes, égoïstes, ni fachos néo-nazis,
mais des populations déclassées qui ne voient plus l'ombre d'une perspective d'avenir pour elles-mêmes.

Merci donc à Raphaël Glucksmann d'avoir compris que la réaction méprisante des élites était obscène.
Aux gens dans le désespoir, on ne fait pas la morale. Aussi vrai qu'on n'insulte pas des gens qui se noient.
Si ce n'est pas par christianisme, faisons-le par humanisme : aux gens qui se noient, on tend la main.
Et ce qui se comprend et s'applique pour les migrants en détresse, peut se comprendre et s'appliquer
aussi bien, à nos compatriotes des zones rurales, périurbaines, et territoires qui galèrent dans notre pays.
Notre jeune intellectuel, digne fils de son père, est capable de penser contre lui-même. Et d'entendre.
Ce que la population grogne et rumine depuis 15 ans. Ah, bien sûr, c'était ça. Le succès de Zemmour.

Les résultats électoraux du FN. Les victoires de Trump en Amérique et du Brexit au Royaume-Uni.
Cela faisait tout de même, statistiquement, un nombre anormalement élevé d'abrutis. C'était autre chose.
Personne ne s'était occupé de cette population. Celle qui essayait de faire les choses comme il faut.
En se levant le matin pour aller travailler. En payant ses impôts. En essayant d'embaucher et j'en passe.
Alors oui, si la gauche n'a pas pour tradition de s'inquiéter pour la classe moyenne, peut-être peut-elle
désormais s'inquiéter des nouveaux pauvres et de tous ceux qui sont exclus de la mondialisation heureuse.
Bravo à Raphaël Glucksmann pour ce mea culpa, et au-delà, puisque la prise de conscience ne suffit pas,
d'avoir compris qu'il fallait écouter et proposer des choses, un projet de société, trouver des solutions.
La gauche en effet, comme la droite, prises l'une et l'autre dans l'habitude de l'alternance démocratique,
ne pensait plus, ne travaillait plus, à partir de la chute du Mur de Berlin et de la supposée fin de l'Histoire.
L'Histoire continue. Et la gauche devrait avoir quelque chose à dire. Comme avait, quoi qu'on en pense,
tenté de le faire un candidat Hamon, injustement ringardisé par les médias au profit d'un Jupiter surprise,
ce Hamon qui avait eu le mérite depuis le pédalo PS de penser sérieusement aux pathologies du travail,
au revenu universel, ou d'imaginer une taxation des robots qui prennent - en attendant l'intelligence
artificielle - tant d'emplois à nos concitoyens. Bref, la gauche doit se rappeler qu'il y a des gens.
A protéger, à éduquer, à soigner. Qui ont tous droit à la recherche du bonheur et de la prospérité.


Je n'ai pas lu son ouvrage. Mais je ne manquerai pas de me le procurer et de le lire :
Raphaël Glucksmann venait sur le plateau de Laurent Ruquier parler de son livre " Les enfants du vide,
de l'impasse individualiste au réveil citoyen ". Un titre qui à lui seul donne beaucoup d'espoir.
En effet, nous sommes tous abîmés et épuisés par cette société de consommation, de crédit, de gaspillage,
stupide et sans âme, où il n'y a plus rien entre l'individu et l'humanité entière, où la seule transcendance
est dans l'acquisition compulsive de biens et de services, le plus souvent médiocres,
dont nous n'avons pas besoin. Alléluia. L'Islam radical ne sera peut-être plus la seule alternative

à ce monde en deux dimensions, ni la seule réponse à nos désœuvrements. Enfin quelqu'un qui veut
retrouver de l'ancien monde, la politique, l'idéologie et l'exigence républicaine, et qui ne veut pas
se contenter d'insulter les conservateurs mais donner du contenu et du sens au progressisme.

Je n'ai pas la prétention de chroniquer un livre que je n'ai pas lu,
mais de réagir simplement à ce que j'ai entendu dans le talk-show hebdomadaire de France 2.
Glucksmann le jeune aurait cherché, donc, depuis la gauche, quelque chose qui pourrait nous réunir,
un combat commun, pour nous sortir de l'individualisme de cette société contemporaine sans buts,
et je suis heureux d'imaginer que notre génération va finalement peut-être produire une pensée.
Et proposer quelque chose. Vous me voyez en appétit, impatient, piaffant devant mon écran de télévision.
Allons-nous rouvrir le chantier de l'Union en la dotant enfin d'institutions démocratiques ?
Allons-nous restaurer l'idéal républicain français, ou penser un tout nouveau modèle ?
Eh bien non. Raphaël Glucksmann est bien de son époque et compte fédérer sur la cause écologique.
Il nous propose de nous unir contre le réchauffement climatique, contre les gaz à effet de serre,
pour sauver une planète qui ne nous a rien demandé. Les bras m'en tombent et j'ai envie de pleurer.
Rien de nouveau sous le soleil. Notre philosophe reprend à son compte la théorie de l'urgence climatique
dont tout le monde parle depuis vingt ans, intégrée depuis dans tous les programmes politiques
et dans tous les slogans publicitaires, et espère rassembler sur la peur des catastrophes naturelles,
qui bien évidemment, ne manqueront pas de frapper - ou punir - l'humanité.
Je ne voudrais pas passer pour le climatosceptique de base, ce qui me vaudrait d'être exilé avec d'autres
pestiférés dans les abysses de la fachosphère où croupissent tous les tenants de la théorie du complot,
en écrivant sur-le-champ que je ne discute pas le changement climatique, la fonte des glaciers,
et la montée des eaux, qui peuvent certes terrifier si l'on a tout oublié de ses cours de sciences naturelles,
puisque nous avons tous survolé plus ou moins l'histoire de la Terre, les périodes glacières, l'évolution,

et découvert bien avant l'an 2000 les caprices du climat et les logiques implacables de Dame Nature.
Je ne discute pas la question de la responsabilité humaine qui semble faire plaisir à tout le monde,
et observe sobrement qu'il y a un consensus international pour dire que l'Homme doit faire sa part,
faute de mieux, sur l'évolution des choses en changeant son propre comportement pour éviter le pire.          Qu'il soit ou non du problème, l'Homme doit être de la solution. Et nous serons tous d'accord. Ok.
Mais ce n'est pas de ma part du climatoscepticisme si je vous dis que nous n'avions pas besoin de constater
un réchauffement de la planète, pour considérer que notre système de production est, depuis longtemps,
complètement dingue, mégalomaniaque, injuste, inégalitaire, et donc particulièrement violent.

Ainsi, à mon grand regret, Raphaël Glucksmann semble s'inscrire simplement dans cette démarche,
stupéfiante de la part de la gauche, qui se cache derrière l'urgence écologique pour réprouver le système,
le remettre en question, comme si, en soi, la surproduction, la surconsommation, le gaspillage,
mais aussi les conditions d'exploitation des ressources - et des hommes - n'étaient pas un problème.
Avions-nous besoin de cette urgence climatique pour comprendre que le modèle était délirant ?
Venue à point nommé s'imposer dans les consciences après la fin de la Guerre Froide - pendant laquelle
l'urgence était ailleurs - elle s'est imposée comme un sujet qui a envahi l'espace public et politique
aussi massivement que la menace terroriste mondialisée tout au long des Années 2000.
Raphaël Glucksmann vient donc simplement nous dire que l'urgence est plus urgente aujourd'hui qu'hier,
que demain il sera trop tard, et pense qu'il y a là de quoi mobiliser une population qui le savait déjà.
Je lui reconnais l'honnêteté d'avoir rappelé que 100 entreprises étaient responsables de 71% des émissions
industrielles - ou un élément de langage approchant - pour rappeler que les comportements individuels
étaient anecdotiques et que l'enjeu était ailleurs. Car oui, il est ailleurs. Et les gens le savent très bien.
Il y a paraît-il d'énormes entreprises qui polluent autant qu'elles ne payent pas leurs impôts.
Et je rends grâce à Glucksmann de s'être au moins repositionné par rapport à cette gauche qui explique
qu'il faut être responsable, trier ses ordures, faire du vélo et manger bio, à des gens démunis, sous-payés
ou sans emplois, à découvert au 15 du mois, qui écopent et mènent leur barque comme ils peuvent.
Je ne vais pas donner des leçons de socialisme à Raphaël Glucksmann. Ce serait présomptueux
en plus d'être cocasse. Je me contenterai donc d'émettre l'idée qu'il va trop vite et se trompe peut-être
dans l'ordre des causes et des effets, et qu'il rassemblera depuis la gauche en travaillant sur les causes.

Qui ont pour effets, en plus de la pollution, des inégalités insoutenables et des précarisations massives.
Alors oui, un bravo fraternel à la sincérité, au courage de l'honnêteté, à la bravoure de l'autocritique,
un bravo pour la prise de conscience à propos d'une démission et de beaucoup d'humiliations.
Merci de vouloir penser, mobiliser et réagir face à l'individualisme triomphant de l'ultra-libéralisme.
Mais voilà. A faire du réchauffé, je vais en faire aussi : je crains que l'horizon fédérateur de la gauche
ne soit pas la lutte contre le réchauffement climatique mais la lutte contre les inégalités sociales.
Croyez-moi camarade. Luttez contre les injustices et vous sauverez ensemble l'Homme et la planète.

En attendant de faire les choses dans l'ordre,
ne les ayant pas faites dans l'ordre non plus,
j'ai un livre à lire.
Le moins que je puisse faire pour en parler ensuite.

 

Philippe LATGER / Octobre 2018

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