Quand j'y pense
Il y a des blessures. Sous mon sourire. Sous mon bonheur. Un caillou dans la chaussure.
Je n'oublie pas. Je n'oublie rien. Je suis la somme de bien des liens. Les plus récents toujours à vif.
Au soleil qui décline, je suis double. Saudade. Heureux et mélancolique. Reconnaissant et triste.
Je m'accroche au présent. Je m'accroche au futur. Et je serre les dents. Aux morsures. Des regrets.
Je t'ai fait du mal. Et ça me fait mal. Moi qui étais convaincu que tu ne m'aimais plus.
J'ai été si heureux. Dans la maison de toi. Que ça me crève le ventre. Quand j'y pense.
Nous ne parlions plus. Mon corps était sec. Et mes questions restaient sans réponses.
Rigidité cadavérique. Je m'éteignais à petit feu. Pourquoi m'avoir laissé m'éteindre ?
C'est la vie ? Les choses de la vie ? L'orgueil et le ressentiment ? Avais-je été puni ?
J'ai tenu la distance jusqu'à mon dernier souffle. Ce souffle qu'on m'a rendu ailleurs.
Et c'était comme sortir d'une apnée, jaillir dans une gerbe d'eau pour reprendre ma respiration.
Que s'était-il passé ? Voulais-tu que je me noie ? Moi qui avais été si heureux dans la maison de toi.
Avec toi.
Il y a des remords. Sous mon sourire. Sous mon bonheur. Qui me pèsent encore.
Je t'ai fait du mal. Et ça me fait mal. Presqu'autant que le mal qui me rongeait. Dont je me suis sauvé.
La solitude. Et le silence. Le mal que tu m'as fait. J'étais puni. Ou juste abandonné. Quand j'y pense.
Moi qui étais convaincu d'une chose. Tu ne m'aimais plus.
N'était-ce pas la vérité ?
Le soleil se couche sur un état de fait. Et je pleure sur le gâchis. Plein de pardon. Plein de merci.