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Le reste suivra

Publié le

La brume dans les épaules, la purée dans les jambes,
le sang coagulé, pour l'éclosion du réveil et la machine
à mettre en marche, au cerveau embué,
il faut procéder à ses étirements.
La lumière est en panne.
Il faut en trouver ailleurs, quelque part dans sa tête.
Les articulations. La révision rapide. La détermination.
Dérouiller le corps. Le sortir du matelas trop mou. Du fatras de draps et de couettes.
Pulvériser le nid de chaleur pour affronter le reste. Il faudra changer l'heure.
Arriver jusqu'à la douche. Et stimuler les muscles. S'arracher au sommeil.
S'arracher à des rêves qui engluent le réel. Mettre les yeux en face des trous.
Retrouver sa vie. Son être. Se réincarner à nouveau. Une journée de plus.
Trouver la lumière en soi. Et la motivation. L'humeur légère et quelques convictions.
Le rituel de la douche et du brossage des dents. En pilote automatique.
Le reste suivra.

 


Philippe LATGER / Octobre 2024

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Nanda Lete

Publié le

Dessiner c'est écrire.


Philippe LATGER / Octobre 2024

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Napées

Publié le

Des nappées lactées rampent dans le sous-bois,
avec leurs drapés de volutes brumeuses,
se frayent des chemins vaporeux, se déploient,
et planent dans le mystère de l'aube silencieuse.
Des masses volatiles en tourbillons de cendres,
s'enroulent sur elles-mêmes et cherchent le cours d'eau,
empêchées de monter, empêchées de descendre,
elles brouillent le jour et la lumière, allongées sur le dos.
Elles s'étirent en nuages filandreux et s'amusent
à éviter les arbres, les troncs et les rochers,
elles flottent avec la grâce et le danger des muses

qui perdent l'innocent qu'elles savent attacher.

 


Philippe LATGER / Octobre 2024

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Toulouse ?

Publié le

Mexico.
Istanbul.
Londres.
Hong Kong.
Los Angeles.
Barcelone.
Montréal.
Shanghai.
New York.
Rome.
Sydney.
Miami.
Lisbonne.
Paris.
Chicago.
Budapest.
Madrid.
Athènes.
San Francisco.
Turin.
Toronto.
Prague.
Denpasar.
Washington.
Toulouse.
Toulouse ?


Philippe LATGER / Octobre 2024

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Homecoming

Publié le

Je n'avais perdu
ni Dieu,
ni Jésus,
ni l'Esprit Saint.
J'avais perdu l'Eglise.

 


Philippe LATGER / Octobre 2024

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que la mort, mes amis, ne saurait être pire

Publié le

Tout ce que nous percevons avec nos sens de ce monde est tellement hallucinant.
Tout ce que nous expérimentons de cette vie terrestre est tellement miraculeux.
Tout ce que nous explorons du vivant, de la matière et du temps, de l'infini, de l'instant,
est tellement riche, beau, intelligent, qu'une confiance épaisse s'installe en moi.
Elle descend comme la nuit. Elle se lève comme le jour.
Si ma raison a tenté de se débattre un moment dans son verre d'eau,
une heure ou cinquante ans,
elle a finalement admis ce que l'instinct savait déjà.
Ce que savait le simple. Ce que savait l'enfant.
Tout de ce monde est si riche, si beau, si intelligent,
que la mort, mes amis, ne saurait être pire.


Philippe LATGER / Octobre 2024

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Tu sais ( 4 choses )

Publié le

Tu sais que tu aimes quand tu admires.
Et tu sais qui tu aimes quand tu sais qui tu admires.
Des amis, des parents, des artistes, des héros, des amants.
Tu sais que tu aimes quand tu admires autant.

Tu sais que tu aimes quand tu t'occupes de quelque chose ou quelqu'un.
Et tu sais qui tu aimes quand tu sais de qui tu t'occupes.
De tes amis, de tes parents, de tes chats, de tes amoureux, de tes enfants.
Tu sais que tu aimes quand tu donnes du temps.

Tu sais que tu aimes quand tu pardonnes.
Et tu sais qui tu aimes quand tu sais à qui tu pardonnes.
Aux amis, aux parents, aux amours comme aux gens.
Tu sais que tu aimes quand ça te rend clément.

Tu sais que tu aimes quand ça donne de la force.
Et tu sais qui tu aimes quand tu sais qui te donne de la force.
Des amours, des amis, des parents, des enfants, des héros, des morts et des vivants.
Tu sais que tu aimes quand c'est un carburant.


Philippe LATGER / Octobre 2024

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Ma vie est une œuvre d'art

Publié le

Quand je fume, je danse,
et mon ombre avec moi sur le mur de la chambre.

 


Philippe LATGER / Octobre 2024

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Le Sud insolent

Publié le

Les iris, les agaves, les acanthes,
la Méditerranée,
et le thym, les cyprès ou la menthe
de mes jeunes années,
aux pins résineux qui exhalent leurs parfums,
dans la lumière épaisse de l'été permanent.
Grandir les épaules nues aux morsures du soleil,
courir sur les plages aveuglantes, à la barbe du sommeil,
où le corps exulte, de ses muscles saillants, 
où la joie, dans le culte d'elle-même, occulte les noirceurs.
Les mollets dans le sable, et les cuisses bandées, la chaleur indécente,
venait au crépuscule s'échouer en douceur, dans l'écume d'étoiles,
pour ouvrir d'autres fêtes, d'autres célébrations, d'être en vie et ensemble
campés dans le bonheur.
Les pinèdes espagnoles autour de la maison concrétisaient nos rêves, prolongeaient la saison,
jusqu'aux rentrées scolaires, repoussant l'horizon, dans la force solaire de mes démangeaisons.
Les dents dans la chair des tomates juteuses. C'est le Sud insolent.
Celui des voluptés à peine soutenables. Et des intensités qui, sans équivalent,
malaxent une chair, le corps adolescent, pour préparer cet homme condamné au plaisir.
Les iris, les agaves, les acanthes,
la Méditerranée.

 


Philippe LATGER / Septembre 2024

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Dans la vie l'un de l'autre

Publié le

Il y a dix ans déjà, nous cherchions à nous séduire.
Et quelque chose ne s'est pas fait. Peut-être que nous n'étions pas prêts.
Dix ans plus tard, il y a ce jeu, ce même jeu, où l'on ne sait, vraiment, à quoi il mène, à quoi l'on joue,
mais gentiment, tout en douceur, à nous chercher, sans être certains de vouloir nous trouver.
C'est une vibration à part. Une autre ligne. Qui n'est pas dans l'amitié. Qui n'est pas dans la passion.
Lorsque nous sommes trop prudents pour l'une. Trop enflammés pour l'autre. Et c'est l'équilibrisme.
Sur ce fil qui ne s'est pas rompu. Entre Paris et Perpignan. Entre Perpignan et Paris.
Tout correspond. Du corps et de l'âme, du cœur et de l'esprit. L'être idéal qui cochait toutes les cases.
Et le rendez-vous manqué a créé un sentiment confus, d'inachevé, qui pouvait rôder sur des ondes perdues.
La joie des retrouvailles. Parce qu'elles n'étaient pas loin. Dix ans plus tard. Comme une deuxième chance.
Que nous n'avons pas saisie. De peur de la briser. C'est beau comme l'amour qui n'est pas consommé.
Et je sens la présence de cet espoir intact qui n'attend rien de nous. Si désintéressé.
C'est un amour pudique. Qui ne dit pas son nom. Avec toute l'estime. Toute l'admiration.
Un amour interdit qui n'est pas empêché. Parce qu'il est fraternel. Et qu'il est chasteté.
Nos désirs sont tenus. Pas besoin d'en parler. Puissants mais retenus pour ne rien abîmer.
Il est rare ce lien, pour ne pas dire unique. Nous nous sommes trouvés. Nous nous sommes compris.
Et sans nous concerter, nous avons protégé cette étrange affection de la médiocrité.
Nous connaissons l'amour. L'amour et les garçons. Nous avons eu la dose. Et ce pour plusieurs vies.
Nous nous aimons sans doute, mais à notre façon. Sur des rails et des routes hors des sentiers battus.
Ce n'est pas l'amitié. Ce n'est pas la passion. Mais deux êtres émus de s'être retrouvés.
Le fil s'est distendu mais ne s'est pas coupé. Quand on s'aime vraiment, on ne se perd jamais.
C'est une drôle d'histoire. Parce qu'elle nous tourne autour sans vouloir nous piéger.
Une délicatesse. Une brise élégante. Douce et valorisante. Qui vient nous caresser.
Il n'y a pas l'ordinaire ni la vulgarité, des erreurs du passé qu'il faudrait reproduire.
Deux êtres fatigués d'avoir tout essayé. Qui reconnaissent en l'autre le trésor espéré.
L'amour chaste est possible. Et il est voluptueux. Plus troublant que les autres.
Quand cette place unique que nous avons chacun dans la vie l'un de l'autre
nous révèle ce lien, aussi fort que subtil, prêt à défier le temps et nous donner la paix.


Philippe LATGER / Septembre 2024

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