Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Et ne rien faire d'autre

Publié le

Il est carnassier, le sourire. Aux figuiers de barbarie.
Au miroir aveuglant d'où tu sors moitié nu, la babine béante.
Les épaules luisantes et les cheveux mouillés. L'animal court sur le sable.
L'été veut revenir. Eblouir jusqu'au soir et le tard dans la nuit.
De lumières renvoyées par la mer pour mieux les décupler. Jusqu'à l'ivresse.
La tomate éventrée sous la canine blanche. Du jus sur la moustache.
Les aloès perlés d'épines. Les agaves bleutés. La Méditerranée.
Ta peau salée. La nuque ruisselante. Le cintre de ton dos.
Aux cigales enfiévrées, je cherche la paresse. Et l'ombre crapuleuse.

Fouiller dans le pubis les senteurs de la fève et de tous les agrumes.
La coulée de résine turgescente, à la couleur de l'ambre, sur l'écorce aux pinèdes,
qui parfume la chambre où le drap est de trop. Et le soleil aussi.
Le sourire carnassier illumine la pièce. Resplendit bien assez pour irradier la sieste.
L'été étincelant. Scintille sur ta bouche. Qui plonge dans la mienne pour enrouler les vagues.
Les brasses à la piscine frissonnante d'éclats. La chaleur flamboyante de nos corps aimantés.
Pour des ébats houleux et des repos lascifs. Au clapotis de l'eau et ses frises d'écume.
Où l'on hésite entre deux. La faim ou le sommeil. Manger ou bien dormir. Ou refaire l'amour.
Et ne rien faire d'autre.

 

Philippe LATGER / Mai 2022

Voir les commentaires

Ton pied à pleine main

Publié le

La fin de la journée a ses voluptés. A ce dernier étage. Où le canapé vert t'attend.
Pour le temps où nous pourrons lâcher prise. Ton corps allongé sur le dos.
Cassé en deux sur l'oreiller, comme dans l'agonie d'un opéra. Tu te meurs.
Et moi, assis à l'autre bord, tes jambes étendues sur mes cuisses, je suis sollicité.
Tu n'as même pas besoin de supplier. J'ai déjà enlevé tes chaussures.
Elles sont tombées lourdement sur le parquet. L'une après l'autre. 
Et je te masse les pieds. Les chevilles. Les mollets.
Ma journée n'est pas finie. Je retire tes chaussettes.
Je travaille le tendon d'Achille. Je compresse le talon. Je malaxe l'astragale.

Redécouvre toujours ébloui la douceur insensée de la peau autour de la saillie.
Et, plus bas, sur la tranche, à l'intérieur du pied, cette soie que je ne me lasse pas de lisser sous mes doigts.
Sans aspérités. Sans obstacles. Et je retrouve le plaisir du réveil où nos jambes se cherchent.
Où nos pieds se frictionnent semblant faire leur vie et se dire bonjour. La douceur de la peau.
Ou celle du doudou. De notre intimité. A l'abri de tout. Le temps s'est arrêté.
Tu pourrais t'endormir là. Sur ton canapé vert. Comme me dire " on va se coucher ".
Mais quelle que soit l'option, j'en suis à ce premier reportage que je n'écoute pas vraiment.
Celui où je te masse. Où mes muscles prennent de tes muscles. Où ma peau prend de ta peau.
Où j'essaie de transmettre l'amour ou l'énergie pour t'orienter vers la paix, le plaisir et le rêve.
Aiguiller ton sommeil vers la félicité, le repos du guerrier, l'harmonie, la quiétude.

Les eaux calmes du lac. La mer d'huile du soir. Où l'on peut baisser les armes. En confiance.
Je te masse la tête. Je te masse le crâne. Et tu fermes les yeux. Je te soigne.
Attentif à tout ce qui se passe. J'essaie des choses. J'écoute. Je regarde. J'admire. Bouleversé.
Ces paupières et ces cils recourbés. Arcades sourcilières. Aux longs poils soyeux qui appellent le toucher.
Le coussin de mon pouce. Pour les redessiner. Avec une émotion intacte. Comme si je les redécouvrais.
N'aies pas peur. Mon amour. Tu vas y arriver. Je serai là, toujours, quand tu en auras besoin.
Tu ne seras pas seul quand tu ne voudras pas l'être. Je te protègerai. Je monterai la garde.
La nuit est notre alliée. Et je veille avec elle, sur ce que j'ai de cher. De cher et de précieux.
Je pianote ta voûte plantaire de pressions régulières. Ton pied à pleine main.
Je teste la rotation de l'articulation. Empoigne ton orteil. Veux tout remettre en place.
Je ralentis mes gestes. Et le rythme cardiaque. J'essaie d'être aussi absent que présent.
Un baiser sur le front. Je ne veux que du bien. Dors et n'aies peur de rien.

 

Philippe LATGER / Mai 2022

Voir les commentaires

Des bosses d'eau

Publié le

Des bosses d'eau s'en vont, fuyant des incendies,
dévalant de l'amont, comme tirées du lit,
pour courir à leur perte ou se sauver au loin,
ou pour donner l'alerte au vent qui les rejoint.
La lumière s'en mêle et c'est l'aveuglement,
qui scintille et ruisselle au brasier des ferments.
C'est la fonte des neiges. Un déluge couché.
Submergeant tout cortège aux fuites déhanchées.
Prenant de la vitesse et prenant de l'ampleur,

c'est le flux d'une liesse et le flot de nos pleurs,
des reliefs agités dans leur luge effrénée,
qui annoncent l'été, sa poudre et leur traînée.
Eclaboussant de vie, fusant comme l'éclair,
avalant le suivi à l'ombre des clairières,
le mouvement la suit, puisque c'est ta rivière
qui gronde après la pluie sous les cieux qui s'éclairent.
Et dans ce toboggan, elle fond sur le rivage,
s'emporte en zigzagant pour courir à la plage,
se noyer à la mer, accoucher en riant,

à l'aval doux-amer qui s'éteint en brillant.
L'Agly qui se répand d'une poche trouée,
se déverse en rampant pour vivre et s'ébrouer,
en creusant son chemin, par tous les trains d'enfer,
les lignes de ta main, et ma tombe à l'envers,
où je veux bien renaître, le cœur dans ses filets,
ivre de disparaître en nuées de reflets.
A l'Eden de la foudre, inondé de son cours,
l'amour pourra l'absoudre s'il est notre parcours.
Aux trombes de ferveur qui savent où elles vont,
je boirai le bonheur du ciel à ses tréfonds.

 

Philippe LATGER / Mai 2022

Voir les commentaires

Les ailes repoussent

Publié le

Au baiser, la bouche se répare. Le palais se restaure. La langue se reconstruit.
Les dents se détartrent. Les lèvres se reforment. La salive se purifie. La peau se régénère.
A l'étreinte, les muscles se redessinent. Les bras se musclent. Les épaules se déploient.
La poitrine s'ouvre. Le cœur rajeunit. Le corps se recompose. L'amour se reconfigure.
A ton sourire, j'ai dix ans de moins. Vingt ans de moins. Nous avons le même âge.
Et j'ai plus de force que toi. Plus de souffle. D'endurance. De projets. D'ambition.
Je suis invincible. Je suis immortel. Je n'ai plus peur de rien. Pas même de la cinquantaine.
A ton regard, les pupilles se dilatent. L'univers s'agrandit. Et les ailes repoussent...

repoussent la fin ou la mort.

 

Philippe LATGER / Avril 2022

Voir les commentaires

Au fil de pêche

Publié le

Je ponce le bois de tes suspensions.

 

Philippe LATGER / Avril 2022

Voir les commentaires

Qui est sera

Publié le

Si l'âme est propre à chacun, l'esprit circule. Il nous traverse. Entre vivants. Les vivants et les morts.
C'est une énergie invisible. Comme un flux de lumière. Indivisible. Comme l'amour.
Qui permet le mouvement. Qui l'alimente. Actionne le manège physique de ce qui est.
L'âme est la part personnelle de cette force. La part singulière d'une sédimentation originale. La nôtre.
Qui s'attache à un corps le temps d'une vie. Avec son bagage génétique, celui de l'hérédité. 
Tu es plus que toi-même. Quand tu portes l'histoire de tes parents, et de leurs parents avant eux.
Tu es la fusion de deux lignées d'individus. Cette rencontre hasardeuse de deux histoires familiales.

Qui fait que tu es toi. Avec ce que tu vivras par toi-même. Ce qui fait assez pour être un être unique.
Mais comme nous tous, si tu es unique, tu es une part de ce monde.
J'aime cette part en toi autant que je t'aime. J'aime ton âme et ton esprit.
J'aime les héritages culturels et génétiques qui sont les tiens. Comme j'aime ce que tu en fais.
Avec ta liberté. Ton libre arbitre. Mais j'aime plus que toi-même en t'aimant.
Lorsque j'aime aussi comment l'univers apparaît au filtre de ton être.
Au prisme de ton sourire, à celui de tes yeux, le monde est restitué avec ta vision propre. 

Tu le recomposes à ta compréhension, à ta sensibilité, à ton intelligence. M'en livres une nouvelle version.
C'est cette vision du monde que j'aime avec toi. Une vision nouvelle qui enrichit la mienne. La modifie.

Ou l'augmente. Ta façon de vivre la nuit, le jour et la rivière, le ciel et les étoiles, le lever du soleil.
Ta façon de vivre la pesanteur et l'attraction terrestre. L'ombre et le mouvement. Le vent et la lumière.
Ta perception propre bouscule la mienne. L'interroge. La fait évoluer. A chacune de nos étreintes.

A chacun de nos regards. A chacun de nos échanges. A chacun de nos baisers.
Ton âme est la part immatérielle de ton expérience terrestre. Elle est donc mobile. Suit son évolution.
Et sera différente à la fin de ta vie qu'au début. Mais une certitude vient relier les possibles.
Je sais que j'aime ton âme présente, que j'aime avec elle celle du jeune homme et du petit garçon,
mais que j'aime d'avance celle de l'homme mûr, puis du vieil homme, avec la même conviction.
Je sais que j'aimerai l'homme que tu deviendras. Aussi vrai que j'aime celui que tu as été.
J'aime mieux ma vie avec toi. J'aime mieux le monde avec toi. Et cet amour qui est sera.

 

Philippe LATGER / Avril 2022

Voir les commentaires

Heureux que ce soit vrai

Publié le

Je plains les hommes qui ne t'aiment plus.
Et ceux qui aiment de moins en moins.
Quand je t'aime de plus en plus.
Il n'y a pas d'usure. Pas même au quotidien. Au contraire.
Ça s'épaissit. Ça se renforce. Ça s'agrandit. Comme l'écorce.
Ce sont des fils qui s'emmêlent pour faire de la corde.
Du matos assez sérieux pour construire des choses.
Un an ? Deux ans ? Bientôt trois ? Eh bien quoi ? Ça s'améliore.


Il faut que tu t'envoles. Il faut que tu me mordes. Je t'encourage. Furieusement.
Toi le cheval sauvage. Que j'aime libre. Et librement. Que je ne veux pas posséder.
Mais pouvoir regarder s'ébrouer dans le monde. Faire sa vie. Ou l'inventer.
Je plains les hommes qui n'aiment plus. N'en peuvent plus. Ont renoncé.

Je me bats pour t'aimer. Ou pour nous mériter. Nous. En équilibre. Et je progresse.
Je ne t'aime pas pour que tu m'aimes. Je ne t'aime pas pour que l'on s'aime.
Je t'aime parce que tu es la seule chose au monde qui me donne envie de me lever.
Le matin. Chaque jour. Heureux que ce soit vrai. Heureux de ce bonheur. Que je n'ai pas rêvé.

 

Philippe LATGER / Avril 2022

Voir les commentaires

Me libérer ailleurs

Publié le

Désordre. Auquel je n'ai pas l'intention d'obéir.
La peau du lit défait. Je la choisis moi-même.
Cerné. Je saute. Loin. Me libérer ailleurs.
Cendré. Jusque dans la barbe. Tabac.
Roulé. Le temps n'est pas compté.
J'aurais pu mourir mille fois.
Gambade. Evite les pièges.
L'ennui n'est pas mortel. 

Je ne compte plus.
Je me sauve.

Heureux.
Je me sève.
Je me love. En toi.

Dans tes draps bronzés.
Je me lève. Les bras en croix.
En arbre, je serai réincarné. Je le rêve.
Vieillir n'est pas dans l'ordre. Hors de question.
Je n'obéirai pas. J'ai des projets. Et la force de nous.
Le temps n'est pas compté. Quant à vieillir ? Plutôt crever.

 

Philippe LATGER / Avril 2022

Voir les commentaires

Aimer est bien proche d'aider

Publié le

Mon ambition ...
c'est d'être à la hauteur.
A la hauteur de celle que je nourris pour ce que j'aime.
Pour ceux que j'aime.
A une lettre près...
Aimer est bien proche d'aider.

 

Philippe LATGER / Mars 2022

Voir les commentaires

J'ai deux amours, mon chéri et Perpi ...

Publié le

Mes deux jambes. Mon travail et toi. Toi et mon travail. 
Et ces allers-retours salutaires. Entre les deux. 
La somme ne fait pas un temps plein. Ce sont deux temps pleins cumulés.
Mais j'ai la force. Parce que j'aime. Les deux choses dont je m'occupe.
Ma ville et toi. Toi et ma ville. Je vous aime tous les deux. De toutes mes forces.
Et vous m'en donnez autant que vous m'en enlevez. C'est un balai étrange. De flux constants d'énergie.
Vous videz mes batteries aussi vite que vous les rechargez. Dans mon équilibre construit.
Mes deux jambes. Mon amour pour ma ville. Et mon amour pour toi.
Je ne sais pas si j'irai loin. Mais j'y vais. Je marche. J'ai de l'ambition pour vous.
J'ai de l'ambition pour ma ville. J'ai de l'ambition pour toi. 
Et je travaille pour vous deux. Ou pour ne pas me décevoir moi-même.

 

Philippe LATGER / Mars 2022

Voir les commentaires