Et ne rien faire d'autre
Il est carnassier, le sourire. Aux figuiers de barbarie.
Au miroir aveuglant d'où tu sors moitié nu, la babine béante.
Les épaules luisantes et les cheveux mouillés. L'animal court sur le sable.
L'été veut revenir. Eblouir jusqu'au soir et le tard dans la nuit.
De lumières renvoyées par la mer pour mieux les décupler. Jusqu'à l'ivresse.
La tomate éventrée sous la canine blanche. Du jus sur la moustache.
Les aloès perlés d'épines. Les agaves bleutés. La Méditerranée.
Ta peau salée. La nuque ruisselante. Le cintre de ton dos.
Aux cigales enfiévrées, je cherche la paresse. Et l'ombre crapuleuse.
Fouiller dans le pubis les senteurs de la fève et de tous les agrumes.
La coulée de résine turgescente, à la couleur de l'ambre, sur l'écorce aux pinèdes,
qui parfume la chambre où le drap est de trop. Et le soleil aussi.
Le sourire carnassier illumine la pièce. Resplendit bien assez pour irradier la sieste.
L'été étincelant. Scintille sur ta bouche. Qui plonge dans la mienne pour enrouler les vagues.
Les brasses à la piscine frissonnante d'éclats. La chaleur flamboyante de nos corps aimantés.
Pour des ébats houleux et des repos lascifs. Au clapotis de l'eau et ses frises d'écume.
Où l'on hésite entre deux. La faim ou le sommeil. Manger ou bien dormir. Ou refaire l'amour.
Et ne rien faire d'autre.
Philippe LATGER / Mai 2022
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