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Si nous sommes la somme

Publié le

Bach + Chopin + Ravel + Gershwin
+ Piazzolla + Beethoven + Satie + Jobim
+ Falla + Saint-Saëns + Prokofiev + Vivaldi
+ Bernstein + Debussy + Schubert + Stravinsky
et nous ne sommes pas loin du compte.

 

Philippe LATGER / Juillet 2022

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Je braconne en silence

Publié le

C'est le soleil que j'inspire. C'est le ciel tout entier.
Flanqué au coin de ma bouche. J'aspire ton regard. Ton sourire. Ton visage.
Avale tout pour inonder mes poumons. C'est l'été dans mes bronches. Que j'inhale.
Avec tes cheveux et ton nez. Et ta bouche. Tes mollets et tes cuisses. Et ton cul. Et ton dos.
Entre mes doigts, ma cigarette. Que je porte à mes lèvres pour respirer ton corps en entier,
que j'envoie dans ma cage thoracique, à remplir de rivières, de lumières, de chacun de tes muscles.
Je ne te mange pas. Je t'absorbe. Je ne te fume pas. Je te hume. Les naseaux grand ouverts.
J'inspire ton odeur. Ton parfum. Celui de ta peau cuite. De ta transpiration. Ou de l'huile solaire.
Cette senteur de plastique confuse, ou certaine, qui se dégage de ce maillot de bain que tu m'as volé.

J'inonde mon abdomen de tout ce que j'inspire. Taffe après taffe. Clope après clope. Profondément.
Tout ce qui m'entoure finit dans ma gorge. Dans ma poitrine. Le paysage. La mer et les montagnes.
Le cours d'eau et ses cascades. Ton village. Ta maison. Tout me rentre par la bouche. Avec la fumée.
Que je stocke. Sous les voûtes de mes côtes. Dans une nef œsophagienne. Pour amplifier ma cathédrale.
Tout se précipite derrière ma langue. A chaque inspiration. Aspiré comme à la lampe d'Aladin.
Le feuillage des arbres au-dessus de ma tête. Les moustiques. Tout est capturé à chaque inhalation.
Piégé dans la structure pour la recomposer. Je ne fume pas. Je braconne en silence. 
Je capte tout de la retenue d'eau. De la baignade. De la fraîcheur de l'écume à la peau frissonnante.
Ta chair de poule. Tout est mémorisé. A chaque cigarette. A distance. Dans mon brouillard mutique.
Je ne dis rien. Je collectionne. Je scanne. Dans chaque brassée de tabac. Je sédimente les souvenirs.

Je jette mon filet de volutes pour attraper mes proies. Les garder dans la besace de mes poumons.
Je capture les instants. Je ne fume pas. Je filme.
Je filtre mon bonheur. Les sensations de vivre. D'être vivant. Ou d'être heureux. Et amoureux.
Tout du réel est aspiré. Tout de l'environnement. Tout du moment. Et je t'inspire. Dans mes canaux.
Dans mes couloirs. Dans mon dédale de séquences. Sur la pellicule où tout s'imprime.
Je prépare ma clope comme d'autres arment leur fusil. A chacun ses cartouches.
Je vais chasser les images. En silence. A mon poste. Le briquet dans mon poing. J'allume.
Et c'est parti. J'inspire. Le dîner au resto. Et le resto avec. La conversation. La température de l'air.
La nuit et les étoiles. J'inspire. Le ronronnement du chat. Et le chat avec lui. Qui partent dans mon torse.
Projetés dans ma poitrine. Enroulés sous mes pectoraux. Je ne vole rien. Je filme.
J'inspire ce que je regarde. J'inhale ce que j'observe. Pour ne rien en perdre.
Et j'expire à chaque inspiration, le trop-plein d'un bonheur trop grand pour moi.

 

Philippe LATGER / Juillet 2022

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Publié depuis Overblog

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Juillet 2022.

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Aux naufrages fantômes

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La montagne est à l'os. Au cargo de Peyrepertuse.
La citée échouée. Flanquée en altitude.
Aux gencives boisées. Aux soirées qui s'allongent.
Le navire a fendu, à l'intérieur des terres, des vignes et des vallées.
Pour venir se nicher au sommet d'une vague. Pétrifiée. Immobile.
Le temps s'y est arrêté. 
La carcasse de l'épave n'est peut-être pas hantée. La vie y continue.
Avec ses dames et ses chevaux. Quelques ecclésiastiques.
Une vie brouillée par la nôtre. Les deux superposées. Comme des ondes radio.

Et ça grouille de mouvements dans les pierres figées. La mémoire du nid d'aigle.
L'ombre s'étire des murailles ruinées. Ce qu'il reste de tours. Ce qu'il reste d'églises.
Indifférente au regard qui se lève sur elles. Quelques siècles plus tard.
La montagne est à l'os. La dent et la gencive. Aux vils surgissements. Aux naufrages fantômes.
Une ville oubliée perchée sur son récif. Où l'eau s'est retirée avec les âmes humaines.
Les étés ont passé pour raviner l'image. Sécher les jours de fête, le chant des processions.
Le suivant pousse la nuit dans ses retranchements. S'installe pour régner sur le cours du Verdouble.
Quand le brasier du ciel refuse de s'éteindre. C'est l'heure du plaisir. Le temps de la lumière.
Quand tant d'autres avant nous étaient là pour en jouir.

 

Philippe LATGER / Juin 2022

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Me sauver. Au plus vite. Ou crever.

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Le noir a empli l'espace. Plus sombre que les ténèbres.
Pas un pixel de lumière. Le tombeau. Hermétique.
Un noir qui ne peut exister. Impossible dans la réalité.
C'est celui dans lequel je me réveille. Sans rien à quoi m'accrocher.
Comme dans le vide. Désincarné. Le noir complet.
Un vide plein de cette noirceur épaisse. Ce n'est pas un espace.
C'est autre chose.
Quelque chose de compact. Très dense. Très compact.
Comme de la roche. Ce n'est pas le vide. Mais un plein. A craquer.

Ce noir sans limite. Comme la nuit n'en a jamais. Comme l'univers est incapable d'en produire.
C'est une hyper-matière. Hyper-condensée. Dans laquelle je me suis réveillé.
Un goudron gluant plus sombre que le noir. Dans lequel je ne suis pas seul.
Je m'en rends compte. Il y a une présence.
Près de moi. 
Tout près.
Qui respire.
Je ne peux pas voir. Je ne vois rien.
Je peux sentir et entendre. Je peux éprouver. Mais ne peux rien y voir.
Dans ce noir. Sans nuances. Sans reflets. Sans repères pour me situer.

Cette respiration. Trop proche. Qui m'épouvante.
Une menace.
A laquelle je dois échapper.
Tout de suite.
Je dois me sortir de là.
Je dois me réveiller.
Je rêve. Et ce noir n'existe pas.
Pas dans la réalité.
Je dois me réveiller. Je dois me sauver. Au plus vite.
Et, sans corps pour le faire, je dois trouver de la force. Une force surhumaine.
Pour me réveiller. Echapper à la menace. Qui jubile. Et respire si près.
Je me réveille enfin. J'y suis arrivé.
Je me redresse dans mes oreillers. Epouvanté.
En panique. Désorienté. Je dois retrouver mon souffle.
Dans un noir suspect. Qui m'entoure. Toujours le même. J'ai échoué.
J'y suis toujours. La respiration tout près de moi. Toujours plus près.
J'ai échoué.
Je dois me réveiller.
Me sauver. Au plus vite. Ou crever.

 

Philippe LATGER / Juin 2022

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Assourdissant

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Rien. Dans le silence. Ne se tait.
 

Philippe LATGER / Juin 2022

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Vira

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VRAI
IVRA
AIVR
RAIV
VRAI
VRIA
RAVI
IRVA
VIRA

 

 

Philippe LATGER / Juin 2022

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juin 2022

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juin 2022
juin 2022

photos Maxime Gralet

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Tout est vrai

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Ton corps t'appartient. Ton corps ne t'appartient pas.
Tu es unique. Tu ne l'es pas.
Tu as le choix. Tu ne l'as pas.
Tout est vrai.
Tu es libre. Tu ne l'es pas.
C'est les deux à la fois.
La vérité est partout. Partout à la fois.
Aux forces contraires. Aux forces sincères. Tout est vrai.

 

Philippe LATGER / Mai 2022

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2010 - 2020 ...

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Et nous sommes entrés dans l'ère de l'hyper-sensibilité écologique.

 

Philippe LATGER / Mai 2022

 

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