Top articles
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Corinthiennes
Le talon sur le talon aiguille. Dans son bas. Sur son talon haut. Descend du trottoir. Monte dans le taxi. La jupe. La portière. Les jambes croisées. La chevelure offerte. La main s'y perd. Rétroviseur. L'escarpin. Le sac à main. Le rouge à lèvre. Un...
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Les Abbesses
La jupe se balance. Comme les rideaux du train. Comme le sac à main. Comme la jonquille au vent. Dans un jeu de quilles. Les talons aiguilles. Battant le pavé. Montmartre est paré. Elle est décidée. Les cheveux se balancent. Les hanches se balancent....
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Ambroise
Cette rouille aux chaussons de danseuses. Une plage tragique. Privée d'horizon. L'univers est rond. Cerclé de barricades écarlates. Le soleil est plomb. Les ballerines sont souples. Elles sont plates. L'échassier se campe. Le galbe du mollet. La cheville...
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Et des pluies tropicales
Je vous le dis tout de go. On ne se caresse pas assez. On ne se touche plus assez. Refoulez vos sourires salaces. Je ne parle pas de sexe. Je parle de contact. Je parle de tendresse. Il faut aimer le corps. Il faut aider le corps. Aider la lymphe à circuler....
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Tu me violes
De tes yeux, tu me violes, tu embrasses mes sens, réveilles ma chair, détruis les frontières et révèles le sens. Tu m'embrasses furieusement, m'enveloppes, me vois nu, me dévores, dans l'appétit cannibale de ce regard soutenu, insistant, désespéré, éhonté,...
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Never Sleeps
Bon. Philippe. Il y a longtemps que je te devais cela. Mais il me fallait du temps pour te donner une réponse à la hauteur de ce que j'ai vu. Nous parlions à l'instant de cinéma... c'est de cela qu'il s'agit. Je ne suis ni un expert, ni un critique, juste...
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Enfin libres
L'éblouissement. A ta bouche. A ton souffle. A ton âme. A tes regards qui me sortent par les yeux. Enflamment le pigment. A mes mains faites pour ta nuque. A tes ongles dans ma peau. A tes cils qui m'éventent. A tes larmes à mes lèvres. A ton bras replié...
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Félix
La bâtisse, éblouissante de blancheur, se dressait sous les pins et les eucalyptus, au-dessus desquels s'ouvrait un ciel immense. Sous la jupe des arbres, scintillaient les volutes de reflets indisciplinés que le soleil faisait danser par réverbération...
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Toujours prêt
Ce doit être étrange de mourir. D'en être conscient. Est-ce que l'air nous manque soudain ? Est-ce qu'on se sent passer à travers les muscles et la peau ? Attiré vers le haut ? Ailleurs. Dieu sait où. J'ai ce mauvais souvenir du réveil de l'anesthésie...
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Hélène Grimaud
C'est un hélicoptère qui rase les champs, et je suis dedans, et les pales chassant l'air écrasent des vagues de maïs, ouvrant une mer de Moïse. Les plants s'inclinent en une révérence. Une trachée de mouvements invisibles. Un souffle dans la jungle d'épis...
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Les Scrofs
La terre se mit à gronder. Comme au passage d'un troupeau au galop. " Qu'est-ce que c'est ? " Michel fit les gros yeux en plaquant un index tout raide sur sa bouche pour faire taire les enfants. Jean, l'air grave, se tassa dans ses épaules en faisant...
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Tramontane
Le vent ventriloque, siffle et soliloque dans le vide violent. Et moi ? Je fume... Le vent virevolte, souffle et me survolte dans l'avide relent. Et moi, je hume... Tramontane natale, qui me tourmente encore, où que j'aille. Nostalgie fatale, qui tournoie...
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Argile et papier kraft
C'est le papier froissé qui étoffe la crèche, cabossé et plissé comme une jupe rêche, qui ignore les canons qui voudraient en découdre, aux coquilles des pignons dont on aime la poudre, sa couleur cacao pour maquiller nos doigts triturant le chaos près...
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Comme la poussière face au vent
L'enfant n'avait pas un regard de son âge. Partout où il se trouvait, il créait un malaise. Ses camarades à l'école s'en tenaient loin, si bien qu'il passait ses récréations à jouer tout seul. Même ses professeurs gardaient une distance, avaient du mal...
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Le trèfle et la jacinthe
Je cours dans les torrents, je cours dans les cailloux et les forêts abruptes, parmi les chênes verts, les sapins blancs et les pins noirs, dans les clairières, les vallées, où le soleil éructe, je cours dans la garrigue, je cours dans les rochers, sur...
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La division ne profitera pas au peuple
Le peuple doit aider les politiques à reprendre le pouvoir. Le peuple doit aider sa représentation démocratique à s'émanciper du pouvoir de la finance. Pour l'intérêt général. Pour son propre intérêt. Le peuple ne doit pas conspuer ses politiques. Il...
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Ceux qui savent vieillissent
Les barbares se croient à la pointe du progrès et au sommet de la civilisation, mais, et c'est bien à cela que l'on reconnaît la barbarie, ils ne savent définir ni l'un ni l'autre, n'ont aucune idée ni notion de ce que ces mots veulent dire, en font des...
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Erato et Thalie
Erato et Thalie partagent ma couche chaque nuit. Calliope nous y rejoint parfois. Mais ce sont les deux premières que j'invoque aux ténèbres et au silence de la nuit, et se révèlent les plus généreuses. Les plus fidèles. Les plus intimes. Ce n'est pas...
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Contre la tension
" La tension … - Pardon ? - Attention à la tension. - … ? - Attention… à la tension. - Ah. Oui, ça y est. C'est comme la tante. - Je vous demande pardon ? - Ben, l'attente de la tante. - Ah non, vraiment, moi je vous mets juste en garde contre la tension....
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Cancer généralisé
- Et donc, nous allons mourir ? - Oui mon enfant. Tout ce qui vit doit mourir. - Et l'on ne se verra plus ? Je ne te verrai plus jamais ? - Je deviendrai autre chose. Tu deviendras autre chose. Mais si tu penses à moi, je ne mourrai pas vraiment. Je serai...
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Depuis que je te sais
La nuit est plus nuit. Le jour est plus jour. Le soleil plus soleil. L'été plus été. Et mes mots impuissants. Le temps désamorcé, désorienté. Pulvérisé. Il n'y a plus que nous. Dans nos yeux. Dans nos mains. Et le cœur à tout rompre. Quand je te respire....
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Alain sur le 400
Stéphanie est chauffeur d'autobus. Chauffeur, c'est genré, mais plus approprié que chauffeuse. Et plus joli que chauffeure. Chauffeur, c'est bien. Et ça ne la gêne pas. Son collègue, stationné sur le quai d'en face, lui envoie les passagers qui vont à...
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D'être deux
Mon plaisir est dans l'ombre au milieu des acanthes et de silhouettes sombres qui singent la tourmente d'une nuit lumineuse. Au citronnier bizarre et nos vies venimeuses, la ville est un bazaar. Aux ténèbres chantées, le vin peut tout résoudre. Le sourire...
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Frein à main
Il est moins facile. Le texte que le trait. Il est plus long. Plus laborieux. Le chemin pour le moudre. L'absorber. Ou l'entendre. Le comprendre. Le dissoudre. Le temps que cela prend. C'est la clé. Plus long que pour le trait ou pour la note. Il faut...
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Et la faïence bleue
Le dos nu. Le dos brûle. Au soleil. Le dos missile dans son canyon de bulles. Sous-marin. Les épaules sont cuites. Elles se frayent un chemin. Dans le vague. La piscine. Et la faïence bleue. La lumière aveuglante. Le ciel blanc du brasier qui fait plisser...
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