Top articles
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Prince
Les cuivres en section, haletants, pétaradaient façon James Brown, barrissant dans la sueur ce qui revenait comme une ponctuation, pour reprendre sa respiration, dans le déferlement d'une énergie toute sexuelle, déroulée sur une ligne de basse inépuisable,...
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Toi, toi-et-moi et moi
Crois-tu que j'aie oublié ? Le contact de ta peau. Le contact de tes lèvres ? Croyais-tu que tu avais oublié ? Ce que c'est de sentir nos deux corps épousés. L'un contre l'autre. Pouvais-tu imaginer un seul instant que l'attraction ne fonctionnerait plus...
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Dugommier
Je ne sais pas ce qu'il s'est passé mais la soirée est plus belle, plus légère, plus lumineuse, dans ce que la nuit peut avoir de plus brillant, érotique et éblouissant. Une promesse qui déboutonne ma chemise et m'ouvre gentiment la poitrine. L'été s'est...
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L'été se fane
La peau est brune. Brûlée. A l'épaule. Salée. Parfumée. A croquer. Elle sent le soleil. L'ambre solaire et la Méditerranée. Mon corps réagit. Comme au plaisir de cueillir le fruit mûr. La promesse du plaisir. Qu'il est bon et sexy de faire durer. Attendre...
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Toi pour qui la route est droite
Je ne sais. Où je vais. Le sais-tu ? Tu sembles bien sûr de toi. Ou philosophe. Comme si ton chemin ne pouvait être un autre que le tien, celui que tu parcours, depuis toujours … mais l'as-tu seulement choisi ? J'ai trop d'options. Trop de goûts. Trop...
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Sur le sentier de la guerre
Que veux-tu être à ta seule conscience ? Que veux-tu être dans tes seuls yeux ?Les hommes ne s'unissent plus. Ils se séparent.Et je souffre pour eux à leur illusion de conquête.De quel butin pensent-ils pouvoir jouir dans les caveaux de la solitude ?On...
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La Roquette
La rue de la Roquette et ses restaurants. Et sa foule de Parisiens. Les voitures indésirables. Sauf celles, convoitées, des taxis que l'on s'arrache. Arrêtées entre deux terrasses qui débordent les trottoirs. Prises dans les groupes qui hésitent. Telle...
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Bien assez tôt
Des villes se sont éveillées ailleurs. Là-bas. L'aube est venu poindre. A l'horizon.Le ciel s'est allumé lentement de lueurs miraculeuses pour tirer les hommes de leur sommeil.Des villes grouillent au matin de boutiques qui ouvrent, de livreurs en retard,...
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Réparateur
Je te regarde dormir. Allongé dans les volutes de ma cigarette.La télévision continue à diffuser une série débile que nous ne regardions pas.Les lampes à diffuser une lumière timide perturbée par le stroboscope de la télévision.L'éclairage est doux comme...
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Les cristaux de calcite
J'apprivoise le granit du Sidobre et les marbreries funéraires. Les vieilles grilles et le gravier. Les herbes folles et les visages en médaillons. Le ciment taché de mousses. Les vases aux eaux croupies et les fleurs artificielles. J'apprivoise l'horizontalité...
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Le tabac brun
Ce n'était pas une voie de circulation. Ou bien seulement piétonne.La rue pavée était une impasse. Du moins pour les automobiles. Quand elle s'arrêtait au pied de l'escalier.Pour les Parisiens affranchis de la pesanteur de la voiture, c'était une rue...
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Trop de questions pour une chanson
C'était une chanson, puisque j'étais là pour en écrire, puisque c'est ce que l'on me demandait.Et je n'avais pas l'intention de faire autre chose que ce que je savais faire.Moi qui détestais l'idée de résidences, j'avais accepté de passer quelques jours...
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L'été a lâché prise
La nuit de septembre et sa purée de pois. Le duvet d'humidité au-dessus de la ville.Le halo anisé qui peut situer le ciel. Hésitant entre le vert et l'orange.Et ça sent la rosée sur du métal rouillé. Le bois détrempé et l'herbe fatiguée.La nuit effilochée...
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Le sommeil en éveil
J'aimais les ombres chinoises.Que les phares des voitures faisaient en filant dans la nuit.Le store de bois baissé aux trois-quarts. Mon petit lit sous la fenêtre.Et les voitures qui filaient sur la route de Fronton ou la route de Paris.J'étais seul dans...
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La Casa de los Picos
Nous étions allés dans la poussière de Judes. Dans la province de Soria. En Vieille Castille.Mais un ami à Madrid me regarde de travers et me reprend : " Castilla-León ? " Je le dévisage, interdit.Mon Castilla la Vieja semble lui avoir provoqué une décharge...
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Le lièvre
Il faut faire vite. J'ai longtemps pensé qu'il fallait faire vite. Mais plus ça va, plus c'est vrai.Une année de plus. Une année de moins. Le tic-tac infernal. Pour moi le lièvre. Ou la cigale.J'ai perdu du temps. Celui que je m'étais donné. Mais ce temps-là...
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Le fouet d'un rapide
Au train où vont les choses, je ne le prendrai pas. Je ne veux pas y aller. Le métal sur l'acier. Le fer sur le gravier. Les portes automatiques. Gibier de caténaires. Pour jouer au pendu. La corde et la potence. Au bout des voies ferrées. Au rythme où...
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Et qu'elle était la nuit.
Le ciel est un tapis de braises. Infini. Los Angeles de nuit, crépitant à perte de vue.Des grillons, des rainettes, de concert, donnent du rythme à ce spectacle, une respiration, ou un tempo.La campagne, cette nature façonnée par l'homme, profite qu'il...
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L'uniformisation ne fait pas l'égalité
C'est différent que je me sens vivant.Je ressemble tellement à tout le monde. Comme tout le monde.Que dès qu'une chose de moi semble pouvoir me distinguer, je m'en saisis, et j'en jouis.On peut jouir aussi d'être comme tout le monde. Mais on jouit mieux...
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Tour de guet
Des palais en galets, la peau hâlée, salée, il fallait aller sur les Allées, de platanes en palmiers, trimbaler son sourire sous la voûte étoilée pour humer la nuit chaude et le mois de juillet, jusqu'aux courbes ventrues de ce galion de briques qui nous...
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L'hiver solidaire
Qu'il est doux, dans les dents, dans les cils, en dedans, le rayon de lumière. Qui grimpe dans mon lit pour chauffer ma figure, enflammer mes paupières. Entre les contrevents, il s'invite, il se glisse, et le voici, arsouille et impoli. Je ne l'avais...
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Le paresseux
Je ne sais pas ce qui motive le paresseux à se suspendre dans les arbres, dans mes cheveux, la tête en bas, et, tête bêche, nous nous coiffons. Aux fourmiliers indolents, aux pelages de lévriers afghans, la raison d'être est minime, lorsqu'il faut s'alimenter,...
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Temps de travail
Dans les énormes oreillers immaculés, je me redresse, les cheveux en pétard. Même après une nuit de sommeil, les taies sentent la lessive comme si elles sortaient à peine de la blanchisserie, tout comme les draps, dans lesquels je m'étire, et m'entortille...
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Make up
L'huile coule sur mon visage.Fait couler le maquillage.Ce n'est pas la mort, mais de mourir qui m'inquiète.Les aiguilles tricotent le dénouement,mes nerfs en pelote, et mes veines shootées,le dénuement final, allongé à la morgue,on prépare mon corps,...
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Pitié
Je n'ai rien à donner d'autre que ce que je suis.Ce que j'ai vu, perçu, senti, aimé, caressé et pris dans la gueule.Je n'ai rien d'autre à donner.Les entailles et les plombs. Les blessures de guerre.Le pistolet sur la tempe. Entre les deux yeux. Dans...
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