Pitié
Je n'ai rien à donner d'autre que ce que je suis.
Ce que j'ai vu, perçu, senti, aimé, caressé et pris dans la gueule.
Je n'ai rien d'autre à donner.
Les entailles et les plombs. Les blessures de guerre.
Le pistolet sur la tempe. Entre les deux yeux. Dans ma gueule.
Sur la détente, le doigt a tremblé. Le coup est parti.
Je vous dis pas le merdier. Pitié pour les gars qui feront le ménage.
Que pouvais-je recevoir ? Que pouvais-je donner ?
Les cicatrices vulgaires. Le cœur crevé.
Comme un vieux ballon que le chien a niqué.
De ses crocs sans pitié. De ses crocs sans pitié.
Tout le monde connaît le plaisir et ses désillusions.
Que pouvais-je vous apprendre ? Que pouviez-vous m'apprendre ?
Que nous ne sachions déjà ?...
La mâchoire serrée. La mâchoire serrée.
Pitié pour ceux qui vont nettoyer.
Philippe LATGER
Mai 2010 à Perpignan
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