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2021

La peau de ton cou que j'aime dévorer

Publié le

Au réveil du réveil. Au sommeil du sommeil. Je bandais.
Ta chaleur se cambrait sur ma queue.

C'était ta façon de me tirer des songes. Au lever du soleil. 
Mon esprit s'attardait dans un rêve quand mon sexe en avance jouissait de la vraie vie.
Ton cul s'offrait à lui. Ils faisaient l'un et l'autre ce qu'ils avaient à faire.

Alors que nous dormions encore.
Je n'avais pas ouvert l'oeil que mes hanches cherchaient les tiennes.
Puisque ce qui durcissait de moi se calait à merveille dans la ligne de partage de tes fesses.
Il fallait que cela fonctionne. Que cela s'épouse. A la bonne taille. Au bon endroit.
Il n'y avait rien à réfléchir. Ma queue était faite pour ton cul. Ton cul était fait pour ma queue.
Je ne te pénétrais pas. Mon sexe allait et venait simplement en surface pour raviner la raie
et dans cette masturbation somnolente, je finissais par t'envelopper de mes bras
pour mieux respirer ta nuque. Tes cheveux. La peau de ton cou que j'aime dévorer.
Cela pourrait mal tourner. Mais c'est d'abord nos jambes qui s'emmêlent. Nos mains qui se nouent.
Les deux corps qui s'aimantent. Heureux de se reconnaître. Nos pieds qui se caressent.
Et deux esprits entre deux mondes qui voudraient y rester.

 

Philippe LATGER / Septembre 2021

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Et je le transforme

Publié le

Ecrire de la poésie. Composer de la musique. Dessiner. Faire de la politique.
Pour moi, tout cela est cohérent, puisque c'est transformer le réel.

Et je le transforme.

Philippe LATGER / Septembre 2021

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Faute de mieux

Publié le

Tu as trouvé mieux. Manifestement. Ce n'était pas si difficile. J'imagine.
Tu me l'avais dit franchement. " Je suis avec toi faute de mieux. "

Ce que j'avais pris pour un compliment... De ta part, c'était un coup de griffe. Une punaiserie.
Jetée comme une gifle. Mais moi j'étais content. Parce que ça voulait dire qu'il n'y avait pas mieux.
Donc oui. Pour moi c'était un compliment. La plus belle chose qu'on m'ait dite.

" Je suis avec toi faute de mieux. " Parce qu'il n'y avait pas mieux. A l'époque.
Tu insistais alors sur le fait que nous n'étions pas ensemble. Et j'y pense maintenant.
Nous n'étions pas ensemble, mais tu étais avec moi. Même " faute de mieux ". Surtout " faute de mieux ".
Tu étais avec moi. Et j'étais avec toi. Je suis avec toi. Faute de mieux. Mon amour.
Je crois que cela fait un mois que nous n'avons pas fait l'amour. Et c'est insupportable.
Tu as dû trouver mieux. Nous n'étions pas ensemble mais tu étais avec moi. Tu ne l'es plus.
Tu es chiant. A tout vouloir tout le temps. Et encore autre chose. Quand j'étais tout pour toi.
Qu'es-tu donc aller chercher que tu n'avais déjà ? Qu'es-tu allé chercher que tu ne savais déjà ?
Puisque je suis l'homme de ta vie. Que tu ne veux pas que je meure. Que je t'aime comme personne.
Faute de mieux. C'était il y a un mois encore. C'est donc que le mieux est arrivé dans ta vie.
Plus jeune j'imagine. Plus talentueux. Sans doute plus drôle et plus facile à vivre. Ok.
Ce n'était pas si difficile. Manifestement.

Je me demande ce qu'il t'apporte de plus. Vous faites la fête ensemble sans doute.
Moi, ça me fait chier, aujourd'hui, c'est vrai. De faire la fête... ça m'ennuie.

Je préfère faire l'amour. Te faire l'amour. Et ça fait un mois que nous ne l'avons pas fait.
Tu pouvais aussi bien faire la fête avec lui, et faire l'amour avec moi... ça n'était pas possible, ça ?
Je ne t'empêchais pas de faire la fête. Ce n'est pas parce que je n'avais pas envie que tu ne pouvais pas.

C'est bizarre. Il y a encore un mois tu me disais... " je ne te dirai pas que tu es tout pour moi ... ",
tu as dit ça en plongeant tes yeux dans ton assiette, " ... sinon, tu imaginerais ... "
J'aurais imaginé quoi ? Que nous étions ensemble ?
Je te regarde danser pour moi sur la plage. Et je sais que personne ne saura comme je sais.
Personne ne peut savoir qui tu es comme je le sais. Et de quel bois tu es fait.
Je suis le seul à savoir. A savoir ma chance. De t'avoir rencontré.
Tu peux être avec un autre. Moi, je suis toujours avec toi. Comme tu l'étais avec moi. " Faute de mieux. "
Tant mieux mon amour. Tant mieux si tu as trouvé mieux. Ce n'était pas si difficile. J'imagine.
Moi, je n'ai pas trouvé. Ou plutôt si. Il y a deux ans. J'ai trouvé ce qu'il y avait de mieux. Au monde.
Je t'aime libre. Même d'être injuste. Même d'être égoïste. Ingrat et capricieux. Parce que je t'aime.
Tel que tu es. Faute de mieux. Suis ta route. Sors de la route. Je suis ton mec. Et je ne mourrai pas.

 

Philippe LATGER / Septembre 2021

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Tellement c'est grand

Publié le

Tu crois quoi ? Je t'aime plus encore qu'autrefois.
Puisque je te connais mieux. Jusqu'aux névroses. Jusqu'aux noirceurs.
Je sais tes défauts. Je sais tes faiblesses et tes choses honteuses.
Et c'est plus fort encore de t'aimer si fort, encore, à la lumière de toutes ces informations.
Je ne suis plus ébloui par le fantasme de la rencontre. Ni par le coup de foudre.
J'ai vu tout ce qui m'agace chez toi. Tout ce qui m'exaspère et me désole.
Mais rien ne me décourage. Bien au contraire. J'avance en toi. Chaque jour davantage.
Sans que mon amour vigoureux ne faiblisse. Il ne s'éteint pas. Il s'accroît.

C'est une sorte de miracle. Qui m'étonne moi-même.
Plus de deux ans plus tard, après bien des méandres et des montagnes russes,
mon amour n'est pas intact il est vrai quand il est bien plus sûr de lui et encore plus grand.
Il est si facile d'aimer quelqu'un pour ses qualités, ou seulement pour ce qu'il veut laisser paraître
à la parade du départ et de la séduction. Au départ, j'ai pris un 33 tonnes dans la tronche.
Comme si j'avais su aussitôt que cela n'avait pas juste été un coup de foudre parmi d'autres.
J'ai su que j'allais en chier. Que tu allais me faire de tout. Et j'ai tellement aimé ça.
C'était assez prévisible. Ce qui ne l'a pas été au fond, c'est mon endurance et ma constance.
Traversant toutes les crises sans m'y abîmer. Quand mon amour pour toi, m'a rendu
invulnérable.

Tu n'imagines pas la force. La force que tu me donnes.
Tu n'as pas idée des forces que tu décuples en moi.
Malgré les mauvais coups qui auraient dissuadé les plus récalcitrants.

Je me découvre une force que je ne me connaissais pas. Celle de mon amour pour toi.
Une force plus grande que moi. Exponentielle. Démentielle. Merveilleusement solaire.
Qui traverse tout sans perdre de puissance. Sans perdre de lumière.
Plus je te connais. Et plus je t'aime. C'en est presque effrayant.
Tu n'as pas idée. Tu n'as aucune idée de ce qui m'arrive. Et de combien je t'aime.
Ni de comment je t'aime. Comme je n'avais jamais aimé avant.
Et je n'en dirai rien. Cela t'épouvanterait presque.
Tellement c'est grand.

 

Philippe LATGER / Août 2021

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L'étrangeté respire

Publié le

Pleurez les pleurésies,
la bave aux plèvres, sa lave, sa fièvre,
qui ronge le pharynx. Et le digère. Pancréatique.
Le corps. S'échappe de lui-même.
Salive. En vieillissant.

Le sang.
Les poumons.
L'étrangeté respire.

 

Philippe LATGER / Août 2021

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Jusqu'à l'épuisement

Publié le

La fatigue est l'ombre de la force.

 

Philippe LATGER / Août 2021

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Et mon corps à Camus

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Le sable a un parfum. Le sable de ma plage a un parfum. Eblouissant.
Aux figuiers de barbarie. Au soleil blanc qui dévore tout jusqu'au vertige.
Le sable brûlant de la plage a un parfum. Celui de ma pinède. Ou de l'enfance.
L'Espagne ou l'Algérie. Le Maroc ou la Grèce. Pour moi, les choses sont claires.
Ma civilisation est la Méditerranée. De Tanger à Istanbul. J'y suis chez moi.
Des Berbères aux Ibères, c'est Rome à Tipaza, et mon corps à Camus.
Mon sable a un parfum. C'est celui de ma peau. Celui de la pinède.
De tous les plaisirs terrestres offerts en abondance comme myriade de fruits.
C'est la volupté d'être. Le tragique d'être seul. La victoire de croire.
Et la rage d'aimer.

Le sable a ton parfum. Et la voix de ma mère. Dans les rouleaux d'écume.
La chair de la tomate. Quand l'Eden est l'été.
Sans scrupules ni panique d'être au monde et de vivre.
Ma civilisation est une mer. Tout ce qu'elle a produit me construit.
Des muezzins au flamenco, je reconnais tout. A la chair de l'orange.
A ton sexe. A ta bouche. Au jasmin des ruelles. A l'ombre inespérée.
L'été est mon Eden. Et la mort empêchée.

 

Philippe LATGER / Août 2021

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Août 2021

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Août 2021

Philippe Latger Août 2021 LatG

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Mon sang règne en maître

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Montagnes. Ecartez vos cuisses 
que je puisse
passer.
Froncez vos plaques que vous puissiez jaillir.
Je vous déchirerai à l'usure.
J'éroderai vos flancs.
En mille ans.
Je suis l'éruption de la source.
La lave de l'eau qui coule.

Pour incendier la terre et féconder la nuit.
Je suis le brasier éternel
qui ne s'éteint jamais.
Et mes flots incessants
vous ouvriront la gorge.

Je porte le vivant
partout où je m'infiltre.

Et je serpente
entre vos jambes en souterrain.

Je déborde de force,
de détermination.
Je ravine les vallées.
Je déplace les falaises.
J'ai la vigueur des flammes
que je peux étouffer.

La vie est ma matière.
Je la sème au passage.
Aux obstacles de roches
que je creuse patiemment.
Je déferle furieux
pour irriguer le corps
d'un brin de voie lactée.
Où mon sang règne en maître
pour inonder le monde.

 

Philippe LATGER / Août 2021

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Que j'aie vue de ma vie

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Sensoriellement. La lèvre. Du bout des doigts. Ta bouche.
Nerveusement. Et l'électricité. De ma peau à ta chair. A l'aveugle.
Sous la moustache. Je la relève. Pour voir tes dents et tes gencives.
Tu suces mon index. Qui trouve ta langue. Ce muscle impressionnant.
J'enfourne le majeur. Et le sang afflue plus bas. Par association d'idées.
Je me concentre sur tes mâchoires. Tes pommettes. Les arcades sourcilières.
Ce visage parfait. Et ce nez étonnant. Que je n'ai toujours pas compris.
Dont je ne me lasse jamais.

Le sexe peut s'emballer, j'ausculte tes oreilles. Tes cheveux et ta nuque.
Le sentiment amoureux est celui de l'émerveillement. Et tu m'émerveilles.
Je pensais tout connaître. Redécouvre toujours. Le menton et sa barbe.
Et la pomme d'Adam. Qu'il me faut effleurer. Dessiner et croquer.
Je t'agace. Je t'énerve. Je t'excite autant que je t'exaspère. Je m'amuse. Je m'émeus.
Tu es la plus belle chose que j'aie vue de ma vie.

L'émail apparaît à cette bouche entrouverte qui cherche à téter. En dormant.
Et ta respiration m'envoûte et m'hypnotise. Quand je suis fasciné.
Tu ouvres les yeux. Des rangs de cils épais se soulèvent. Révèlent tes iris.

Tu me reconnais. A la fois déçu et rassuré. Et j'y obtiens un sourire.
Tu as tort de sous-estimer l'amour. Tu as tort de le trouver ringard ou galvaudé.
Tu le réinventes ici. Et c'est la chose la plus révolutionnaire du monde.

Toi qui as toujours envie d'autre chose que de ce que tu as, tu peux bien te noyer
dans le verre d'eau de ta rivière où je t'aide à monter une digue pour la retenir.
Si tu ne sais pas ce que tu veux, moi je sais.
Et ce n'est pas t'enfermer. Contrairement à ce que tu penses.
La pression de ta main dans la mienne se relâche. La tête bascule. Tu t'endors.
La plus belle chose que j'aie vue de ma vie. Je ne dormirai pas ou jamais plus
de la nuit.

 

Philippe LATGER / Août 2021

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