GianFranco
Créature de Dieu, ou du Diable peut-être,
il est déchu des Cieux, vautré dans le salpêtre.
De ses ailes dénués, coupées dans son envol,
le seul ange sexué, retrouvé sur le sol,
est offert aux humains dans l'or du crépuscule,
doté de belles mains, doté de testicules,
et d'un membre viril à donner le vertige.
Le plus beau des pistils au sommet de la tige.
C'est sans penser à mal, tombé nu sur la terre
comme un fauve animal, qu'il surgit du cratère
de nos désirs enfouis, du fantasme damné,
de l'orgasme inouï, du plaisir condamné.
Le regard ténébreux, la ligne sensuelle,
il est le corps fiévreux, la bombe sexuelle.
Sa peau semble cuivrée, j'en frémis davantage.
Libido délivrée, je jouis sur son image.
Toutes mes pulsions tanguent sur ce cheval de selle.
Je flanquerai ma langue, le long de son aisselle,
lissant ses poils gorgés d'une onctueuse sueur,
m'enivrant, enragé, du sel et des lueurs
de sa chair odorante, aux saveurs voluptueuses.
Pensées déshonorantes. Folie délictueuse.
Le plaisir transcendé dans le trou d'une olive.
Je pourrais inonder d'un surplus de salive
cette jungle velue autour de l'orifice.
Il est le mâle élu, digne du sacrifice,
la Nature exhortée, sur le tronc et ses branches.
Les cuisses écartées, le démon se déhanche.
Dans mon rêve pervers, érotique, éperdu,
il va nu comme un ver, le bas-ventre tondu.
A l'ombre du pubis, pendaient un sexe lourd,
la sombre fleur de lys, le lombric de velours,
le paquet de pollen, sous le dard venimeux,
le serpent de l'Eden et ses crocs vénéneux,
la veine ramollie, imbibée de poison,
vénérienne impolie, vénérée en prison,
qui devient le barreau de moultes délivrances,
quand la main en garrot, prépare la semence.
C'est ce flasque appareil, ce triptyque savant,
qui s'offrait au soleil, aux caresses du vent.
Il vient, l'air innocent, exhibant ses gonades
et fait bouillir mon sang, mes chevaux en manades.
Je veux apprivoiser le feu de mon bourreau,
sa chaleur attisée, tout son corps de taureau.
Sur ses cuisses poilues, mon délire gourmand
dont l'errance évolue, s'égare lentement.
La caresse appréciée, empoigne puis malaxe.
Je palpe ses fessiers avant de chercher l'axe.
A l'arrêt, mes doigts lissent une étroite surface,
puis fouillent son abysse, en titillant l'impasse.
Quand ma main sort du bois, du suave terreau,
il se cambre, aux abois, tel un fier torero,
et gémit doucement sur l'index qu'il adule.
Le majeur est l'amant du bassin qui ondule :
le bon grain de l'ivraie, il trie et sélectionne.
Tout le faune enivré, vibre et se contorsionne.
Tout le fauve en chaleur, me supplie de frapper,
fait rougir ma pâleur aux râles échappés.
Si tout le corps frissonne à nos mâles embruns,
au sein d'une couronne au disque dru et brun,
le téton érectile est gonflé de plaisir.
La montée est tactile et toujours à saisir.
Il est le dieu vivant de mes pensées coupables,
l'Apollon énervant, au charme redoutable.
Il dénoue tous les liens, inspire tous les mythes,
C'est l'esclave italien, le latin sodomite,
à poil sous son linceul, que le désir perturbe,
le prisonnier, tout seul, brûlant, qui se masturbe,
le berger perverti, le beau maître-nageur,
cet éphèbe inverti au sourire enjôleur.
C'est le soldat romain, le footballeur en manque
qui joue avec sa main, ou l'employé de banque
qui se touche la queue, branle ses appendices,
l'apprenti maître queux dont les muscles raidissent,
le livreur de pizzas qui se livre aux clients,
ou le groom du Plaza au regard suppliant,
l'étudiant gémissant qui jouit le diable au corps,
le nympho hennissant qui est toujours d'accord.
Il est le prince afghan, le prêtre araméen,
le vampire élégant, méditerranéen.
Il est tous les amants, les fantasmes tordus,
qui prend lascivement du plaisir défendu.
Il hante mon sommeil, mon panthéon maudit.
Il a mis en éveil tous mes sens interdits.
Je veux serrer les dents dans d'obscures latrines,
glisser ma main dedans le poil de sa poitrine,
en un jeu répugnant, le temps d'un simple zip,
renifler en grognant le tissu de son slip,
masser le contenu de son sous-vêtement,
le paquet retenu, enroulé sagement,
la promesse magique, l'affreux monstre hérissé,
pesant sous l'élastique que je ferai glisser
le long de jambes nues, de ses cuisses massives,
libérant l'inconnue, la trique permissive,
durcie comme un bâton, son fier membre viril,
matraque de maton ... la pique du toril.
Danseur de Flamenco ou acteur de porno ...
Sublime GianFranco sous mes abdominaux.
Mes griffes dans le dos du félin indomptable.
Toute ma libido revient se mettre à table.
Philippe LATGER 2003
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