Top articles
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Les cascades immobiles
Le silence a eu raison du bruit. Le vacarme s'en était allé. Le silence a pris la place. Il avait attendu son tour. Qui est venu. C'est d'abord un grand vide. L'impression d'un grand vide. Un lac. " Tu entends ? - Quoi ? - ... ce bruit. - Quel bruit ?...
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Aux boulets immatures
Séparer. Le bon grain de l'ivresse. Les signaux de détresse. N'est pas trompé celui qu'on croit. C'est pareil. Délivrer les caresses. Débusquer la paresse. Il n'y a pas de royaumes sans roi. Le soleil. N'habite plus à cette adresse. Puisque les fuites...
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A leurs narcisses
Je me signerai à toutes les peines, ce avant qu'il ne soit trop tard, je me saignerai aux quatre veines, pour te porter hors du brouillard où je laisserai mes dernières forces à t'aimer plus que de raison, à m'arracher toutes les écorces et les barreaux...
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A un mètre de moi
La lampe me projette sur le mur. Du coin de l'œil, je me vois. De profil. Une surface noire sur le mur blanc. Découpée. Le front. Le nez. Le menton. Les épaules. La lampe me projette sur le mur. Un autre moi-même, à un mètre de moi. Qui touille son café...
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Aux chevaux de Marly
Combien de fois ai-je tourné le dos au Conseil d'Etat ? Les eaux de la Seine sont magnétiques. Les mansards et chiens assis de l'aile Richelieu aussi. Un Ministre des Finances s'était laissé filmer là, un soir, dit-on. Le soir où il apprit son élection...
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Demain la veille
Je serai tout à l'heure dans la rue pour remonter la rue jusque chez moi. Je serai tout à l'heure devant la porte de l'immeuble où j'introduirai la clé pour la déverrouiller. Je serai tout à l'heure dans l'escalier, pour monter un, et puis deux, et puis...
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Poètes ouvriers
Au creux de la nuit et de son silence, l'écrin se réduisait à l'espace éclairé autour du phare de chantier. Le monde extérieur n'existait plus, quand la rue et la place disparaissaient dans l'obscurité. Et la lumière électrique redessinait autour de nous...
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A la lumière de cette lumière
En fait, c'est ça. Je comprends mieux. Il y a deux dimensions à l'amour que je te porte. Deux dimensions complémentaires qui se mêlent et qui expliquent parfois ma confusion. Il y a une dimension sociale, culturelle, humaine, et une dimension solaire,...
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Le quartier de Qiang
L'avenue est large, encadrée d'énormes sinogrammes rouge et or en bannières. Tapie à l'ombre des gratte-ciel de Lower Manhattan, China Town sent le métro et le miel caramélisé. Les enseignes prises dans les escaliers de service se mêlent aux guirlandes...
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Loto-persuasion
Croire n'est pas naïf. C'est une force. Comme la gentillesse. C'est la force d'une conviction. D'une détermination. Une force de caractère. Croire n'est pas dupe. Croire, c'est vouloir. Et se donner les moyens. Croire que l'on peut déplacer des montagnes....
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A quoi on joue ?
Et donc ?... Tu n'es pas censé écrire ? - Eh bien. Comment ça ? Qu'est-ce que je suis en train de faire ? - S'il te plaît, pas ça. Ne fais pas semblant. Tu m'as très bien compris. - Je suis en train d'écrire. - Je ne te parle pas de ces merdes pour la...
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Araignée du matin
Il faut chercher une nouvelle prise, un peu plus haut, détendre la jambe pour s'élever, la main brandie, agripper autre chose, pour s'extirper de l'étroiture, se hisser hors du gouffre, qu'il faut escalader. Sur mes appuis, je n'ai rien d'une araignée,...
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Mieux heureux
Pour l'instant, j'avance en confiance. Et plutôt joyeusement... - Dans l'espace ou dans le temps ? - On n'avance que dans la vie. Non ?... - ... Tu veux dire que tu avances en âge ? - Peut-être. Oui. C'est le seul mouvement qui compte. Le seul qui ne...
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T-rêve
Le sommeil me tourne autour. Veut m'entraîner ailleurs. Je ne veux pas y aller. Ma vraie vie, éveillée, est si belle, bien plus belle que tous les rêves que mon cerveau et mon imagination chercheraient à produire. Je lutte. Je ne veux pas dormir. Je veux...
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Rennes-les-Bains
Des pampilles à tes épaules brunes. Qui perlent sous tes cils et au coin de tes lèvres. Tu sors de l'eau dans un habit de lumière. Cheveux mouillés. C'est la lumière qui trouve son maître. L'éblouissement. Et moi, j'y crois. Débordant d'appétit, tu te...
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La tramontane est là
J'aime les Eaux de mars. Qui se font attendre. Au ciel déchiré par la tramontane. Aux nuages effilés, craqués et balayés. Le bleu revient en maître. S'imposer au plafond. Au coin de nos fenêtres. Aux horizons profonds. Variateur de lumière, dans la course...
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Ader pour son Eole
Les chauve-souris s'envolent en nuées. A l'autre bout du monde. Je les attends sagement installé au balcon de la suite sur Macquarie Street. Elles ont dormi comme des pierres, comme des poires dans les arbres du jardin botanique. Et vient l'heure où la...
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Départe-mentale
Les bourrasques dans la nuit. La vitesse. Le vent déporte la voiture. A 110. 120. 130 km/h. La ligne droite dans la musique. Symphonique. Tempétueuse. 140. 150. Wagnérienne. Orageuse. Merveilleuse. Et je suis. Extraordinairement vivant. Au bon endroit....
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Chiens de fusil
Le devant de mes cuisses contre l'arrière de tes cuisses. Mes tibias contre tes mollets. Et mes pieds sous tes pieds. Deux chiens de fusil. Emboîtés. Mon avant bras pour te ceinturer. Plaquer ton dos contre mon torse. Pour respirer dans ta nuque. Pour...
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Vodka
Laurent, compagnon de fêtes alcoolisées et d'après-midis oisives aux terrasses de café, s'installe avec moi. Prendre un café est avec lui une affaire sérieuse qui prend beaucoup de temps, peut prendre la journée. Regarder les gens passer, commenter la...
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Un point c'est rien
La roulette du briquet sous le pouce. La flamme s'enflamme. Comme au jeu de hasard. Impair et manque. Le Casino. La bille d'ivoire s'arrête. Il y a un cercle dans le cercle. La trotteuse dans son cadran. Détricote le temps de ses aiguilles. Elle court...
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Celui de faire
On confond aimer et être amoureux. La passion amoureuse et la relation amoureuse. On confond tout. Lorsqu'on comprend bien qu'en trente ans, quarante ans d'amour, deux êtres qui s'aiment, qui s'aiment toute une vie, ne sauraient être bloqués dans un sentiment...
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Vive le Moi !
Le Moi d'hier est mort. Vive le Moi ! Le Moi d'avant-hier. Et celui de la veille. Celui de l'année dernière. Celui d'il y a dix ans. Je suis la somme de mes propres cadavres. Puisque l'enfant de 4 ans n'est plus. Celui de 8 ans non plus. Le gamin de 14....
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La cocaïne et les francs suisses
Du maquillage permanent. Un trait vert autour des yeux en guise d'eye liner. Pour que le noisette des iris tire vers cette couleur. Et je sentais les réminiscences du Palace. Ce Studio 54 parisien que j'avais eu le temps de goûter à 17 ans avant sa fermeture....
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Hôtel Costes
Sous l'alignement régulier des lanternes, une longue devanture noire se déroule le long du trottoir. Il enserre le bloc austère de l'immeuble comme le ruban satiné d'un énorme paquet cadeau. J'ai rendez-vous avec lui. Quelques années après notre rupture....
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