Top articles
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Paul Revere
Au son des lanternes, à la lumière des cloches,le cheval est parti, cabré sur ses sabots,pour hérisser la nuit de crinières d'écumes,pour hennir des étoiles aux bannières de brumes,alerter des enfants prêts à faire le mur, prêts à prendre les armes,en...
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Troisième volume
Nous avions fait le deuil de cette maison, ma sœur, mon frère et moi, il y a longtemps déjà, avec le décès de notre mère. Puisqu'elle était le lien. C'était la maison achetée par le grand-père pour les vacances d'été. Le havre de paix de notre famille...
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Débarrassé du corps
Se glisser dans des draps propres. Tant pis si ça n'est pas avec toi. Cela fait du bien à mon corps. Qui me remercie pour l'attention. Le matelas est bon. Le duvet est accueillant. Et je peux mourir de fatigue. Le tissu est tendu. Pour avoir séché avec...
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Une sensation. Sensible.
La pluie fait tomber la température mais libère les essences du jardin.Nous n'y sommes pas encore tout à fait. Mais je hume à la fenêtre. Le fumet. Que je guette.Cette insaisissable odeur que j'ai sur le bout de la langue. Toujours en arrière-plan mais...
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A chaque seconde qui tombe
La violence de la nuit, ce n'est pas celle d'être vivant, c'est celle d'exister.Aux volutes dans la lampe qui éclaire tête basse le noyer du bureau,au silence du dehors et sa troublante immobilité, je veille, comme un fou,à chaque seconde qui tombe, à...
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Toujours plus clairement
L'accident de Paris est si loin. Le coup de foudre à mon retour aussi. Strate après strate. A chaque histoire. Mon cuir s'épaissit. Me laissant toujours vulnérable aux morsures du désir et aux incendies présents. Je vieillis chaque fois davantage et pourtant,...
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T'aimer deux fois
Qu'il est bon de t'écrire aussi tard que l'on puisse.De chercher tous les mots dans le poil de tes cuisses.Avec ta permission, me perdre, vil ou ferme,dans tes jambes, à ton cou, à ton col, en ces termes,qui fusent en espérant la forme du plaisir,à ce...
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La volée de bois vert
Je ne dors pas assez pour cicatriser correctementlorsque je me coupe en me rasant la barbe, que je me déchire la gueule, pour retrouver le visage de mes vingt ans sous le poil blanc.Je ne dors pas assez mais j'ai assez de forces aux gens qui m'aiment...
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L'espace de liberté
L'air manque. A la conscience. Du temps passé. Et claustrophobe. C'est la panique.Mon père avait ce voilier dont les couchettes me terrorisaient. Comme des tiroirs de morgue.Ce n'était pas le lit que l'on pouvait construire au milieu en modulant des banquettes...
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D'olives et de Sancerre
C'est un chez moi sans cyprès et sans tramontane,sans galets de rivière, sans anchois, sans sardanes,où la pierre dorée, couleur sable, sur les immeubles de guingois, remplace le cayrou et l'écorce des platanes, avec une malice qui me chatouille les forces,jusque...
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Capuche et poêle à bois
La laideur du monde est derrière ces murs. Derrière les volets. Et elle n'existe plus. J'ouvre les yeux dans les parfums intimes que je reconnais aussitôt d'un fatras de draps et de couvertures. Les cheveux en pétard, j'émerge doucement de la chaleur...
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CN Tower
Aimer fumer, malgré les avertissements de Health Canada, une clope ou deux, et d'autres encore, au sommet de la CN Tower. Le ciel est gris. L'état de New York se dissimule dans les brumes de ma cigarette king size, protégeant ses petites villes arborées....
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La fleur du Chardon d'Espagne
Je sais avec quoi enterrer Pharaon dans sa sépulture.Il n'y aura pas besoin d'or, de mobilier ni de pierres précieuses, pas de vases, pas d'armes,de statuettes ni de chars pour subsister toute l'éternité. Pas de bronze ni de terre émaillée. Seulement...
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La souricière
Je joue avec le feu, et il se joue de moi. Les mots ne sortent pas. L'inquiétude s'installe. L'habitude calfeutre les portes et les fenêtres. L'air ne passe plus. Et j'étouffe. Je me noie dans les mots que je ne peux plus dire. Comme pris au piège. Et...
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que la mort, mes amis, ne saurait être pire
Tout ce que nous percevons avec nos sens de ce monde est tellement hallucinant. Tout ce que nous expérimentons de cette vie terrestre est tellement miraculeux. Tout ce que nous explorons du vivant, de la matière et du temps, de l'infini, de l'instant,...
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Au petit galet
Plus je vieillis, plus je me dématérialise. Plus je me dématérialise, plus je m'attache aux matériaux. J'en découvre chaque jour davantage la sensualité épaisse, subtile, absolue. Le bois. Sous mes doigts. Sous mes pieds. Celui des meubles et des planchers....
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Le lait caillé
Les professionnels habitués à ce genre d'interventions avaient prévu leur équipement. Combinaisons blanches jetables. Surchaussures bleues... se préparant à affronter le pire. Pour la dignité de notre hôte, je n'ai pas imaginé un seul instant me déguiser...
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Le négatif de la montée
Dans l'entonnoir de l'automne, le jour réduit, au règne des ombres et de la nuit. Le noir se fait. Quand tout s'éteint. Le soleil peine à se lever. Les ténèbres auraient donc gagné. Mais cette descente aux enfers n'est pas ce que l'on croit quand la descente...
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Couleuvre
Ehontée la montée. Indécente la descente. La sinusoïde progresse avec sa paresse de couleuvre. Elle n'avance pas. Elle tourne en rond. Chaque méandre pour s'appuyer, se projeter, et gagner quelques mètres. Le temps rampe dans l'espace, aux coups de reins...
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Les pins, les cyprès et ta peau.
Les pins, les cyprès et ta peau. Les pins, les cyprès et ta peau. Les pins, les cyprès et ta peau. Les pins, les cyprès et ta peau. Les pins, les cyprès et ta peau. Les pins, les cyprès et ta peau. Les pins, les cyprès et ta peau. Les pins, les cyprès...
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L'ombre vient avant la lumière.
Les caravelles. Les galions. Ne s'amassent pas pour sortir leurs canons. Ce n'est pas l'Invincible Armada. Ce sont des flottes d'admirateurs aux portes de l'Aragon. Venues rendre hommage à la beauté du monde. Au miroir de nacre. La silhouette noire de...
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Une saloperie
La règle naturelle du vieillissement est-elle vraiment un outrage comparée à l'outrage de la discrimination de la société occidentale à l'égard de nos vieux ? Faut-il au naufrage organique ajouter le naufrage social ? Est-on condamné à la double peine...
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Je suis l'espoir déçu
Des flèches transpercent le coussin éventré. Qui dégueule du coton calciné. Des billes de caramel de plastique. Ont perlé sur le bois pourri. De la fonte. De la rouille. Le socle d'une plaque émaillée. Le calcaire. Sur le verre. La vase d'un évier bouché....
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Nouvelle Jérusalem
Quelque part entre 1h et 2h du matin. Un espace immense s'ouvre sur plusieurs niveaux. Il y a des escaliers et des terrasses. C'est un mélange inquiétant de vaisseau spatial et de château médiéval. Tu viens t'enrouler sous mon épaule, dans ton sweat-shirt...
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La vue baisse mais on y voit plus clair
J'ai rencontré Dieu avant de naître. Avant même ma conception. J'étais ailleurs, je suppose. Ou quelqu'un d'autre. Mais il était avec moi déjà, dans le ventre de ma mère. Et puis une fois mis au monde. Avant même d'avoir conscience de quoi que ce soit....
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