Azalées
A quatre pattes, je suis toute nue, et mes mamelles valdinguent entre mes membres,
synchronisées avec les couilles en gouttes d'huile de ce connard qui me pilonne à l'arrière.
A chaque coup de butoir, j'ai le petit contrecoup de ses bourses aussi moites que mal rasées.
Et mes nibards, qui ne sont pas des galettes de silicone comme chez ces connasses
prises en main par des agents-proxénètes, mais de vrais toutounes de vieille quadra,
lourdes comme des poires allongées par la gravité, sans un gramme de cellule cancéreuse,
- manquerait plus que ça - jouent ensemble les balanciers métronomiques, à la mesure près,
comme sur du papier musique, que je dois ponctuer de quelques gémissements lascifs.
Je prends des airs quand la caméra est sur ma gueule. Des trucs simples et efficaces.
Je fronce les sourcils. Je me mords la lèvre inférieure. Je fais des grimaces.
Je sais que Fabio kiffe mes seins. Fabio, c'est ce pédé de réal à deux balles,
qui s'imagine révolutionner le porno en faisant du genre art et essai. Il est pas méchant
- manquerait plus que ça - mais c'est fou ce qu'il peut se prendre la tête.
Je ne vais pas me plaindre. Avec toute la merde qui traîne sur internet, ok, je sais,
j'ai de la chance d'avoir encore du taff. Surtout à mon âge. Faut s'estimer heureuse.
Et bien sûr, y'avait qu'un taré comme Fabio pour me proposer de tourner.
C'est pas des seins Crazy Horse mes seins. C'est de la came bonne laitière old school.
Enfin... Tant qu'il ne me demande pas de faire meuh pendant que je me fais traire.
J'accepte déjà de brouter le gazon de cette idiote de Jessie, Jessie Pussie - je rêve -
qui investit manifestement plus dans le maquillage que le gel douche ou le savon,
même si elle vaut mieux que la chatte fontaine qu'on m'a fourrée dans les pattes la veille
- oui, deux jours que nous tournons, et il y a un scénario figurez-vous - enfin,
j'ai rien contre les plans lesbiens, à vrai dire, je m'en branle, mais là, c'est pas un cadeau.
Et l'autre con derrière. Il est censé céder sa place à Mickey à un moment donné, non ?
Mickey qui s'astique le poireau en attendant... mais dont il sait se servir, lui, au moins.
Je gémis. Je grogne. Je fais ma tigresse. Ma vache tigresse. Pour la caméra.
Mais croyez-moi, je ne vole pas mon blé. Avec une telle équipe de manches.
Avec ce que je prends, je ne sens plus rien. Et je ne parle pas des coups de bites.
Mais des cachetons. Que je prenais déjà quand je dansais Chez Lucienne à Montréal.
J'ai jamais changé de régime. Maintenant, vu qu'il n'y a plus que ce tordu de Fabio Coppula
pour me donner l'espoir d'avoir un jour le statut d'intermittente du spectacle, je fais la pute.
Je veux dire pour de vrai. Avec du bon vieux pauvre type en manque d'affection.
Que je reçois dans mon studio que j'ai du mal à payer toute seule.
Y'a des jours, j'ai pas grand-chose à faire, sinon sortir un kleenex et éponger,
et pas toujours ce que vous croyez, quand certains balourds me pleurent sur l'épaule.
Une petite branlette quand même. Pour le prix. Je suis une fille honnête. Je fais le job.
Mais c'est vrai que beaucoup viennent plus pour parler et me faire un câlin
que pour me défoncer la crèche. Ensuite, la majorité fait son affaire sans faire d'histoires.
La routine des grands classiques. Fellations bien sûr. Beaucoup de sodomies.
Les trucs auxquels ils ont pas droit à la maison. Mais rien de bien extraordinaire.
Ni de très violent au fond. Les tarés, je les filtre. Je m'en tiens loin. Enfin, j'essaie.
C'est l'avantage de bosser à son compte. Mais bon... y'a toujours des accidents.
Des trucs de oufs qu'on ne voit pas venir. Et ça, quand ça vous tombe dessus, ça tombe.
Enfin bref. Mes pastilles, je ne peux pas les lâcher. Pas avec le métier que je fais. No way.
Merde... Mon texte : " Ricarda... Ricarda... viens te joindre à nous ! mmmm... Ricarda ! "
Ricarda, c'est la transsexuelle qui a gardé sa bite et qui va déchirer le cul de Mickey.
" Tu es belle... Azalée. Tous tes clients doivent te le dire j'imagine.
- Non. Tous mes clients ne me le disent pas.
- Alors, moi, je te le dis. Tu es très belle.
- C'est gentil... Tu devrais te rhabiller.
- Je paierai pour la deuxième heure.
- Je ne dis pas ça pour ça, c'est parce que tu parlais d'un rendez-vous.
- Je n'irai pas. Je suis bien avec toi. Azalée... ça te dérange si je reste ?
S'il y a un autre client qui suit, je comprends, je peux revenir plus tard.
- Si tu payes, tu peux rester. Mais juste une heure.
- C'est parfait. Regarde. Voilà... Je crois qu'il y a le compte.
Je partirai plus tôt si tu veux. Si tu veux un peu de temps pour te reposer. Etre seule ou...
- Ne t'inquiète pas pour moi. C'est mon travail. Je gère.
- Merci...
- Tu... Tu veux que je fasse quelque chose ?
- Oui. Que tu viennes t'allonger près de moi.
- Ok... Tu veux que je te suce ?
- Non ! Je veux juste te regarder...
- Bon. Très bien.
- Azalée... Ce que tu es belle... C'est vraiment ton prénom ?
- Non. Mais c'est comme ça que je m'appelle.
- Alors je ne te demanderai pas ton vrai prénom. Azalée...
Mais... tu pourrais me dire. Pourquoi Azalée ?... C'est indiscret ?
- Je vous trouve bien curieux jeune homme... pourquoi, pourquoi...
Parce que c'est joli. Que ça me plaît. Et que c'est la vache du Manège enchanté.
- Tu veux dire... non ! De Pollux et Margote, Zébulon et tout ça ?
- Voilà, oui. Du Manège enchanté. Je suis vieille tu sais. Et moi, je suis la vache.
- Tu es la plus belle, vieille, vache, du Bois Joli que j'aie vue de ma vie.
- ...
- J'ai dit quelque chose ?
- Non. Reprends ton argent...
- Mais...
- Reprends ton argent et tire-toi.
- Attends ! Qu'est-ce que tu fais ? Reviens. Et garde la thune. S'il te plaît.
C'est quoi le problème ? C'est trop intime ? Ca te gêne ?
- Tu ne veux pas m'enculer ou faire un truc normal ?
- Pourquoi ?... c'est pas un truc normal, de parler, entre client et prostituée ?
- Pas du Bois Joli, non.
- Et si on en parlait pendant que je t'encule ?...
Je suis sûr que, limite, tu trouverais ça plus "normal".
- T'imagines pas... Certains me demanderaient de faire vraiment la vache,
qu'on se déguise en Pollux et ce genre de conneries...
J'ai eu un gars qui voulait que je lui fasse Dora l'exploratrice.
- Dora ?... Il avait plus de dix ans ton client ?...
Quitte à interdire aux enfants de regarder des programmes d'adultes,
on devrait aussi interdire aux adultes de regarder des programmes d'enfants.
- Ce malade voulait faire Sakado.
- Et ?...
- Et alors je l'ai foutu dehors !... Je connais pas moi, Dora et tout ce bordel...
- ... Tu es trop vieille...
- Ben voilà ! Et comme je n'ai pas de gosses non plus...
- Tu es encore plus belle quand tu ris. "
J'habite à Max Dormoy. J'ai une vue imprenable sur les trains de la Gare du Nord.
Quand j'arrive, je commence par vider le cumulus d'eau chaude avec une douche.
Que je fais durer le plus longtemps possible. Jusqu'à ce que l'eau soit froide.
Vraiment trop froide pour y rester. Ensuite je me prépare un thé.
Et je peux regarder par la fenêtre. C'est pas plus moche qu'autre chose.
Ce que j'aime bien, ce sont les trains Eurostar. Parce que je rêve d'aller à Londres.
Je ne sais pas si c'est à cause de Beckham des Spice Girls ou de Lady Diana,
mais j'ai toujours kiffé cette ville. Ou alors, c'est à cause de Pollux ?...
Anyway, j'adore parce que j'imagine que c'est à la fois rock & roll et romantique.
Le côté girly bien guimauve et le côté punk underground bien déglingué.
C'est marrant. J'ai pas l'impression que ce soit à deux heures de train.
Je regarde dehors et ça me paraît loin, loin... alors je bois du thé. Genre.
Je pourrais faire l'aller-retour dans la journée. Juste pour voir. Ce n'est pas si cher.
Demain, Fabio me fourgue mon cachet. D'ailleurs, en parlant de cachets...
Ce sont les hôtels qui sont chers à Londres. Et je n'y connais personne pour squatter.
J'ai une amie. Mais à Bruxelles. Azalée à Bruxelles ? N'importe quoi.
La place d'Azalée, c'est en plein Hyde Park. Ou à Buckingham Palace.
A traire le pis de ce cochon de Prince Harry. Mmmm... Oui. J'adore les Anglais.
Déjà, à Montréal, c'est avec eux que je m'entendais le mieux en fin de compte.
Je suis fatiguée. Et cela m'arrangeait bien. Aucune envie de ce verre avec l'équipe.
Enfin, si on peut appeler ça comme ça. J'ai pris les bites de dix mecs différents.
Et je crois que c'est Fabio, le seul qui ne m'a pas sautée, qui me dégoûte le plus.
J'ai même pas le courage de consulter mes messageries. Téléphone et e.mails.
Me ferai mon planning plus tard. Je dois avoir un petit remontant quelque part.
Pour accompagner ma clope à la fenêtre. Je vais voir passer l'Eurostar de 20h13.
" J'ai encore l'impression d'avoir dit quelque chose.
- C'est débile cette expression. Bien sûr que tu as dit quelque chose.
- Tu considères que je suis un salop d'exilé fiscal ?...
- Reprends ton argent...
- Encore ?...
- ...et paye-moi en livres sterling.
- Si je te paye en livres, tu me devras au moins une pipe.
- Je t'en fais deux si tu me racontes comment c'est de vivre à Londres.
- Si tu veux savoir, tu n'as qu'à venir voir... Qu'est-ce qui te retient ici ?
D'autant que si tu as déjà traversé l'Atlantique, c'est pas la Manche qui devrait t'arrêter.
Allô ? Il y a quelqu'un ?... Je t'ai perdue là.
- Tu reviens quand à Paris ?
- Lundi. Et... J'avais l'intention de te revoir.
- Lundi. Oui. A la même heure ?
- Même heure, même endroit. A moins que tu viennes avec moi...
- C'est ça, le sens de l'humour britannique ?
- Et si, pour une fois, ce n'était ni de l'humour ni du business...
- Sois gentil. Redescends sur terre. Je suis une pute. Pas Julia Roberts.
- Non. Toi tu es Azalée. La belle Azalée... du Bois Joli. "
Je l'ai poussé dans le couloir. J'allais fermer la porte. Et... je ne sais pas.
Il s'est retourné vers moi. Il m'a adressé un superbe sourire. Qui a duré.
Avant de disparaître dans l'escalier en sifflotant. Quand je lui ai dit.
" Au fait... moi, c'est Julie. "
synchronisées avec les couilles en gouttes d'huile de ce connard qui me pilonne à l'arrière.
A chaque coup de butoir, j'ai le petit contrecoup de ses bourses aussi moites que mal rasées.
Et mes nibards, qui ne sont pas des galettes de silicone comme chez ces connasses
prises en main par des agents-proxénètes, mais de vrais toutounes de vieille quadra,
lourdes comme des poires allongées par la gravité, sans un gramme de cellule cancéreuse,
- manquerait plus que ça - jouent ensemble les balanciers métronomiques, à la mesure près,
comme sur du papier musique, que je dois ponctuer de quelques gémissements lascifs.
Je prends des airs quand la caméra est sur ma gueule. Des trucs simples et efficaces.
Je fronce les sourcils. Je me mords la lèvre inférieure. Je fais des grimaces.
Je sais que Fabio kiffe mes seins. Fabio, c'est ce pédé de réal à deux balles,
qui s'imagine révolutionner le porno en faisant du genre art et essai. Il est pas méchant
- manquerait plus que ça - mais c'est fou ce qu'il peut se prendre la tête.
Je ne vais pas me plaindre. Avec toute la merde qui traîne sur internet, ok, je sais,
j'ai de la chance d'avoir encore du taff. Surtout à mon âge. Faut s'estimer heureuse.
Et bien sûr, y'avait qu'un taré comme Fabio pour me proposer de tourner.
C'est pas des seins Crazy Horse mes seins. C'est de la came bonne laitière old school.
Enfin... Tant qu'il ne me demande pas de faire meuh pendant que je me fais traire.
J'accepte déjà de brouter le gazon de cette idiote de Jessie, Jessie Pussie - je rêve -
qui investit manifestement plus dans le maquillage que le gel douche ou le savon,
même si elle vaut mieux que la chatte fontaine qu'on m'a fourrée dans les pattes la veille
- oui, deux jours que nous tournons, et il y a un scénario figurez-vous - enfin,
j'ai rien contre les plans lesbiens, à vrai dire, je m'en branle, mais là, c'est pas un cadeau.
Et l'autre con derrière. Il est censé céder sa place à Mickey à un moment donné, non ?
Mickey qui s'astique le poireau en attendant... mais dont il sait se servir, lui, au moins.
Je gémis. Je grogne. Je fais ma tigresse. Ma vache tigresse. Pour la caméra.
Mais croyez-moi, je ne vole pas mon blé. Avec une telle équipe de manches.
Avec ce que je prends, je ne sens plus rien. Et je ne parle pas des coups de bites.
Mais des cachetons. Que je prenais déjà quand je dansais Chez Lucienne à Montréal.
J'ai jamais changé de régime. Maintenant, vu qu'il n'y a plus que ce tordu de Fabio Coppula
pour me donner l'espoir d'avoir un jour le statut d'intermittente du spectacle, je fais la pute.
Je veux dire pour de vrai. Avec du bon vieux pauvre type en manque d'affection.
Que je reçois dans mon studio que j'ai du mal à payer toute seule.
Y'a des jours, j'ai pas grand-chose à faire, sinon sortir un kleenex et éponger,
et pas toujours ce que vous croyez, quand certains balourds me pleurent sur l'épaule.
Une petite branlette quand même. Pour le prix. Je suis une fille honnête. Je fais le job.
Mais c'est vrai que beaucoup viennent plus pour parler et me faire un câlin
que pour me défoncer la crèche. Ensuite, la majorité fait son affaire sans faire d'histoires.
La routine des grands classiques. Fellations bien sûr. Beaucoup de sodomies.
Les trucs auxquels ils ont pas droit à la maison. Mais rien de bien extraordinaire.
Ni de très violent au fond. Les tarés, je les filtre. Je m'en tiens loin. Enfin, j'essaie.
C'est l'avantage de bosser à son compte. Mais bon... y'a toujours des accidents.
Des trucs de oufs qu'on ne voit pas venir. Et ça, quand ça vous tombe dessus, ça tombe.
Enfin bref. Mes pastilles, je ne peux pas les lâcher. Pas avec le métier que je fais. No way.
Merde... Mon texte : " Ricarda... Ricarda... viens te joindre à nous ! mmmm... Ricarda ! "
Ricarda, c'est la transsexuelle qui a gardé sa bite et qui va déchirer le cul de Mickey.
" Tu es belle... Azalée. Tous tes clients doivent te le dire j'imagine.
- Non. Tous mes clients ne me le disent pas.
- Alors, moi, je te le dis. Tu es très belle.
- C'est gentil... Tu devrais te rhabiller.
- Je paierai pour la deuxième heure.
- Je ne dis pas ça pour ça, c'est parce que tu parlais d'un rendez-vous.
- Je n'irai pas. Je suis bien avec toi. Azalée... ça te dérange si je reste ?
S'il y a un autre client qui suit, je comprends, je peux revenir plus tard.
- Si tu payes, tu peux rester. Mais juste une heure.
- C'est parfait. Regarde. Voilà... Je crois qu'il y a le compte.
Je partirai plus tôt si tu veux. Si tu veux un peu de temps pour te reposer. Etre seule ou...
- Ne t'inquiète pas pour moi. C'est mon travail. Je gère.
- Merci...
- Tu... Tu veux que je fasse quelque chose ?
- Oui. Que tu viennes t'allonger près de moi.
- Ok... Tu veux que je te suce ?
- Non ! Je veux juste te regarder...
- Bon. Très bien.
- Azalée... Ce que tu es belle... C'est vraiment ton prénom ?
- Non. Mais c'est comme ça que je m'appelle.
- Alors je ne te demanderai pas ton vrai prénom. Azalée...
Mais... tu pourrais me dire. Pourquoi Azalée ?... C'est indiscret ?
- Je vous trouve bien curieux jeune homme... pourquoi, pourquoi...
Parce que c'est joli. Que ça me plaît. Et que c'est la vache du Manège enchanté.
- Tu veux dire... non ! De Pollux et Margote, Zébulon et tout ça ?
- Voilà, oui. Du Manège enchanté. Je suis vieille tu sais. Et moi, je suis la vache.
- Tu es la plus belle, vieille, vache, du Bois Joli que j'aie vue de ma vie.
- ...
- J'ai dit quelque chose ?
- Non. Reprends ton argent...
- Mais...
- Reprends ton argent et tire-toi.
- Attends ! Qu'est-ce que tu fais ? Reviens. Et garde la thune. S'il te plaît.
C'est quoi le problème ? C'est trop intime ? Ca te gêne ?
- Tu ne veux pas m'enculer ou faire un truc normal ?
- Pourquoi ?... c'est pas un truc normal, de parler, entre client et prostituée ?
- Pas du Bois Joli, non.
- Et si on en parlait pendant que je t'encule ?...
Je suis sûr que, limite, tu trouverais ça plus "normal".
- T'imagines pas... Certains me demanderaient de faire vraiment la vache,
qu'on se déguise en Pollux et ce genre de conneries...
J'ai eu un gars qui voulait que je lui fasse Dora l'exploratrice.
- Dora ?... Il avait plus de dix ans ton client ?...
Quitte à interdire aux enfants de regarder des programmes d'adultes,
on devrait aussi interdire aux adultes de regarder des programmes d'enfants.
- Ce malade voulait faire Sakado.
- Et ?...
- Et alors je l'ai foutu dehors !... Je connais pas moi, Dora et tout ce bordel...
- ... Tu es trop vieille...
- Ben voilà ! Et comme je n'ai pas de gosses non plus...
- Tu es encore plus belle quand tu ris. "
J'habite à Max Dormoy. J'ai une vue imprenable sur les trains de la Gare du Nord.
Quand j'arrive, je commence par vider le cumulus d'eau chaude avec une douche.
Que je fais durer le plus longtemps possible. Jusqu'à ce que l'eau soit froide.
Vraiment trop froide pour y rester. Ensuite je me prépare un thé.
Et je peux regarder par la fenêtre. C'est pas plus moche qu'autre chose.
Ce que j'aime bien, ce sont les trains Eurostar. Parce que je rêve d'aller à Londres.
Je ne sais pas si c'est à cause de Beckham des Spice Girls ou de Lady Diana,
mais j'ai toujours kiffé cette ville. Ou alors, c'est à cause de Pollux ?...
Anyway, j'adore parce que j'imagine que c'est à la fois rock & roll et romantique.
Le côté girly bien guimauve et le côté punk underground bien déglingué.
C'est marrant. J'ai pas l'impression que ce soit à deux heures de train.
Je regarde dehors et ça me paraît loin, loin... alors je bois du thé. Genre.
Je pourrais faire l'aller-retour dans la journée. Juste pour voir. Ce n'est pas si cher.
Demain, Fabio me fourgue mon cachet. D'ailleurs, en parlant de cachets...
Ce sont les hôtels qui sont chers à Londres. Et je n'y connais personne pour squatter.
J'ai une amie. Mais à Bruxelles. Azalée à Bruxelles ? N'importe quoi.
La place d'Azalée, c'est en plein Hyde Park. Ou à Buckingham Palace.
A traire le pis de ce cochon de Prince Harry. Mmmm... Oui. J'adore les Anglais.
Déjà, à Montréal, c'est avec eux que je m'entendais le mieux en fin de compte.
Je suis fatiguée. Et cela m'arrangeait bien. Aucune envie de ce verre avec l'équipe.
Enfin, si on peut appeler ça comme ça. J'ai pris les bites de dix mecs différents.
Et je crois que c'est Fabio, le seul qui ne m'a pas sautée, qui me dégoûte le plus.
J'ai même pas le courage de consulter mes messageries. Téléphone et e.mails.
Me ferai mon planning plus tard. Je dois avoir un petit remontant quelque part.
Pour accompagner ma clope à la fenêtre. Je vais voir passer l'Eurostar de 20h13.
" J'ai encore l'impression d'avoir dit quelque chose.
- C'est débile cette expression. Bien sûr que tu as dit quelque chose.
- Tu considères que je suis un salop d'exilé fiscal ?...
- Reprends ton argent...
- Encore ?...
- ...et paye-moi en livres sterling.
- Si je te paye en livres, tu me devras au moins une pipe.
- Je t'en fais deux si tu me racontes comment c'est de vivre à Londres.
- Si tu veux savoir, tu n'as qu'à venir voir... Qu'est-ce qui te retient ici ?
D'autant que si tu as déjà traversé l'Atlantique, c'est pas la Manche qui devrait t'arrêter.
Allô ? Il y a quelqu'un ?... Je t'ai perdue là.
- Tu reviens quand à Paris ?
- Lundi. Et... J'avais l'intention de te revoir.
- Lundi. Oui. A la même heure ?
- Même heure, même endroit. A moins que tu viennes avec moi...
- C'est ça, le sens de l'humour britannique ?
- Et si, pour une fois, ce n'était ni de l'humour ni du business...
- Sois gentil. Redescends sur terre. Je suis une pute. Pas Julia Roberts.
- Non. Toi tu es Azalée. La belle Azalée... du Bois Joli. "
Je l'ai poussé dans le couloir. J'allais fermer la porte. Et... je ne sais pas.
Il s'est retourné vers moi. Il m'a adressé un superbe sourire. Qui a duré.
Avant de disparaître dans l'escalier en sifflotant. Quand je lui ai dit.
" Au fait... moi, c'est Julie. "
Philippe LATGER
Février 2013 à Perpignan
Février 2013 à Perpignan
Commenter cet article
/image%2F2475272%2F20171206%2Fob_84f68f_philippe-latger.jpg)