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Publié le

Tu pars quelques jours. Quelle importance ?
Qu'ai-je à craindre ? Qu'ai-je à imaginer ?
Quand tu m'habites ou demeures en moi.
Je sors profiter de la nuit. Je suis seul. Je ne le suis pas.
Tu es à mon bras. Et tu vois avec moi le croissant de la lune.
Elle est presque aussi belle que toi. Aussi parfaite.
Il nous fallait sortir. L'air est plus chaud dehors que dedans.
La ville entière est dehors. Et je t'exhibe en te gardant pour moi.
Tu es au fond de mes poches. Tu es au fond de mes yeux. Et en surface.
Partout où mon regard se pose. Tout est beau. Tout est neuf. Délicieux.
On découvre sur moi un sourire victorieux. Celui d'avoir su te séduire.
Celui d'avoir eu ton coup de téléphone. Quand je ne m'y attendais pas.
Celui de t'avoir à fleur de peau. Dans la peau. Sous mes ongles.
Et cette voix sensuelle en bouche. Que tu m'as laissée dans l'oreille.
Tu pars quelques jours. Pas de panique.
Je suis parti avec toi.

La nuit est érotique. Chaque nuit.
Elle l'est quand je la partage avec toi.
Elle l'est quand j'attends nos retrouvailles.
Avec ou sans toi. Dans l'acte ou dans le désir.
Dans le présent ou dans l'expectative. L'érotisme, c'est toi.
La distance n'est pas une entrave. Elle est une occasion de rêver.
De rêver à ce que tu m'as dit. A ce que je pourrais te dire.
Une occasion de prendre la mesure de ma dépendance.
Comme il est doux et violent de rêver de toi, de t'attendre.
Comme la douleur est caressante. Adorable.
En fait, je ne t'attends pas. Je jouis de mon état amoureux.
En confiance. Imbécile heureux.
La nuit que tu as rendue érotique. Avec ou sans toi.
Me berce de tout sauf d'illusions. J'aime. C'est tout.

Je m'étonne de ma résistance. De mon endurance.
Voici 9 mois que mon cœur aime à tout rompre.
Que j'encaisse le choc de sentiments dévastateurs qui me reconstruisent.
Que je prends tout de plein fouet, en pleine poire, en pleine gueule.
Que je m'épuise à t'aimer sans jamais griller mes cartouches.
Je ne pensais pas avoir cette force.
L'intensité est intacte. Le feu aussi éblouissant.

La corne d'abondance.

Tu pars quelques jours. Quelle importance ?
Je t'accompagne. Je t'encourage. Je te porte et te souffle comme une bulle.
Je ne te veux pas pour moi. Je te veux pour toi. Je t'aime toi.
Moi qui n'aime pas l'amour. Moi qui n'aime pas le couple. Je t'aime.
J'aime ta personne. Intègre. Libre. Entière.
Au coin du ring, je t'épongerai le front, je t'épongerai les yeux.
Je te donnerai à boire. Te rappellerai les points faibles de l'adversaire.
Et tu pourras repartir te battre. Et tu pourras gagner le combat.
Je serai en escorte, bodyguard ou Jiminy Cricket,
deux ou trois pas derrière, ou sur ton épaule,
à veiller sur toi, anticiper les coups et panser les blessures.
Je ne veux pas t'enfermer. Je veux te voir en vie. Dans ta beauté propre.
Ne veux pas te diluer dans un nous qui n'a pas besoin d'être ou qui t'abîmerait.
Ne te retiendrai nulle part. Te laisserai toujours partir. A ta guise.

Je ne crains pas pour ma virilité. Je ne crains pas pour mon orgueil.
Epoustouflé par la splendeur du cheval sauvage. Captivé.
Et honoré qu'il revienne chercher ma caresse.
Honoré et ému.

Tu pars quelques jours. Et tu m'appelles.
Tu trouves le temps de me rappeler que j'existe.
Que partir ne veut pas dire grand-chose.
Pour ceux qui s'aiment.

Quelques jours. Le temps d'éprouver mon amour.
Celui de ressentir le manque.
Le temps de marcher en ville pour enlacer la nuit.
Et l'idée de notre bonheur. Extraterrestre.
Je peux penser à toi. A volonté.
Le bar est ouvert.
Et je te bois.
Sans modération.

 

Philippe LATGER
Avril 2011 à Perpignan

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