Deux âmes
Rien ne vaut le café. Le tabac. Le soleil et ta peau.
Rien ne vaut le sel de la mer sur la mienne.
Rien ne vaut tes baisers. Tes caresses. Quand il fait beau et chaud.
Que l'horizon délivre des plaisirs de vanille, de corps déshabillés,
de désirs qui scintillent sur les eaux de la baie.
Rien ne vaut la douceur de tes lèvres pulpeuses.
Les agrumes juteux aux pressions hasardeuses.
Et l'érotisme absurde de tout ce qui arrive quand on est amoureux.
Rien ne vaut ta silhouette. Ta démarche. Ta main portée au front.
Ton regard qui me cherche. Et ta voix dans l'oreille qui me fera bander.
Rien ne vaut le matin, le midi, ou le soir. Rien ne vaut la nuit claire.
La paresse des draps. Ce que nous mangerons. Ce que l'on attendait.
Ce que l'on peut rincer sous la douche aux havres de mollesse.
Le menton dévoré jusqu'au cou. La tendresse. De la chair embrassée.
Que j'enveloppe encore. Pour la faire pénétrer, la prendre et l'épouser.
Rien ne vaut l'appétit que l'été nous réserve.
Les ombres aphrodisiaques. La lumière lascive.
Et le bonheur obscène des amants qui se servent.
Rien ne vaut les amours consommées.
Dans le noir. Dans l'urgence. Ou à la vue de tous, en plein rush, en plein jour.
Démangeaisons de bouches avides et de mains paniquées dans un coin d'impatience.
Où la nuit devient sombre comme tes yeux brûlants qui mettent le feu aux poudres.
Font sauter des barils et les bidons d'essence. Et que mon cœur explose.
L'incendie avale des hectares de forêt qui deviendront fertiles.
Rien ne vaut le silence d'après la catastrophe.
La nature renversée. Qui veut bien lâcher prise ou reprendre son souffle.
Rien ne vaut ce frisson que j'ai vu dans ton buste. Dans ton rire nerveux.
Dans tes poings refermés. Dans ton front tout froissé aux douleurs fantastiques.
Qui ne m'inquiètent plus à l'air énigmatique qui semble remercier.
Je ne suis pas certain de ce qui s'est passé.
Quand tes yeux qui me couvent ne se ferment qu'à cette chair de poule
qui te parcourt encore aux endroits où la peau est à peine effleurée.
Rien ne vaut d'être deux. En confiance. Jusqu'aux extrémités.
Dans ce qu'il faut de constance et d'amour pour une intimité.
Rien ne vaut la fusion qui survit à l'étreinte.
Ni l'étreinte qui perdure aux corps qui se détachent.
Dans la brume de soi qui perle sur les tempes et flotte entre deux mondes.
Rien ne vaut d'être toi le temps d'une seconde.
Pour comprendre que rien ne peut être enfermé.
Philippe LATGER
Juillet 2012 à Perpignan
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