Palingénésie
La vague était immense. Comme l'effondrement.
Elle a porté haut des espoirs, des sensations intenses, avant de les lâcher.
C'est s'approcher du ciel. Serrer ta main dans la mienne. Dans un bain de sueurs digitales.
Et le cœur dans la gorge, la chute inévitable. La précipitation. Vertigineuse. A dévaler d'un trait.
Qu'est-ce que tu crois que l'on puisse faire d'autre ? On se relève. On se relève de tout.
J'écris et je cicatrise. Puisque mon corps balafré peut me porter encore. Au soleil de l'été qui revient.
Vivant. Je remonterai dans le manège. La vague et la cascade. L'ascension. Le plongeon.
Encore et encore. Je me relèverai. Quand l'amour est ma drogue. Le sexe un carburant.
L'appétit des orages et du soleil levant. Le moteur stupéfiant qui gronde dans le ventre.
Quand je n'aime qu'aimer. Haïr est étranger. Ma matière première ne me le permet pas.
Je suis fait de passions. D'extases et de colères. D'enchantements puissants. De révoltes sanguines.
Mais j'aime et ne hais point. Même les meurtrissures. Les poignards dans le dos. J'écris. Je cicatrise.
C'est la force d'aimer. Je suis plus fort que moi. Quand je suis invincible. Jusqu'aux lueurs de l'aube.
C'est le jour qui se lève. Le soleil dans ma tombe. Que j'imprime et capture à en brûler ma peau.
Le haschich de la brume. Et l'hallucination. D'être conscient d'un monde que l'on rêve éveillé.
Tu en faisais partie et je ne l'oublie pas. J'écris et j'actualise. L'écrit immortalise. Tu ne mourras jamais.
Il a fallu descendre pour pouvoir remonter. C'est la vague qui écume. Soulève ses montagnes.
Lorsqu'après l'érection tous les sexes débandent. Mais je rebanderai. Le sang est fluctuant.
La vie, le mouvement. Et le temps ne peut rien abîmer de ce que je maîtrise.
La cicatrisation.
Philippe LATGER / Juin 2020