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Sous ton pouce,
la nuit n'en finit pas.
L'insomnie balayée sur un écran.
Et dans les ténèbres de la chambre,
défilent dans tes yeux des centaines de manifestations.
Des débuts de propos, de musiques, d'intentions,
se poussent du coude pour exister quelques secondes.
Il n'y a plus la lumière de la ville dans les fenêtres.
Il n'y a plus la lumière de la lampe de chevet.
Il n'y a plus le silence.
Dans ton lit, sous ton pouce,
la nuit n'en finit pas.
A chaque coup de pouce,
c'est le sommeil que tu repousses.
Le refus de l'abandon à tes propres rêves.
Des fragments de discours, de fictions, de gags et de recettes,
des bribes de récits, d'astuces, de vies, de témoignages,
déroulés pour entraver le lâcher prise du repos.
Sous ton pouce,
tu repousses le sommeil.
Tu retardes les aventures intérieures de tes rêves
comme si tu les craignais.
Tu t'accroches au tohu-bohu du monde,
pour fuir cette solitude, pourtant réparatrice,
que tu envisages comme une confrontation.
Tu t'accroches au charivari du monde,
pour chasser le silence.
Pourquoi redouter la solitude ?
Pourquoi redouter le silence ?
Pourquoi redouter le sommeil ?
Et l'introspection ?
Et l'abandon ?
Pourquoi lutter ?
Et contre quoi ?
Philippe LATGER / Décembre 2024
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