Effarement
C'était une mer d'huile. Sans début et sans fin. La surface de nacre. Cernée d'aucun rivage.
Un océan sans côtes. Pas de terres alentour. Pas de terres tout court. Seulement une mer d'huile.
Sans début et sans fin. Une mer infinie. Qui n'est faite que de large. Pour se noyer dedans.
Sans pouvoir échouer. Puisqu'il n'y a pas de plages. Pas moyen d'ensabler bateaux ou coquillages.
Il n'y a pas de rives. Et pas de continents. Et rien à la dérive. Quand il n'y a plus de sens.
Ni de points cardinaux. Plus de Nord. Plus de Sud. Et plus de direction. Plus de destination.
C'était une mer d'huile. Que l'on ne peut pas prendre. D'où l'on ne part jamais. Où l'on arrive nulle part.
Seulement cette lumière. Une ligne de flottaison. Pas de but. Pas de terre. Ou seulement l'horizon.
Sans début et sans fin. C'était une mer d'huile. Pour refléter le ciel. Et puis couler dedans.
Philippe LATGER / Janvier 2020
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