Les boutons
La chemise est étroite, étriquée, trop petite, les boutons prêts à sauter,
ça me serre la poitrine, tend la peau en largeur, des tétons aux aisselles, je dois ouvrir le col,
à chaque inspiration le tissu me compresse. Me caresse. Je peux le déchirer.
Sans le toucher. Au simple mouvement des pectoraux moulés qui gardent quelques forces.
La chemise, je l'ouvre. Finalement. Je défais mon écorce. Je me libère malgré la pluie.
Parce qu'il est temps d'aimer et de chasser l'hiver. De ranger les manteaux et tous les pull-overs.
La chemise est étroite. Elle est pleine à craquer. Et si je m'époumone c'est que c'est de saison.
Je l'enlève. La retire. Pour aller torse-nu. Reconquérir mon corps qui peut se réveiller.
Philippe LATGER / Mars 2015
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