Le reflux
Le clocher décalotté, les échafaudages commencent à se rétracter.
Libérant la cloche énorme dans sa grille au sommet du campanile.
Et le cadran d'une horloge est révélé au milieu de son cube de marbre.
A l'aide d'une poulie, des ouvriers font descendre les pièces métalliques
d'un jeu de construction, de cette armature dont la cathédrale n'aura plus besoin.
Le reflux est laborieux. Lorsque des travaux sont ouverts par ailleurs.
Après la restauration de la tour, on s'attaque à la rénovation du parvis.
Mon platane n'a pas encore le frémissement des bourgeons qui le fera verdir,
ses branches toujours nues me permettent de voir ce qui se passe derrière.
Lorsqu'au paravent de l'échafaudage succédera sans doute celui du feuillage de mon arbre.
Mon clocher est pudique. Et je veux bien respecter son intimité comme ses paradoxes.
Une délégation menée par l'architecte Philippe Pous évolue sur la place.
Une stèle de marbre rose dans le sol, posée comme un paillasson devant la porte,
au pied du porche monumental, devra être sauvée.
Elle servit probablement d'autel en d'autres temps. Celui de l'église primitive sans doute.
Et l'on circule, avec des plans à la main, pour évaluer ce que l'on fera en bonne intelligence,
au milieu de barrières protégeant des trous faits dans la chaussée pour accéder aux canalisations,
à tous les réseaux cachés, d'eau, de gaz, qui assurent le bon fonctionnement d'une ville.
Philippe LATGER
Mars 2013 à Perpignan
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