Dromadaire
Je crois que je n'ai même pas regardé la mer.
Compère Laurent passe me chercher pour aller sur la côte.
Le frère d'armes. Un ami. Comme j'en souhaite à tout le monde.
Nous filons sur Canet. Profitons du soleil. Mais, je m'en rends compte.
Noyé dans nos réflexions, dans la conversation, je n'ai même pas pris garde à la mer.
Ce bel établissement, Le France, installé dans la Loge, en ville, a sa brasserie sur la plage :
une grande terrasse sur la place de la Méditerranée où nous avons devisé un moment.
Certes, il était tôt. Je m'étais couché à l'aube. Laurent m'avait tiré du lit.
Et je suis encore plein du texte que j'ai pondu quelques heures auparavant.
La douche et deux cafés ont eu peine à me reconnecter. Il m'en faut un troisième.
J'ai le souvenir du ciel et du soleil. De la sensation pourtant de ne pas bronzer pour autant.
Et je revois les dunes de sable, le long de la promenade arpentée pour retourner à la voiture.
Je suis confus. Penaud comme lorsqu'on a zappé l'anniversaire d'un proche.
Trop occupé à faire rire mon camarade, j'en avais oublié de regarder la mer.
Mais j'aurai ma revanche. Et mon horizon écumant ne perd rien pour attendre.
La poire pour la soif. Je la garde sous le coude. Derrière l'oreille.
Dromadaire.
Philippe LATGER
Avril 2013 à Perpignan
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