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Inestimable

Publié le

Le cadeau que tu m'as fait. Inestimable.
C'est d'abord de m'avoir choisi.
Quand tu dis que tu m'as reconnu.
C'est d'avoir voulu me connaître.
C'est d'avoir décidé de m'aimer.
C'est d'avoir surmonté, contourné les obstacles.
Pour rendre possible ce qui semblait être perdu d'avance.
Le cadeau que tu m'as fait.
C'est d'avoir accepté la foudre pour ce qu'elle était.
C'est de ne pas avoir fui. C'est de m'avoir tout dit.
Quand j'ai vu, au-delà du sourire, une soif d'absolu.
Un désir de confiance. Besoin de vérité.
Une telle exigence que j'en étais touché.
J'aurais pu m'échapper en craignant les épreuves.
Les contraintes et peut-être bien des difficultés.
Quand la rigueur, l'honnêteté, ne coûtent rien aux cœurs aimants,
et qu'elles simplifient tout à ceux qui aiment être heureux.
Le cadeau que tu m'as fait.

C'est de me réconcilier avec quelques valeurs.
Avec la discipline. Le respect. Le bonheur.
Et de me faire goûter aux plaisirs qu'elles procurent.
Comme à la liberté reconquise aussitôt.

Inestimable. La lumière allumée.
Le frisson que j'éprouve à ne penser qu'à toi.
Le cadeau d'avoir pu traverser des saisons.
D'avoir pu nous sauver des ravages du temps.
De m'avoir délesté de stupides impatiences.
Et de m'avoir rendu le tempo du long terme ou de l'éternité.
Le cadeau que tu m'as fait.
C'est de me ramener sur des terres édéniques.
Où je n'ai plus besoin de trahir mes amours de peur d'être trahi.
De tromper le premier dans mes guerres préventives.
Où je peux me donner sans craindre l'avanie.
Faire confiance sans penser aux blessures d'orgueil ou aux humiliations.
Le cadeau que tu m'as fait.
De nous garder au chaud dans un lieu abrité
où aucun de nous deux ne peut perdre la face.
Où nous pouvons nous voir comme à égalité.

Et aimer l'autre pour soi comme pour ce qu'il est.
C'est un soulagement d'être aimé pour soi-même.
De pouvoir apparaître sans tricher, sans mentir et sans exagérer.
D'enlever son armure et tous ses barbelés.
D'être offert, vulnérable, et plus fort que jamais.

Je serais misérable. Meurtri. Fatalement brisé.
A l'idée d'avoir pu te décevoir un jour.
Comme à celle d'avoir pu te blesser.
Que tu penses avoir pu te tromper sur mon intégrité.
Que je me fous de toi. Que je suis désinvolte.
Quand, sans aucun mérite, je n'ai cessé de progresser,
dans l'abandon des égoïsmes stériles et des fausses révoltes.
Que mon amour grandit au fil des nuits qui passent.
De ce que je découvre. De tout ce que j'apprends.
Que mon désir s'accroît. Que mes sentiments changent.
S'amplifiant davantage. Toujours plus enivrants.
J'en suis le premier troublé. Surpris par mes ressources.
Ces réserves d'amour restées inexploitées.
Que je n'explique pas. Qui m'étonnent autant que toi.
Et que tu libères enfin en un rire complice.
Que ton regard nourrit pour que tout s'accomplisse.

Qu'au moment où j'écris, j'en suis plus que certain,
tu es ma raison d'être et l'amour de ma vie.

Il y a des distances dont je ne suis pas responsable.
Que tu as eu le courage de réduire bien souvent.
Et peut-être à me voir de plus près, y aurait-il dans tes yeux,
à fendre des fantasmes, un fond de déception.
Tu peux me juger moi. Ne juge pas mon amour.
Quand je suis imparfait. Et que lui ne l'est pas.
Je peux être faillible, maladroit, négligeant.
Avec tous les défauts de l'ours célibataire.
Qui n'a pas tous les codes de la vie conjugale.
Qui a toujours refusé de s'imposer aux autres.
Et précisément, pour ne décevoir personne, a préféré longtemps
ne pas s'aventurer dans une vie à deux.
Je ne suis pas parfait. Mais je suis perfectible.
Et je veux bien apprendre dès que c'est avec toi.
Etre à la hauteur de l'amour qui m'inspire.
Pour que le bonheur que tu donnes ne reste pas qu'en moi.

Qu'il puisse te revenir au centuple. Décuplé au prisme de ma foi.
De mon envie de nous. De mon admiration.
De la fougue volontaire qui brûle dans mes doigts.

J'ai brûlé tout le long de mon observatoire.
Amoureux comme un chien et heureux comme un prince.
Quand j'ai eu ce cadeau de respirer ta vie au centre d'elle-même.
De te voir te coucher. De te voir te lever. Et de t'offrir aux autres.
Je suis fier de t'aimer. Et fier comme personne.
Je dois te remercier pour tout ce que tu donnes.
Les cadeaux, un à un, que tu m'as apportés.
Je ne te décevrai pas par mon ingratitude.
Trop conscient de ma chance. Ta générosité.
Quand j'ai pris dans la gueule un second coup de foudre.
Pour l'âme magnifique qui avait déjà changé tout le cours de ma vie.
Je suis chat de gouttière, sans gamelle et sans maître,
qui aime aussi fort son indépendance qu'il déteste
l'impression d'envahir, de gêner ou d'être un parasite.
Dont l'égoïsme est aussi vrai que la peur d'être un poids.
Qui commence toujours par dire au téléphone : " excusez-moi de vous déranger... "

A l'égoïsme, on ajoute l'orgueil, quand c'est aussi la marque de mon éducation.
Ainsi donc, pour ne nuire à personne, j'ai choisi d'être seul.
Ne prenant plus le risque que de me décevoir moi-même.
Mais pour un peu, mon amour, si cela se pouvait, si on me le permettait,
je serais prêt à prendre le risque de te décevoir mille fois.
Quand je ne pourrais vivre avec personne d'autre que toi.

Le cadeau que tu m'as fait. Inestimable.
C'est d'être la plus belle personne du monde.
La plus talentueuse. La plus gentille. La plus responsable. La plus sensuelle.
C'est d'être l'être idéal. Auquel on croit sans y croire comme on peut croire en Dieu.
Qui est conceptualisé. Mais qu'on ne peut attendre.
Le cadeau que tu m'as fait. C'est d'exister.
Même loin de moi. Même sans moi. Savoir que tu existes.
D'autres ont trouvé le Graal.
D'autres ont trouvé Jésus. D'autres ont trouvé leur voie.
J'ai eu la foudre de ces révélations en ne trouvant que toi.
Quand tout ce que tu es me touche. Quand tout ce que tu fais me touche.
Et je l'écris simplement. Si te décevoir serait une catastrophe,
il y aurait pire à mes yeux, c'est que tu me déçoives.
Je survivrais à l'idée que tu ne m'aimes plus.
Pas à celle que tu n'existes pas.
Pas à celle selon laquelle j'aurais tout inventé.

Tes regards dans le noir. Ta silhouette érotique. Et ton sens de l'humour.
Tes angoisses bouleversantes. Tes visions insolites. Et toutes tes gravités.
Ta peau faite pour la mienne. Ton goût pour la droiture et pour l'éternité.
Le cadeau que tu m'as fait.
C'est cette raison de croire que je n'ai pas rêvé
tous ceux qui ont précédé, et qui sont incroyables.

 

Philippe LATGER
Mars 2012 à Perpignan

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