Altocumulus
Variateur de lumière par la fenêtre de la salle de bain.
A travers les parois translucides de la douche, l'ambiance change au gré des nuages.
Les ampoules au-dessus du miroir du lavabo tâchent de compenser les baisses de régime.
Jour/nuit. Jour/nuit. Il faut croire qu'il y a du vent en altitude.
Le coton d'altocumulus j'imagine, balayé à grande vitesse, avec quelques conséquences.
Du soleil, sans entrer dans la pièce, fait scintiller un moment le verre comme l'eau.
C'est juillet en Espagne. Et les vacances d'été.
Un gosse joue avec le volume de la chaîne hi-fi je suppose.
D'un coup, l'obscurité vient fondre sur moi. Le soleil relayé par la lumière artificielle.
C'est à celle des ampoules, timide, que je me savonne en faisant la différence.
C'est novembre à Perpignan. Les jours réduits à ceux de l'école.
Le temps d'y prendre garde et tout s'ouvre à nouveau. La joie revient avec ses étincelles.
Le halo de chaleur à la vitre aveuglante. Et j'ai l'impression de rentrer de la plage.
Jour/nuit. Jour/nuit. A la course des nuages qui joue avec l'interrupteur.
J'enfile mon peignoir, cheveux pesant sur la nuque, et jette un œil par la lucarne.
Je manipule coton tige et vaporisateur après avoir tout frictionné en songeant à la date.
Me rendant bien compte qu'elle n'a aucune sorte d'importance.
CharlElie chante ce soir au Médiator, et cela peut servir de repère.
Le platane est fourni. D'un vert jeune et propre, presque fluorescent.
Quand la lumière hésite toujours à se fixer quelque part.
Et je n'ai rien à dire.
Philippe LATGER
Avril 2012 à Perpignan
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